Bac Maths 2025 Centres étrangers Jour 1

12 juin 2025 — 4 exercices — 20 points — épreuve de spécialité

Correction rédigée par Maths Facile — 27 questions détaillées. Chaque résultat numérique de cette page a été recalculé indépendamment avec un moteur de calcul formel avant publication.

Énoncé : sujet officiel de l'épreuve de spécialité mathématiques, session 12 juin 2025.

Exercice 1 — Probabilités — contrôles en caisse automatique (6 points)

Cet exercice est constitué de trois parties indépendantes.

Un magasin est équipé de caisses automatiques en libre-service. Le logiciel déclenche régulièrement des demandes de vérification, et un employé effectue alors un contrôle.
Arbre pondéré de probabilités — E : une erreur est détectée Arbre pondéré. E : une erreur est détectée. Branche T, probabilité 0,10 : E, probabilité 0,30 ; Ē, probabilité 0,70. Branche T̄, probabilité 0,90 : E, probabilité 0,15 ; Ē, probabilité 0,85. 0,10 T 0,30 E 0,70 Ē 0,90 0,15 E 0,85 Ē E : une erreur est détectée

Arbre pondéré.

Partie A

A.1
Le contrôle peut être total (l'employé rescanne tous les articles) ou partiel (il n'en vérifie que quelques-uns). On sait que :

• si un contrôle est déclenché, il s'agit une fois sur dix d'un contrôle total ;
• lorsqu'un contrôle total est déclenché, une erreur est détectée dans 30 %30\ \% des cas ;
• lorsqu'un contrôle partiel est effectué, dans 85 %85\ \% des cas il n'y a pas d'erreur.

On considère les évènements TT (« le contrôle est total ») et EE (« une erreur est détectée »).

Construire un arbre pondéré représentant la situation, puis déterminer P(TE)P\left(\overline{T} \cap E\right).
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Traduction de l'énoncé. Attention à la troisième donnée : elle est formulée « à l'envers ».

• « une fois sur dix » : P(T)=0,1P(T) = 0{,}1, donc P(T)=0,9P\left(\overline{T}\right) = 0{,}9 ;
PT(E)=0,30P_T(E) = 0{,}30, donc PT(E)=0,70P_T\left(\overline{E}\right) = 0{,}70 ;
• « dans 85 %85\ \% des cas il n'y a pas d'erreur » donne PT(E)=0,85P_{\overline{T}}\left(\overline{E}\right) = 0{,}85, donc par événement contraire :

PT(E)=10,85=0,15P_{\overline{T}}(E) = 1 - 0{,}85 = 0{,}15

C'est le piège de la question : l'énoncé donne la probabilité de ne pas trouver d'erreur. Reporter 0,850{,}85 directement sur la branche EE fausse tout l'exercice.

Calcul. On multiplie le long du chemin T\overline{T} puis EE :

P(TE)=P(T)×PT(E)=0,9×0,15P\left(\overline{T} \cap E\right) = P\left(\overline{T}\right) \times P_{\overline{T}}(E) = 0{,}9 \times 0{,}15

P(TE)=0,135\boxed{P\left(\overline{T} \cap E\right) = 0{,}135}

Interprétation : 13,5 %13{,}5\ \% des contrôles sont des contrôles partiels qui révèlent une erreur.
A.2
Calculer la probabilité qu'une erreur soit détectée lors d'un contrôle.
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Les évènements TT et T\overline{T} forment une partition de l'univers : on applique la formule des probabilités totales.

P(E)=P(TE)+P(TE)P(E) = P(T \cap E) + P\left(\overline{T} \cap E\right)

P(E)=0,1×0,300,03+0,9×0,150,135P(E) = \underbrace{0{,}1 \times 0{,}30}_{0{,}03} + \underbrace{0{,}9 \times 0{,}15}_{0{,}135}

P(E)=0,165\boxed{P(E) = 0{,}165}

Sur l'arbre, cela revient à additionner les deux chemins qui aboutissent à EE.

À noter : cette valeur 0,1650{,}165 est exactement le pp réutilisé dans les parties B et C. Une erreur ici se propagerait à tout l'exercice.
A.3
Déterminer la probabilité qu'un contrôle total ait été effectué, sachant qu'une erreur a été détectée. (Valeur arrondie au centième.)
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Attention au sens du conditionnement. On cherche PE(T)P_E(T) — l'erreur est constatée, on remonte vers le type de contrôle — et non PT(E)P_T(E), qui est donné par l'énoncé. C'est une probabilité inverse.

