Bac Maths 2025 Amérique du Nord J2 secours

22 mai 2025 — 4 exercices — 20 points — épreuve de spécialité

Correction rédigée par Maths Facile — 28 questions détaillées. Chaque résultat numérique de cette page a été recalculé indépendamment avec un moteur de calcul formel avant publication.

Énoncé : sujet officiel de l'épreuve de spécialité mathématiques, session 22 mai 2025.

Exercice 1 — Étude de f(x)=xex+2x1f(x) = x\,e^{-x} + 2x - 1 (5 points)

On considère la fonction ff définie sur R\mathbb{R} par

f(x)=xex+2x1f(x) = x\,e^{-x} + 2x - 1

deux fois dérivable, de courbe Cf\mathcal{C}_f dans un repère orthogonal. On note ff' et ff'' ses dérivées première et seconde.

Partie A — Étude de ff

A.1
Déterminer les limites de ff en -\infty et en ++\infty.
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Limite en -\infty. Analysons chaque morceau :

xx \to -\infty ;
ex+e^{-x} \to +\infty (car x+-x \to +\infty), donc xexx\,e^{-x} \to -\infty (négatif × positif) ;
2x12x - 1 \to -\infty.

Somme de deux termes tendant vers -\infty :

limxf(x)=\boxed{\lim_{x \to -\infty} f(x) = -\infty}

Limite en ++\infty. Le terme xex=xexx\,e^{-x} = \dfrac{x}{e^{x}} est une forme indéterminée \dfrac{\infty}{\infty}, levée par croissance comparée :

xexx+0\frac{x}{e^{x}} \xrightarrow[x \to +\infty]{} 0

Et 2x1+2x - 1 \to +\infty. Donc :

limx+f(x)=+\boxed{\lim_{x \to +\infty} f(x) = +\infty}
A.2
Calculer f(x)f'(x) pour tout réel xx.
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On dérive terme à terme. Pour xexx\,e^{-x}, c'est un produit u=xu = x, v=exv = e^{-x}, avec u=1u' = 1, v=exv' = -e^{-x} :

(xex)=1×ex+x×(ex)=(1x)ex\left(x\,e^{-x}\right)' = 1 \times e^{-x} + x \times \left(-e^{-x}\right) = (1 - x)\,e^{-x}

Et (2x1)=2(2x - 1)' = 2. D'où :

f(x)=(1x)ex+2\boxed{f'(x) = (1 - x)\,e^{-x} + 2}
A.3
Montrer que pour tout réel xx : f(x)=(x2)exf''(x) = (x - 2)\,e^{-x}.
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On dérive f(x)=(1x)ex+2f'(x) = (1 - x)\,e^{-x} + 2. La constante 22 disparaît ; il reste le produit u=1xu = 1 - x, v=exv = e^{-x}, avec u=1u' = -1, v=exv' = -e^{-x} :

f(x)=1×ex+(1x)×(ex)f''(x) = -1 \times e^{-x} + (1 - x) \times \left(-e^{-x}\right)

On factorise par exe^{-x} :

f(x)=[1(1x)]ex=(11+x)exf''(x) = \Big[-1 - (1 - x)\Big]e^{-x} = (-1 - 1 + x)\,e^{-x}

f(x)=(x2)ex\boxed{f''(x) = (x - 2)\,e^{-x}} \blacksquare
A.4
Étudier la convexité de ff.
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La convexité se lit sur le signe de ff''. Comme ex>0e^{-x} > 0 pour tout xx, le signe de f(x)=(x2)exf''(x) = (x - 2)\,e^{-x} est celui de (x2)(x - 2) :

x2>0    x>2x - 2 > 0 \iff x > 2

xx-\infty22++\infty
signe de f(x)f''(x)-00++
convexité de ffconcaveconvexe


f est CONCAVE sur ];2] et CONVEXE sur [2;+[\boxed{f \text{ est CONCAVE sur } ]-\infty\,;2] \text{ et CONVEXE sur } [2\,;+\infty[}

ff'' s'annule en changeant de signe en x=2x = 2 : la courbe Cf\mathcal{C}_f admet un point d'inflexion d'abscisse 22.
A.5
Étudier les variations de ff' sur R\mathbb{R}, puis dresser son tableau de variations en faisant apparaître la valeur exacte de l'extremum. (Les limites de ff' ne sont pas attendues.)
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Les variations de ff' se lisent sur le signe de ff'' (qui est la dérivée de ff'). D'après la question 4 :

f<0f'' < 0 sur ];2[]-\infty\,;2[ff' décroît ;
f>0f'' > 0 sur ]2;+[]2\,;+\infty[ff' croît.

ff' admet donc un minimum en x=2x = 2.

Valeur exacte de l'extremum :

f(2)=(12)e2+2=e2+2=21e2f'(2) = (1 - 2)\,e^{-2} + 2 = -e^{-2} + 2 = 2 - \frac{1}{e^2}

xx-\infty22++\infty
signe de f(x)f''(x)-00++
variations de ff'\searrow21e22 - \dfrac{1}{e^2}\nearrow


f admet un minimum en x=2, eˊgal aˋ 21e21,865\boxed{f' \text{ admet un minimum en } x = 2, \text{ égal à } 2 - \dfrac{1}{e^2} \approx 1{,}865}
A.6
En déduire le signe de ff' sur R\mathbb{R}, puis justifier que ff est strictement croissante sur R\mathbb{R}.
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Le raisonnement est subtil. D'après la question 5, le minimum de ff' sur R\mathbb{R} vaut f(2)=21e2f'(2) = 2 - \dfrac{1}{e^2}.