PE(T)=P(TE)P(E)=0,030,165P_E(T) = \frac{P(T \cap E)}{P(E)} = \frac{0{,}03}{0{,}165}

PE(T)=30165=211=0,1818P_E(T) = \frac{30}{165} = \frac{2}{11} = 0{,}1818\ldots

PE(T)0,18\boxed{P_E(T) \approx 0{,}18}

Interprétation : parmi les contrôles ayant révélé une erreur, environ 18 %18\ \% étaient des contrôles totaux. C'est bien plus que la part des contrôles totaux dans l'ensemble (10 %10\ \%) — logique, puisqu'un contrôle total, plus minutieux, détecte davantage d'erreurs.

Partie B

B.1
Sur une journée, une caisse déclenche 1515 contrôles. La probabilité qu'un contrôle mette en évidence une erreur est p=0,165p = 0{,}165, et les contrôles sont indépendants. On note XX le nombre d'erreurs détectées.

a. On admet que XX suit une loi binomiale. Préciser ses paramètres.
b. Déterminer la probabilité qu'exactement 5 erreurs soient détectées. (Au centième.)
c. Déterminer la probabilité qu'au moins une erreur soit détectée. (Au centième.)
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a. Paramètres. On répète n=15n = 15 fois, de façon indépendante (l'énoncé le précise), une épreuve à deux issues — erreur détectée (succès) ou non — de probabilité constante p=0,165p = 0{,}165 (valeur obtenue en A.2).

XB(15; 0,165)\boxed{X \sim \mathcal{B}(15\,;\ 0{,}165)}

b. Exactement 5 erreurs. On applique la formule de la loi binomiale :

P(X=5)=(155)×0,1655×0,83510P(X = 5) = \binom{15}{5} \times 0{,}165^{\,5} \times 0{,}835^{\,10}

P(X=5)=3003×0,1655×0,83510=0,0605P(X = 5) = 3003 \times 0{,}165^{5} \times 0{,}835^{10} = 0{,}0605\ldots

P(X=5)0,06\boxed{P(X = 5) \approx 0{,}06}

Cohérent avec l'espérance : E(X)=15×0,1652,5E(X) = 15 \times 0{,}165 \approx 2{,}5. Obtenir 55 erreurs, soit le double de la moyenne, est donc peu probable — 6 %6\ \% environ.

c. Au moins une erreur. Réflexe : « au moins une » est le contraire de « aucune », qui ne correspond qu'à un seul cas.

P(X1)=1P(X=0)=1(150)×0,1650×0,83515=10,83515P(X \geqslant 1) = 1 - P(X = 0) = 1 - \binom{15}{0} \times 0{,}165^{0} \times 0{,}835^{15} = 1 - 0{,}835^{15}

P(X1)=10,0669=0,9331P(X \geqslant 1) = 1 - 0{,}0669 = 0{,}9331\ldots

P(X1)0,93\boxed{P(X \geqslant 1) \approx 0{,}93}

Calculer P(X=1)+P(X=2)++P(X=15)P(X=1) + P(X=2) + \cdots + P(X=15) donnerait le même résultat, mais en quinze fois plus de temps.
B.2
On souhaite modifier le nombre de contrôles déclenchés par la caisse de manière à ce que la probabilité qu'au moins une erreur soit détectée chaque jour soit supérieure à 99 %99\ \%.

Déterminer le nombre de contrôles que doit déclencher la caisse chaque jour.
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Mise en équation. Pour nn contrôles, la variable XnX_n suit B(n;0,165)\mathcal{B}(n\,;0{,}165), et d'après le raisonnement de la question précédente :

P(Xn1)=10,835nP(X_n \geqslant 1) = 1 - 0{,}835^{\,n}

On cherche le plus petit nn tel que :

10,835n>0,99    0,835n<0,011 - 0{,}835^{\,n} > 0{,}99 \iff 0{,}835^{\,n} < 0{,}01

Résolution. On compose par ln\ln, strictement croissante (le sens est conservé) :

nln(0,835)<ln(0,01)n\ln(0{,}835) < \ln(0{,}01)

Le point délicat : ln(0,835)<0\ln(0{,}835) < 0 (car 0,835<10{,}835 < 1). En divisant par ce nombre négatif, le sens de l'inégalité s'inverse :

n>ln(0,01)ln(0,835)=4,60520,1803425,54n > \frac{\ln(0{,}01)}{\ln(0{,}835)} = \frac{-4{,}6052}{-0{,}18034} \approx 25{,}54

Comme nn est entier :

n=26 controˆles par jour\boxed{n = 26 \text{ contrôles par jour}}

Vérification, indispensable :
0,835250,01102>0,010{,}835^{25} \approx 0{,}01102 > 0{,}01 : insuffisant ;
0,835260,00920<0,010{,}835^{26} \approx 0{,}00920 < 0{,}01

L'erreur classique : oublier d'inverser le sens de l'inégalité en divisant par un logarithme négatif. On obtiendrait n<25,54n < 25{,}54, donc n=25n = 25 — et une réponse fausse.

Partie C

C.1
Le magasin comporte trois caisses identiques ayant chacune déclenché 2020 contrôles. On note X1X_1, X2X_2, X3X_3 le nombre d'erreurs détectées par chacune. Ces variables sont indépendantes et suivent chacune la loi B(20;0,165)\mathcal{B}(20\,;0{,}165).

Déterminer les valeurs exactes de l'espérance et de la variance de X1X_1.
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On applique les formules du cours pour XB(n;p)X \sim \mathcal{B}(n\,;p) :

E(X)=npV(X)=np(1p)E(X) = np \qquad V(X) = np(1-p)

Espérance :

E(X1)=20×0,165E(X_1) = 20 \times 0{,}165

E(X1)=3,3\boxed{E(X_1) = 3{,}3}

Variance :

V(X1)=20×0,165×(10,165)=20×0,165×0,835=3,3×0,835V(X_1) = 20 \times 0{,}165 \times (1 - 0{,}165) = 20 \times 0{,}165 \times 0{,}835 = 3{,}3 \times 0{,}835

V(X1)=2,7555\boxed{V(X_1) = 2{,}7555}

L'énoncé demande les valeurs exactes : il ne faut donc surtout pas arrondir 2,75552{,}7555.

Interprétation : sur 2020 contrôles, on s'attend en moyenne à 3,33{,}3 erreurs détectées par caisse.
C.2
On définit S=X1+X2+X3S = X_1 + X_2 + X_3.

a. Justifier que E(S)=9,9E(S) = 9{,}9 et que V(S)=8,2665V(S) = 8{,}2665.
b. (On utilisera 1010 comme valeur de E(S)E(S).) À l'aide de l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev, montrer que la probabilité que le nombre total d'erreurs sur la journée soit strictement compris entre 6 et 14 est supérieure à 0,480{,}48.
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a. Espérance et variance de la somme.

Espérance — elle est toujours additive, sans aucune hypothèse :

E(S)=E(X1)+E(X2)+E(X3)=3×3,3E(S) = E(X_1) + E(X_2) + E(X_3) = 3 \times 3{,}3

E(S)=9,9\boxed{E(S) = 9{,}9}

Variance — elle n'est additive que si les variables sont indépendantes, ce que l'énoncé garantit explicitement :

V(S)=V(X1)+V(X2)+V(X3)=3×2,7555V(S) = V(X_1) + V(X_2) + V(X_3) = 3 \times 2{,}7555

V(S)=8,2665\boxed{V(S) = 8{,}2665}

C'est la distinction centrale du chapitre : sans l'indépendance, l'espérance resterait additive, mais pas la variance.

b. Application de Bienaymé-Tchebychev. L'inégalité s'écrit, pour δ>0\delta > 0 :

P(SE(S)δ)V(S)δ2P\Big(\left|S - E(S)\right| \geqslant \delta\Big) \leqslant \frac{V(S)}{\delta^2}

Première étape — reconnaître l'intervalle. Avec E(S)=10E(S) = 10 (valeur donnée par l'énoncé), l'intervalle ]6;14[]6\,;14[ est centré sur l'espérance :

106=4et1410=410 - 6 = 4 \qquad \text{et} \qquad 14 - 10 = 4

Donc « 6<S<146 < S < 14 » équivaut à « S10<4\left|S - 10\right| < 4 ». On prend δ=4\delta = 4.

Deuxième étape — passer à l'évènement contraire.

P(6<S<14)=1P(S104)1V(S)42=18,266516P(6 < S < 14) = 1 - P\Big(\left|S - 10\right| \geqslant 4\Big) \geqslant 1 - \frac{V(S)}{4^2} = 1 - \frac{8{,}2665}{16}

Troisième étape — conclure.

18,266516=10,5167=0,48331 - \frac{8{,}2665}{16} = 1 - 0{,}5167 = 0{,}4833\ldots

P(6<S<14)0,4833>0,48\boxed{P(6 < S < 14) \geqslant 0{,}4833 > 0{,}48} \blacksquare

À retenir : Bienaymé-Tchebychev vaut pour n'importe quelle loi, ce qui la rend très générale — mais aussi très pessimiste. Ici elle ne garantit que 48 %48\ \%, alors qu'un calcul direct avec la loi binomiale donnerait une probabilité bien supérieure. C'est le prix de sa généralité.