Or e27,39e^2 \approx 7{,}39, donc 1e20,135<2\dfrac{1}{e^2} \approx 0{,}135 < 2 :

f(2)=21e2>0f'(2) = 2 - \frac{1}{e^2} > 0

Comme f(2)f'(2) est le minimum de ff', TOUTES les valeurs de ff' lui sont supérieures :

f(x)f(2)=21e2>0pour tout xRf'(x) \geqslant f'(2) = 2 - \frac{1}{e^2} > 0 \quad \text{pour tout } x \in \mathbb{R}

f(x)>0 pour tout x      f est strictement croissante sur R\boxed{f'(x) > 0 \text{ pour tout } x \ \implies \ f \text{ est strictement croissante sur } \mathbb{R}} \blacksquare

Toute la question 5 servait à cela : montrer que f>0f' > 0 partout ne se voit pas directement sur l'expression (1x)ex+2(1-x)e^{-x} + 2 (le terme (1x)ex(1-x)e^{-x} peut être négatif). Il fallait passer par le minimum de ff' et vérifier qu'il est déjà positif. C'est une belle illustration de l'usage de la dérivée seconde.
A.7
Justifier qu'il existe un unique réel α\alpha tel que f(α)=0f(\alpha) = 0, et en donner un encadrement au centième.
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On applique le corollaire du théorème des valeurs intermédiaires :

ff est continue sur R\mathbb{R} ;
ff est strictement croissante sur R\mathbb{R} (question 6) ;
limxf(x)=\lim\limits_{x \to -\infty} f(x) = -\infty et limx+f(x)=+\lim\limits_{x \to +\infty} f(x) = +\infty.

Or 00 est compris entre -\infty et ++\infty. L'équation f(x)=0f(x) = 0 admet donc une unique solution α\alpha sur R\mathbb{R}.

Il existe un unique reˊel α tel que f(α)=0\boxed{\text{Il existe un unique réel } \alpha \text{ tel que } f(\alpha) = 0} \blacksquare

Encadrement. Par balayage à la calculatrice :

f(0,37)0,004<0f(0,38)+0,020>0f(0{,}37) \approx -0{,}004 < 0 \qquad f(0{,}38) \approx +0{,}020 > 0

0,37<α<0,38\boxed{0{,}37 < \alpha < 0{,}38}

(valeur plus précise : α0,372\alpha \approx 0{,}372)
A.8
On considère la droite Δ\Delta d'équation y=2x1y = 2x - 1. Étudier la position relative de Cf\mathcal{C}_f par rapport à Δ\Delta.
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On étudie le signe de la différence f(x)(2x1)f(x) - (2x - 1) :

f(x)(2x1)=(xex+2x1)(2x1)=xexf(x) - (2x - 1) = \left(x\,e^{-x} + 2x - 1\right) - (2x - 1) = x\,e^{-x}

Le signe de xexx\,e^{-x} est celui de xx (car ex>0e^{-x} > 0 pour tout xx).

Sur ];0[: f(x)<2x1  Cf est EN DESSOUS de ΔEn x=0: f(0)=1  Cf et Δ se COUPENT au point (0;1)Sur ]0;+[: f(x)>2x1  Cf est AU-DESSUS de Δ\boxed{\begin{array}{l} \text{Sur } ]-\infty\,;0[ : \ f(x) < 2x - 1 \ \Rightarrow \ \mathcal{C}_f \text{ est EN DESSOUS de } \Delta \\[4pt] \text{En } x = 0 : \ f(0) = -1 \ \Rightarrow \ \mathcal{C}_f \text{ et } \Delta \text{ se COUPENT au point } (0\,;-1) \\[4pt] \text{Sur } ]0\,;+\infty[ : \ f(x) > 2x - 1 \ \Rightarrow \ \mathcal{C}_f \text{ est AU-DESSUS de } \Delta \end{array}}

Remarque : comme xex0x\,e^{-x} \to 0 en ++\infty, la droite Δ\Delta est asymptote oblique à Cf\mathcal{C}_f en ++\infty — la courbe s'en rapproche tout en restant au-dessus.

Partie B — Calcul d'aire

B.1
Soit nn un entier naturel non nul. On pose In=1nxexdxI_n = \displaystyle\int_1^{n} x\,e^{-x}\,\mathrm{d}x.

À l'aide d'une intégration par parties, exprimer InI_n en fonction de nn.
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Intégration par parties. On dérive le polynôme et on primitive l'exponentielle :

u(x)=xu(x)=1u(x) = x \quad \Rightarrow \quad u'(x) = 1
v(x)=exv(x)=exv'(x) = e^{-x} \quad \Rightarrow \quad v(x) = -e^{-x}

Formule abuv=[uv]ababuv\displaystyle\int_a^b uv' = \Big[uv\Big]_a^b - \int_a^b u'v :

In=[xex]1n1n1×(ex)dx=[xex]1n+1nexdxI_n = \Big[-x\,e^{-x}\Big]_1^{n} - \int_1^{n} 1 \times \left(-e^{-x}\right)\mathrm{d}x = \Big[-x\,e^{-x}\Big]_1^{n} + \int_1^{n} e^{-x}\,\mathrm{d}x

Terme tout intégré :

[xex]1n=nen(1×e1)=nen+e1\Big[-x\,e^{-x}\Big]_1^{n} = -n\,e^{-n} - \left(-1 \times e^{-1}\right) = -n\,e^{-n} + e^{-1}

Intégrale restante :

1nexdx=[ex]1n=en+e1\int_1^{n} e^{-x}\,\mathrm{d}x = \Big[-e^{-x}\Big]_1^{n} = -e^{-n} + e^{-1}

Somme :

In=nen+e1en+e1=2e1(n+1)enI_n = -n\,e^{-n} + e^{-1} - e^{-n} + e^{-1} = 2e^{-1} - (n + 1)\,e^{-n}

In=2en+1en\boxed{I_n = \frac{2}{e} - \frac{n + 1}{e^{n}}} \blacksquare
B.2
a. Justifier que l'aire du domaine DnD_n (délimité par Cf\mathcal{C}_f, la droite Δ\Delta et les droites x=1x = 1, x=nx = n) vaut InI_n.
b. Calculer la limite de cette aire quand n+n \to +\infty.
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a. Justification. L'aire entre Cf\mathcal{C}_f et Δ\Delta sur [1;n][1\,;n] est l'intégrale de la différence, à condition de connaître le signe de celle-ci.

D'après la question A.8, sur [1;n][1\,;n] (donc pour x1>0x \geqslant 1 > 0) :

f(x)(2x1)=xex>0f(x) - (2x - 1) = x\,e^{-x} > 0

La courbe Cf\mathcal{C}_f est au-dessus de Δ\Delta sur tout [1;n][1\,;n]. L'aire s'écrit donc sans valeur absolue :

A(Dn)=1n[f(x)(2x1)]dx=1nxexdx=In\mathcal{A}(D_n) = \int_1^{n} \Big[f(x) - (2x - 1)\Big]\mathrm{d}x = \int_1^{n} x\,e^{-x}\,\mathrm{d}x = I_n

A(Dn)=In\boxed{\mathcal{A}(D_n) = I_n} \blacksquare

b. Limite de l'aire. On reprend In=2en+1enI_n = \dfrac{2}{e} - \dfrac{n + 1}{e^{n}}.

Le terme n+1en\dfrac{n + 1}{e^{n}} tend vers 00 par croissance comparée (l'exponentielle ene^n l'emporte sur le polynôme n+1n + 1) :

n+1enn+0\frac{n + 1}{e^{n}} \xrightarrow[n \to +\infty]{} 0

limn+A(Dn)=2e0,736 u.a.\boxed{\lim_{n \to +\infty} \mathcal{A}(D_n) = \frac{2}{e} \approx 0{,}736 \ \text{u.a.}}

Un résultat remarquable. Bien que le domaine DnD_n s'étende indéfiniment vers la droite (de x=1x = 1 jusqu'à x=nx = n avec n+n \to +\infty), son aire reste bornée et tend vers 2e\dfrac{2}{e}.

C'est possible parce que l'écart xexx\,e^{-x} entre la courbe et la droite tend vers 00 suffisamment vite : l'aire « accumulée » converge, exactement comme la série d'un terme qui décroît assez rapidement.

Exercice 2 — Vrai / Faux — droites et plans de l'espace (5 points)

Pour chacune des affirmations, préciser si elle est vraie ou fausse, en justifiant. Toute réponse non argumentée n'est pas prise en compte. Le repère est orthonormé.

On considère la droite DD de représentation paramétrique
{x=3ty=2+3tz=1+4t(tR)\left\{\begin{array}{l} x = 3 - t \\ y = -2 + 3t \\ z = 1 + 4t \end{array}\right. \quad (t \in \mathbb{R})
et le plan PP d'équation 2x3y+z6=02x - 3y + z - 6 = 0.
1
Affirmation : la droite DD' de représentation paramétrique
{x=2+2ty=46tz=98t\left\{\begin{array}{l} x = 2 + 2t \\ y = 4 - 6t \\ z = 9 - 8t \end{array}\right.
est parallèle à DD.
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VRAIE\boxed{\textbf{VRAIE}}

Deux droites sont parallèles si et seulement si leurs vecteurs directeurs sont colinéaires.

uD(134)uD(268)\vec{u_D}\begin{pmatrix}-1\\3\\4\end{pmatrix} \qquad \vec{u_{D'}}\begin{pmatrix}2\\-6\\-8\end{pmatrix}

Test de colinéarité. On cherche un réel kk tel que uD=kuD\vec{u_{D'}} = k\,\vec{u_D} :

21=263=284=2\frac{2}{-1} = -2 \qquad \frac{-6}{3} = -2 \qquad \frac{-8}{4} = -2

Les trois rapports sont égaux à 2-2 :

uD=2uD\vec{u_{D'}} = -2\,\vec{u_D}

Les vecteurs directeurs sont colinéaires, donc les droites sont parallèles.

L'affirmation est vraie.

Attention : pour conclure à la colinéarité, il faut vérifier que les trois rapports coïncident. Deux suffisant par hasard ne prouveraient rien.
2
On admet que A(2;3;1)A(-2\,;3\,;1), B(1;3;4)B(1\,;3\,;-4) et C(6;3;9)C(6\,;3\,;9) ne sont pas alignés.

Affirmation : la droite DD est orthogonale au plan (ABC)(ABC).
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FAUSSE\boxed{\textbf{FAUSSE}}

Une observation qui simplifie tout. Les trois points AA, BB, CC ont la même deuxième coordonnée :

yA=yB=yC=3y_A = y_B = y_C = 3

Le plan (ABC)(ABC) est donc le plan d'équation y=3y = 3 — un plan « horizontal » dont un vecteur normal évident est

n(010)\vec{n}\begin{pmatrix}0\\1\\0\end{pmatrix}

Le critère d'orthogonalité. La droite DD est orthogonale au plan (ABC)(ABC) si et seulement si son vecteur directeur uD(1;3;4)\vec{u_D}(-1\,;3\,;4) est colinéaire au vecteur normal n(0;1;0)\vec{n}(0\,;1\,;0).

Or uD\vec{u_D} a ses première et troisième coordonnées non nulles (1-1 et 44), tandis que n\vec{n} les a nulles. Ils ne peuvent pas être colinéaires :

uD n’est PAS colineˊaire aˋ n : D n’est pas orthogonale au plan (ABC)\boxed{\vec{u_D} \text{ n'est PAS colinéaire à } \vec{n} \ : \ D \text{ n'est pas orthogonale au plan } (ABC)}

L'affirmation est fausse.