Exercice 2 — QCM — géométrie dans l'espace (4 points)

Pour chaque question, une seule des quatre réponses proposées est exacte. Aucune justification n'est demandée. Une réponse fausse n'enlève pas de point. Les quatre questions sont indépendantes.

L'espace est muni d'un repère orthonormé (O;ı,ȷ,k)\left(O\,;\vec{\imath},\vec{\jmath},\vec{k}\right). On considère :

• les points A(3;1;4)A(-3\,;1\,;4) et B(1;5;2)B(1\,;5\,;2) ;
• le plan P\mathcal{P} d'équation cartésienne 4x+4y2z+3=04x + 4y - 2z + 3 = 0 ;
• la droite (d)(d) de représentation paramétrique
{x=6+3ty=1z=95tavec tR\left\{\begin{array}{l} x = -6 + 3t \\ y = 1 \\ z = 9 - 5t \end{array}\right. \quad \text{avec } t \in \mathbb{R}
1
Les droites (AB)(AB) et (d)(d) sont :

a. sécantes non perpendiculaires — b. perpendiculaires — c. non coplanaires — d. parallèles
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Reˊponse a : seˊcantes non perpendiculaires\boxed{\textbf{Réponse a : sécantes non perpendiculaires}}

Les vecteurs directeurs.

AB(1(3)5124)=(442)u(305) (directeur de (d))\vec{AB}\begin{pmatrix}1-(-3)\\5-1\\2-4\end{pmatrix} = \begin{pmatrix}4\\4\\-2\end{pmatrix} \qquad \vec{u}\begin{pmatrix}3\\0\\-5\end{pmatrix} \ \text{(directeur de } (d))

Parallèles ? Non : u\vec{u} a sa deuxième coordonnée nulle, pas AB\vec{AB}. Les vecteurs ne sont pas colinéaires. Réponse d écartée.

Perpendiculaires ? On calcule le produit scalaire :

ABu=4×3+4×0+(2)×(5)=12+0+10=220\vec{AB} \cdot \vec{u} = 4 \times 3 + 4 \times 0 + (-2) \times (-5) = 12 + 0 + 10 = 22 \neq 0

Les directions ne sont pas orthogonales. Réponse b écartée.

Sécantes ou non coplanaires ? Il reste à chercher un point commun. Un point de (AB)(AB) s'écrit A+sABA + s\,\vec{AB}, soit (3+4s; 1+4s; 42s)(-3 + 4s\,;\ 1 + 4s\,;\ 4 - 2s). On résout :

{3+4s=6+3t1+4s=142s=95t\left\{\begin{array}{l} -3 + 4s = -6 + 3t \\ 1 + 4s = 1 \\ 4 - 2s = 9 - 5t \end{array}\right.

La deuxième équation donne immédiatement s=0s = 0. La première devient 3=6+3t-3 = -6 + 3t, d'où t=1t = 1.

Vérification dans la troisième — c'est elle qui décide :

40=4et95×1=44 - 0 = 4 \qquad \text{et} \qquad 9 - 5 \times 1 = 4 \qquad \checkmark

Le système est compatible : les droites se coupent. Et le point d'intersection correspond à s=0s = 0, c'est-à-dire… le point AA lui-même ! La droite (d)(d) passe par AA.

Sécantes, mais pas perpendiculaires : réponse a.
2
La droite (AB)(AB) est :

a. incluse dans le plan P\mathcal{P}b. strictement parallèle à P\mathcal{P}c. sécante et non orthogonale à P\mathcal{P}d. orthogonale à P\mathcal{P}
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Reˊponse d : orthogonale au plan P\boxed{\textbf{Réponse d : orthogonale au plan } \mathcal{P}}

Le vecteur normal du plan. L'équation 4x+4y2z+3=04x + 4y - 2z + 3 = 0 donne directement :

n(442)\vec{n}\begin{pmatrix}4\\4\\-2\end{pmatrix}

Comparaison avec AB\vec{AB}. Or on a calculé à la question 1 :

AB(442)\vec{AB}\begin{pmatrix}4\\4\\-2\end{pmatrix}

AB=n\boxed{\vec{AB} = \vec{n}}

Les deux vecteurs sont identiques — donc a fortiori colinéaires.