Le déclic : repérer que les trois points partagent la coordonnée y=3y = 3. Cela donne immédiatement l'équation du plan et son vecteur normal, sans aucun calcul de produit vectoriel.
3
Affirmation : la droite DD est sécante avec la droite Δ\Delta de représentation paramétrique
{x=4+2ty=13tz=2+t\left\{\begin{array}{l} x = -4 + 2t' \\ y = 1 - 3t' \\ z = 2 + t' \end{array}\right.
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FAUSSE\boxed{\textbf{FAUSSE}}

Recherche d'un point commun. On égale les coordonnées de DD (paramètre tt) et de Δ\Delta (paramètre tt') :

{3t=4+2t(1)2+3t=13t(2)1+4t=2+t(3)\left\{\begin{array}{l} 3 - t = -4 + 2t' \qquad (1)\\ -2 + 3t = 1 - 3t' \qquad (2)\\ 1 + 4t = 2 + t' \qquad (3) \end{array}\right.

De l'équation (3)(3) : t=4t1t' = 4t - 1. On reporte dans (1)(1) :

3t=4+2(4t1)=4+8t2=8t63 - t = -4 + 2(4t - 1) = -4 + 8t - 2 = 8t - 6

3+6=8t+t    9t=9    t=13 + 6 = 8t + t \iff 9t = 9 \iff t = 1

d'où t=4×11=3t' = 4 \times 1 - 1 = 3.

Vérification dans l'équation (2)(2) — elle est décisive :

Gauche : 2+3×1=1Droite : 13×3=19=8\text{Gauche : } -2 + 3 \times 1 = 1 \qquad \text{Droite : } 1 - 3 \times 3 = 1 - 9 = -8

181 \neq -8

Le systeˋme est INCOMPATIBLE : D et Δ ne sont pas seˊcantes\boxed{\text{Le système est INCOMPATIBLE : } D \text{ et } \Delta \text{ ne sont pas sécantes}}

L'affirmation est fausse.

Pour aller plus loin. Les vecteurs directeurs uD(1;3;4)\vec{u_D}(-1\,;3\,;4) et uΔ(2;3;1)\vec{u_\Delta}(2\,;-3\,;1) ne sont pas colinéaires (leurs rapports diffèrent). Les droites ne sont donc ni sécantes, ni parallèles : elles sont non coplanaires.

Le point de méthode : ne jamais s'arrêter après avoir résolu deux équations. C'est la troisième qui tranche — ici elle révèle l'incompatibilité.
4
Affirmation : le point F(3;3;3)F(-3\,;-3\,;3) est le projeté orthogonal du point E(5;0;2)E(-5\,;0\,;2) sur le plan PP.
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VRAIE\boxed{\textbf{VRAIE}}

Le projeté orthogonal de EE sur PP est caractérisé par deux conditions :

1. FF appartient au plan PP ;
2. le vecteur EF\vec{EF} est normal au plan (colinéaire au vecteur normal de PP).

---

Condition 1 : F(3;3;3)F(-3\,;-3\,;3) appartient-il à PP ? On injecte ses coordonnées dans 2x3y+z6=02x - 3y + z - 6 = 0 :

2×(3)3×(3)+36=6+9+36=02 \times (-3) - 3 \times (-3) + 3 - 6 = -6 + 9 + 3 - 6 = 0 \qquad \checkmark

Condition 2 : EF\vec{EF} est-il colinéaire au vecteur normal ?

EF=FE=(3(5)3032)=(231)\vec{EF} = F - E = \begin{pmatrix}-3 - (-5)\\-3 - 0\\3 - 2\end{pmatrix} = \begin{pmatrix}2\\-3\\1\end{pmatrix}

Le vecteur normal de PP (coefficients de l'équation) est

n(231)\vec{n}\begin{pmatrix}2\\-3\\1\end{pmatrix}

On constate directement :

EF=n\vec{EF} = \vec{n}

Les deux vecteurs sont identiques, donc colinéaires

---

Les deux conditions sont remplies :

F est bien le projeteˊ orthogonal de E sur P\boxed{F \text{ est bien le projeté orthogonal de } E \text{ sur } P}

L'affirmation est vraie.

Le sujet a choisi EF=n\vec{EF} = \vec{n} pour rendre la seconde condition immédiate : il suffit de comparer les coordonnées.
5
Affirmation : il existe exactement une valeur du réel aa telle que le plan PP' d'équation 3x+ya2z+3=0-3x + y - a^2 z + 3 = 0 soit parallèle à la droite DD.
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FAUSSE\boxed{\textbf{FAUSSE}}

Le critère. Une droite est parallèle à un plan si et seulement si son vecteur directeur est orthogonal au vecteur normal du plan (leur produit scalaire est nul).

uD(134)nP(31a2)\vec{u_D}\begin{pmatrix}-1\\3\\4\end{pmatrix} \qquad \vec{n_{P'}}\begin{pmatrix}-3\\1\\-a^2\end{pmatrix}

On écrit la condition uDnP=0\vec{u_D} \cdot \vec{n_{P'}} = 0 :

(1)×(3)+3×1+4×(a2)=0(-1) \times (-3) + 3 \times 1 + 4 \times \left(-a^2\right) = 0

3+34a2=0    64a2=0    a2=64=323 + 3 - 4a^2 = 0 \iff 6 - 4a^2 = 0 \iff a^2 = \frac{6}{4} = \frac{3}{2}

Résolution en aa :

a=32=62oua=62a = \sqrt{\frac{3}{2}} = \frac{\sqrt{6}}{2} \qquad \text{ou} \qquad a = -\frac{\sqrt{6}}{2}

Il existe DEUX valeurs de a, pas une seule\boxed{\text{Il existe DEUX valeurs de } a, \text{ pas une seule}}

L'affirmation (« exactement une valeur ») est donc fausse.

Le piège, redoutable. L'inconnue apparaît sous la forme a2a^2. L'équation a2=32a^2 = \dfrac{3}{2} possède deux solutions opposées — c'est la nature d'un carré. Un candidat qui écrit « a=62a = \frac{\sqrt6}{2} » et s'arrête oublie la racine négative, et conclut à tort que l'affirmation est vraie.

À noter : si l'équation avait donné a2=0a^2 = 0 (une seule solution) ou a2=1a^2 = -1 (aucune), la réponse aurait été différente. Ici, 32>0\frac{3}{2} > 0 donne exactement deux valeurs.

Exercice 3 — Virus, vaccination et paradoxe du dépistage (5 points)

Les réponses seront arrondies à 10410^{-4} près.

Durant l'hiver, un virus a contaminé 2 %2\ \% de la population d'un pays. Dans ce pays, 90 %90\ \% de la population a été vaccinée. On constate que 62 %62\ \% des personnes contaminées avaient été vaccinées.

On note CC : « la personne a été contaminée » et VV : « la personne a été vaccinée ».
Arbre pondéré de probabilités — V : personne vaccinée Arbre pondéré. V : personne vaccinée. Branche C, probabilité 0,02 : V, probabilité 0,62 ; V̄, probabilité 0,38. Branche C̄, probabilité 0,98 : V, probabilité 0,9057 ; V̄, probabilité 0,0943. 0,02 C 0,62 V 0,38 0,98 0,9057 V 0,0943 V : personne vaccinée

Arbre pondéré.

1
Donner, sans calcul, les probabilités P(C)P(C), P(V)P(V) et PC(V)P_C(V).
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Lecture directe des données de l'énoncé :

P(C)=0,02(2 % de contamineˊs)\boxed{P(C) = 0{,}02} \qquad \text{(}2\ \%\text{ de contaminés)}

P(V)=0,90(90 % de vaccineˊs)\boxed{P(V) = 0{,}90} \qquad \text{(}90\ \%\text{ de vaccinés)}

PC(V)=0,62(62 % des CONTAMINEˊeˊtaient vaccineˊs)\boxed{P_C(V) = 0{,}62} \qquad \text{(}62\ \%\text{ des CONTAMINÉS étaient vaccinés)}

Attention à la nature de la troisième. « 62 %62\ \% des personnes contaminées avaient été vaccinées » décrit une population restreinte aux contaminés : c'est bien une probabilité conditionnelle PC(V)P_C(V), et non P(VC)P(V \cap C) ni P(V)P(V).
2
a. Calculer P(CV)P(C \cap V).
b. En déduire P(CV)P\left(\overline{C} \cap V\right).
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a. Intersection CVC \cap V. On multiplie le long du chemin CC puis VV :

P(CV)=P(C)×PC(V)=0,02×0,62P(C \cap V) = P(C) \times P_C(V) = 0{,}02 \times 0{,}62

P(CV)=0,0124\boxed{P(C \cap V) = 0{,}0124}

b. Intersection CV\overline{C} \cap V. Les évènements CVC \cap V et CV\overline{C} \cap V forment une partition de VV (une personne vaccinée est soit contaminée, soit non) :

P(V)=P(CV)+P(CV)P(V) = P(C \cap V) + P\left(\overline{C} \cap V\right)

On isole l'inconnue :

P(CV)=P(V)P(CV)=0,900,0124P\left(\overline{C} \cap V\right) = P(V) - P(C \cap V) = 0{,}90 - 0{,}0124

P(CV)=0,8876\boxed{P\left(\overline{C} \cap V\right) = 0{,}8876}

Interprétation : 88,76 %88{,}76\ \% de la population est vaccinée et non contaminée. C'est de loin le cas le plus fréquent.
3
Recopier et compléter l'arbre des probabilités.
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Le premier niveau porte CC et C\overline{C}, le second VV et V\overline{V}. Complétons toutes les branches.

P(C)=0,02P(C)=0,98P(C) = 0{,}02 \qquad P\left(\overline{C}\right) = 0{,}98

Sur la branche CC : PC(V)=0,62P_C(V) = 0{,}62, donc PC(V)=0,38P_C\left(\overline{V}\right) = 0{,}38.

Sur la branche C\overline{C} : il faut calculer PC(V)P_{\overline{C}}(V) à partir de la question 2 :

PC(V)=P(CV)P(C)=0,88760,98=0,9057P_{\overline{C}}(V) = \frac{P\left(\overline{C} \cap V\right)}{P\left(\overline{C}\right)} = \frac{0{,}8876}{0{,}98} = 0{,}9057\ldots

donc PC(V)=10,9057=0,0943P_{\overline{C}}\left(\overline{V}\right) = 1 - 0{,}9057 = 0{,}0943.

PC(V)=0,62PC(V)=0,38PC(V)0,9057PC(V)0,0943\boxed{\begin{array}{ll} P_C(V) = 0{,}62 & P_C\left(\overline{V}\right) = 0{,}38 \\[4pt] P_{\overline{C}}(V) \approx 0{,}9057 & P_{\overline{C}}\left(\overline{V}\right) \approx 0{,}0943 \end{array}}

À noter : le taux de vaccination est plus élevé chez les non contaminés (90,6 %90{,}6\ \%) que chez les contaminés (62 %62\ \%) — un premier indice que le vaccin protège, confirmé à la question 4.
4
Calculer PV(C)P_V(C) et interpréter le résultat.
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On cherche PV(C)P_V(C) — la personne est vaccinée, on remonte vers la contamination. C'est une probabilité inverse.

PV(C)=P(CV)P(V)=0,01240,90P_V(C) = \frac{P(C \cap V)}{P(V)} = \frac{0{,}0124}{0{,}90}

PV(C)=0,013777P_V(C) = 0{,}013777\ldots

PV(C)0,0138\boxed{P_V(C) \approx 0{,}0138}

Interprétation. Parmi les personnes vaccinées, environ 1,38 %1{,}38\ \% ont été contaminées.

Comparons avec la probabilité de contamination dans la population générale :

PV(C)=0,0138<P(C)=0,02P_V(C) = 0{,}0138 \qquad < \qquad P(C) = 0{,}02

Être vacciné abaisse le risque de contamination, de 2 %2\ \% à 1,38 %1{,}38\ \%. Le vaccin a donc un effet protecteur : savoir qu'une personne est vaccinée rend sa contamination moins probable.

C'est la traduction chiffrée de l'efficacité du vaccin.
5
Déterminer si les affirmations suivantes sont vraies ou fausses.

a. « Parmi les personnes non contaminées, il y a dix fois plus de personnes vaccinées que de personnes non vaccinées. »
b. « Plus de 98 %98\ \% de la population vaccinée n'a pas été contaminée. »
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a. « Dix fois plus de vaccinés que de non-vaccinés parmi les non contaminés » ?

On compare P(CV)P\left(\overline{C} \cap V\right) (non contaminés vaccinés) et P(CV)P\left(\overline{C} \cap \overline{V}\right) (non contaminés non vaccinés).

Le premier vaut 0,88760{,}8876 (question 2.b). Pour le second :

P(CV)=P(C)P(CV)=0,980,8876=0,0924P\left(\overline{C} \cap \overline{V}\right) = P\left(\overline{C}\right) - P\left(\overline{C} \cap V\right) = 0{,}98 - 0{,}8876 = 0{,}0924

Rapport :

P(CV)P(CV)=0,88760,0924=9,606\frac{P\left(\overline{C} \cap V\right)}{P\left(\overline{C} \cap \overline{V}\right)} = \frac{0{,}8876}{0{,}0924} = 9{,}606\ldots

FAUSSE : le rapport vaut 9,6, et non 10\boxed{\textbf{FAUSSE} \ : \ \text{le rapport vaut } \approx 9{,}6, \text{ et non } 10}

Il y a environ 9,69{,}6 fois plus de vaccinés que de non-vaccinés parmi les non contaminés — proche de dix, mais pas exactement dix. L'affirmation, formulée de façon précise, est fausse.

Contrôle : si c'était « dix fois plus », on aurait P(CV)=10×0,0924=0,924P\left(\overline{C} \cap V\right) = 10 \times 0{,}0924 = 0{,}924. Or on trouve 0,88760,9240{,}8876 \neq 0{,}924.

---

b. « Plus de 98 %98\ \% des vaccinés non contaminés » ?

On cherche PV(C)P_V\left(\overline{C}\right) — parmi les vaccinés, la proportion de non contaminés.

PV(C)=P(CV)P(V)=0,88760,90=0,98622P_V\left(\overline{C}\right) = \frac{P\left(\overline{C} \cap V\right)}{P(V)} = \frac{0{,}8876}{0{,}90} = 0{,}98622\ldots

VRAIE : PV(C)0,9862>0,98\boxed{\textbf{VRAIE} \ : \ P_V\left(\overline{C}\right) \approx 0{,}9862 > 0{,}98}

Environ 98,62 %98{,}62\ \% de la population vaccinée n'a pas été contaminée — c'est bien plus de 98 %98\ \%. L'affirmation est vraie.

On pouvait aussi le voir par événement contraire : PV(C)=1PV(C)=10,0138=0,9862P_V\left(\overline{C}\right) = 1 - P_V(C) = 1 - 0{,}0138 = 0{,}9862, en réutilisant la question 4.
6
On interroge 2020 personnes au hasard (tirage assimilé à un tirage avec remise). On note XX le nombre de contaminées, et l'on rappelle p=0,02p = 0{,}02.

a. Quelle est la loi de XX ? Justifier et donner ses paramètres.
b. Calculer, en rappelant la formule, la probabilité que 4 personnes exactement soient contaminées.
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a. Loi de XX. Les trois conditions du schéma de Bernoulli sont réunies :

n=20n = 20 tirages identiques ;
• deux issues par tirage : contaminée (succès) ou non ;
• tirages indépendants (avec remise), probabilité constante p=0,02p = 0{,}02.

XB(20; 0,02)\boxed{X \sim \mathcal{B}(20\,;\ 0{,}02)}

b. Probabilité de 4 contaminées. La formule de la loi binomiale :

P(X=k)=(nk)pk(1p)nkP(X = k) = \binom{n}{k}\,p^{\,k}\,(1 - p)^{\,n-k}

Avec n=20n = 20, k=4k = 4, p=0,02p = 0{,}02 :

P(X=4)=(204)×0,024×0,9816P(X = 4) = \binom{20}{4} \times 0{,}02^{\,4} \times 0{,}98^{\,16}

Calcul du coefficient : (204)=4845\dbinom{20}{4} = 4\,845.

P(X=4)=4845×0,024×0,9816=0,000561P(X = 4) = 4\,845 \times 0{,}02^{4} \times 0{,}98^{16} = 0{,}000561\ldots

P(X=4)0,0006\boxed{P(X = 4) \approx 0{,}0006}

Interprétation. Il n'y a qu'environ 0,06 %0{,}06\ \% de chances d'observer exactement 44 contaminées dans un groupe de 2020.

C'est très faible, et cohérent : l'espérance vaut E(X)=20×0,02=0,4E(X) = 20 \times 0{,}02 = 0{,}4. On attend en moyenne moins d'une personne contaminée sur 2020 ; en trouver 44 (dix fois la moyenne) est un évènement rare.

Exercice 4 — Suite récurrente double un+2=un+114unu_{n+2} = u_{n+1} - \frac{1}{4}u_n (5 points)

On étudie la suite (un)(u_n) définie par

{u0=0u1=12un+2=un+114un\left\{\begin{array}{l} u_0 = 0 \\ u_1 = \dfrac{1}{2} \\ u_{n+2} = u_{n+1} - \dfrac{1}{4}u_n \end{array}\right.

Partie A — Conjecture

A.1
Recopier et compléter le tableau des premières valeurs :

nn001122334455
unu_n0012\dfrac{1}{2}12\dfrac{1}{2}???
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On applique la relation un+2=un+114unu_{n+2} = u_{n+1} - \dfrac{1}{4}u_n.

u3u_3 (avec n=1n = 1) :

u3=u214u1=1214×12=1218=38u_3 = u_2 - \frac{1}{4}u_1 = \frac{1}{2} - \frac{1}{4} \times \frac{1}{2} = \frac{1}{2} - \frac{1}{8} = \frac{3}{8}

u4u_4 (avec n=2n = 2) :

u4=u314u2=3814×12=3818=28=14u_4 = u_3 - \frac{1}{4}u_2 = \frac{3}{8} - \frac{1}{4} \times \frac{1}{2} = \frac{3}{8} - \frac{1}{8} = \frac{2}{8} = \frac{1}{4}

u5u_5 (avec n=3n = 3) :

u5=u414u3=1414×38=832332=532u_5 = u_4 - \frac{1}{4}u_3 = \frac{1}{4} - \frac{1}{4} \times \frac{3}{8} = \frac{8}{32} - \frac{3}{32} = \frac{5}{32}

nn001122334455
unu_n0012\dfrac{1}{2}12\dfrac{1}{2}38\dfrac{3}{8}14\dfrac{1}{4}532\dfrac{5}{32}


u3=38,u4=14,u5=532\boxed{u_3 = \frac{3}{8}, \quad u_4 = \frac{1}{4}, \quad u_5 = \frac{5}{32}}
A.2
Conjecturer la limite de la suite (un)(u_n).
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Observons les valeurs décimales :

u1=0,5u2=0,5u3=0,375u4=0,25u50,156u_1 = 0{,}5 \quad u_2 = 0{,}5 \quad u_3 = 0{,}375 \quad u_4 = 0{,}25 \quad u_5 \approx 0{,}156

À partir du rang 11, les termes décroissent et se rapprochent de 00.

Conjecture : limn+un=0\boxed{\text{Conjecture : } \lim_{n \to +\infty} u_n = 0}

Partie B — Suite auxiliaire

B.1
Soit (wn)(w_n) définie par wn=un+112unw_n = u_{n+1} - \dfrac{1}{2}u_n.

a. Calculer w0w_0.
b. Démontrer que (wn)(w_n) est géométrique de raison 12\dfrac{1}{2}.
c. Exprimer wnw_n en fonction de nn.
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a. Valeur de w0w_0.

w0=u112u0=1212×0=12w_0 = u_1 - \frac{1}{2}u_0 = \frac{1}{2} - \frac{1}{2} \times 0 = \frac{1}{2}

w0=12\boxed{w_0 = \frac{1}{2}}

b. Nature de (wn)(w_n). On calcule wn+1w_{n+1} et on cherche à le relier à wnw_n.

wn+1=un+212un+1w_{n+1} = u_{n+2} - \frac{1}{2}u_{n+1}

On remplace un+2u_{n+2} par la relation de récurrence un+2=un+114unu_{n+2} = u_{n+1} - \dfrac{1}{4}u_n :

wn+1=(un+114un)12un+1=12un+114unw_{n+1} = \left(u_{n+1} - \frac{1}{4}u_n\right) - \frac{1}{2}u_{n+1} = \frac{1}{2}u_{n+1} - \frac{1}{4}u_n

On factorise par 12\dfrac{1}{2} pour faire apparaître wnw_n :

wn+1=12(un+112un)=12wnw_{n+1} = \frac{1}{2}\left(u_{n+1} - \frac{1}{2}u_n\right) = \frac{1}{2}\,w_n

wn+1=12wn\boxed{w_{n+1} = \frac{1}{2}\,w_n}

La suite (wn)(w_n) est donc géométrique de raison 12\dfrac{1}{2}, de premier terme w0=12w_0 = \dfrac{1}{2}. \blacksquare

c. Expression de wnw_n.

wn=w0×(12)n=12×(12)nw_n = w_0 \times \left(\frac{1}{2}\right)^{n} = \frac{1}{2} \times \left(\frac{1}{2}\right)^{n}

wn=(12)n+1\boxed{w_n = \left(\frac{1}{2}\right)^{n+1}}
B.2
a. Montrer que un+1=(12)n+1+12unu_{n+1} = \left(\dfrac{1}{2}\right)^{n+1} + \dfrac{1}{2}u_n.
b. Démontrer par récurrence que un=n(12)nu_n = n\left(\dfrac{1}{2}\right)^{n}.
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a. Relation de récurrence sur (un)(u_n). Par définition de (wn)(w_n) :

wn=un+112unw_n = u_{n+1} - \frac{1}{2}u_n

On isole un+1u_{n+1}, puis on remplace wnw_n par son expression (question 1.c) :

un+1=wn+12un=(12)n+1+12unu_{n+1} = w_n + \frac{1}{2}u_n = \left(\frac{1}{2}\right)^{n+1} + \frac{1}{2}u_n

un+1=(12)n+1+12un\boxed{u_{n+1} = \left(\frac{1}{2}\right)^{n+1} + \frac{1}{2}u_n} \blacksquare

Le passage par (wn)(w_n) a transformé une récurrence double (qui dépend de deux termes précédents) en une récurrence simple (un seul terme précédent) — bien plus facile à manier.

b. Démonstration par récurrence. Notons P(n)\mathcal{P}(n) : « un=n(12)nu_n = n\left(\dfrac{1}{2}\right)^{n} ».

Initialisation (n=0n = 0).

0×(12)0=0×1=0=u00 \times \left(\frac{1}{2}\right)^{0} = 0 \times 1 = 0 = u_0 \qquad \checkmark

P(0)\mathcal{P}(0) est vraie.

Hérédité. Supposons P(n)\mathcal{P}(n) vraie : un=n(12)nu_n = n\left(\dfrac{1}{2}\right)^{n}. Montrons un+1=(n+1)(12)n+1u_{n+1} = (n+1)\left(\dfrac{1}{2}\right)^{n+1}.

On part de la relation de la question a, et on remplace unu_n par l'hypothèse :

un+1=(12)n+1+12×n(12)nu_{n+1} = \left(\frac{1}{2}\right)^{n+1} + \frac{1}{2} \times n\left(\frac{1}{2}\right)^{n}

Le second terme se recompose : 12×(12)n=(12)n+1\dfrac{1}{2} \times \left(\dfrac{1}{2}\right)^{n} = \left(\dfrac{1}{2}\right)^{n+1}, donc

un+1=(12)n+1+n(12)n+1u_{n+1} = \left(\frac{1}{2}\right)^{n+1} + n\left(\frac{1}{2}\right)^{n+1}

On factorise par (12)n+1\left(\dfrac{1}{2}\right)^{n+1} :

un+1=(1+n)(12)n+1=(n+1)(12)n+1u_{n+1} = (1 + n)\left(\frac{1}{2}\right)^{n+1} = (n+1)\left(\frac{1}{2}\right)^{n+1}

C'est exactement P(n+1)\mathcal{P}(n+1)

Conclusion. Par récurrence, un=n(12)nu_n = n\left(\dfrac{1}{2}\right)^{n} pour tout nNn \in \mathbb{N}. \blacksquare

Contrôle : u5=5×(12)5=532u_5 = 5 \times \left(\frac{1}{2}\right)^5 = \dfrac{5}{32} — conforme au tableau

Partie C — Étude de (un)(u_n)

C.1
Montrer que (un)(u_n) est décroissante à partir du rang 11.
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On étudie le signe de un+1unu_{n+1} - u_n pour n1n \geqslant 1, à partir de la forme explicite un=n(12)nu_n = n\left(\dfrac{1}{2}\right)^{n}.

un+1un=(n+1)(12)n+1n(12)nu_{n+1} - u_n = (n+1)\left(\frac{1}{2}\right)^{n+1} - n\left(\frac{1}{2}\right)^{n}

On factorise par (12)n+1\left(\dfrac{1}{2}\right)^{n+1}, en écrivant (12)n=2(12)n+1\left(\dfrac{1}{2}\right)^{n} = 2\left(\dfrac{1}{2}\right)^{n+1} :

un+1un=(12)n+1[(n+1)2n]=(12)n+1(1n)u_{n+1} - u_n = \left(\frac{1}{2}\right)^{n+1}\Big[(n+1) - 2n\Big] = \left(\frac{1}{2}\right)^{n+1}(1 - n)

Signe. Le facteur (12)n+1\left(\dfrac{1}{2}\right)^{n+1} est strictement positif. Le signe de la différence est donc celui de (1n)(1 - n) :

1n0    n11 - n \leqslant 0 \iff n \geqslant 1

Pour tout n1: un+1un0      (un) est deˊcroissante aˋ partir du rang 1\boxed{\text{Pour tout } n \geqslant 1 : \ u_{n+1} - u_n \leqslant 0 \ \implies \ (u_n) \text{ est décroissante à partir du rang } 1} \blacksquare

Précision : la différence est nulle pour n=1n = 1 (car u1=u2=12u_1 = u_2 = \frac{1}{2}), puis strictement négative ensuite. La suite décroît donc à partir du rang 11, ce qui est cohérent avec le tableau.
C.2
En déduire que (un)(u_n) est convergente, sans chercher la valeur de la limite.
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On dispose de deux propriétés :

(un)(u_n) est décroissante à partir du rang 11 (question 1) ;
(un)(u_n) est minorée par 00 : en effet un=n(12)n0u_n = n\left(\dfrac{1}{2}\right)^{n} \geqslant 0, car n0n \geqslant 0 et une puissance de 12\dfrac{1}{2} est positive.

D'après le théorème de convergence monotone, toute suite décroissante et minorée converge.

(un) est convergente\boxed{(u_n) \text{ est convergente}} \blacksquare

Le théorème garantit l'existence de la limite ; la question suivante en donne la valeur.
C.3
On admet que la limite \ell est solution de =14\ell = \ell - \dfrac{1}{4}\ell. Déterminer la limite de (un)(u_n).
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Résolution de l'équation.

=14\ell = \ell - \frac{1}{4}\ell

On simplifie les \ell des deux côtés :

0=14    =00 = -\frac{1}{4}\ell \iff \ell = 0

limn+un=0\boxed{\lim_{n \to +\infty} u_n = 0}

Ce résultat confirme la conjecture de la partie A

Vérification directe par la forme explicite. On peut le retrouver sans l'équation admise : un=n(12)nu_n = n\left(\dfrac{1}{2}\right)^{n} est une forme indéterminée ×0\infty \times 0, mais l'exponentielle décroissante l'emporte sur la croissance linéaire :

limn+n(12)n=0\lim_{n \to +\infty} n\left(\frac{1}{2}\right)^{n} = 0

(c'est un résultat de croissance comparée : (12)n\left(\frac{1}{2}\right)^n tend vers 00 bien plus vite que nn ne tend vers l'infini)

Les deux approches concordent : =0\ell = 0.

Ce qui rend cet exercice élégant : une suite définie par une récurrence double (donc a priori difficile) se résout entièrement grâce à la suite auxiliaire (wn)(w_n), qui ramène le problème à une récurrence simple, puis à une formule explicite. C'est la méthode générale pour les suites de la forme un+2=aun+1+bunu_{n+2} = a\,u_{n+1} + b\,u_n.

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