Conclusion. Une droite dont le vecteur directeur est colinéaire au vecteur normal du plan est orthogonale à ce plan.

C'est une question qui se résout en une ligne, à condition de comparer les coordonnées au lieu de se lancer dans des calculs. Le sujet a délibérément choisi AB=n\vec{AB} = \vec{n} pour récompenser l'observation.
3
On considère le plan P\mathcal{P}' d'équation cartésienne 2x+y+6z+5=02x + y + 6z + 5 = 0. Les plans P\mathcal{P} et P\mathcal{P}' sont :

a. sécants et non perpendiculaires — b. perpendiculaires — c. confondus — d. strictement parallèles
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Reˊponse b : perpendiculaires\boxed{\textbf{Réponse b : perpendiculaires}}

Les deux vecteurs normaux.

n(442)(plan P)n(216)(plan P)\vec{n}\begin{pmatrix}4\\4\\-2\end{pmatrix} \quad \text{(plan } \mathcal{P}) \qquad \vec{n'}\begin{pmatrix}2\\1\\6\end{pmatrix} \quad \text{(plan } \mathcal{P'})

Sont-ils colinéaires ? Non : 42=2\dfrac{4}{2} = 2 mais 41=4\dfrac{4}{1} = 4. Les plans ne sont donc ni parallèles, ni confondus. Réponses c et d écartées.

Sont-ils orthogonaux ? Deux plans sont perpendiculaires si et seulement si leurs vecteurs normaux sont orthogonaux :

nn=4×2+4×1+(2)×6=8+412=0\vec{n} \cdot \vec{n'} = 4 \times 2 + 4 \times 1 + (-2) \times 6 = 8 + 4 - 12 = 0

nn=0\boxed{\vec{n} \cdot \vec{n'} = 0}

Les vecteurs normaux sont orthogonaux : les plans sont perpendiculaires.

Le critère à retenir : la perpendicularité de deux plans se lit sur leurs vecteurs normaux, pas sur des vecteurs directeurs.
4
On considère le point C(0;1;1)C(0\,;1\,;-1). La valeur de l'angle BAC^\widehat{BAC}, arrondie au degré, est :

a. 90°90°b. 51°51°c. 39°39°d. 0°
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Reˊponse b : 51°\boxed{\textbf{Réponse b : } 51°}

Les vecteurs partant de A(3;1;4)A(-3\,;1\,;4).

AB(442)AC(0(3)1114)=(305)\vec{AB}\begin{pmatrix}4\\4\\-2\end{pmatrix} \qquad \vec{AC}\begin{pmatrix}0-(-3)\\1-1\\-1-4\end{pmatrix} = \begin{pmatrix}3\\0\\-5\end{pmatrix}

Remarque : AC\vec{AC} est précisément le vecteur directeur de (d)(d) — cohérent avec la question 1, qui montrait que (d)(d) passe par AA.

Produit scalaire.

ABAC=4×3+4×0+(2)×(5)=12+0+10=22\vec{AB} \cdot \vec{AC} = 4 \times 3 + 4 \times 0 + (-2) \times (-5) = 12 + 0 + 10 = 22

Il est non nul : l'angle n'est pas droit. Réponse a écartée.
Il est positif : l'angle est aigu.

Normes.

AB=16+16+4=36=6AC=9+0+25=34\left\|\vec{AB}\right\| = \sqrt{16 + 16 + 4} = \sqrt{36} = 6 \qquad \left\|\vec{AC}\right\| = \sqrt{9 + 0 + 25} = \sqrt{34}

Cosinus de l'angle.

cosBAC^=ABACAB×AC=226342234,990,6288\cos\widehat{BAC} = \frac{\vec{AB} \cdot \vec{AC}}{\left\|\vec{AB}\right\| \times \left\|\vec{AC}\right\|} = \frac{22}{6\sqrt{34}} \approx \frac{22}{34{,}99} \approx 0{,}6288

BAC^=arccos(0,6288)51,04°\widehat{BAC} = \arccos(0{,}6288) \approx 51{,}04°

BAC^51°\boxed{\widehat{BAC} \approx 51°}

Comment éliminer sans calculatrice : le produit scalaire est non nul, donc 90°90° est faux ; les vecteurs ne sont pas colinéaires, donc 0° est faux. Restent 39°39° et 51°51° — et là, il faut calculer.

Exercice 3 — Fonction logarithme, TVI et suite récurrente (6 points)

On considère la fonction ff définie sur l'intervalle ]1;+[]-1\,;+\infty[ par

f(x)=4ln(x+1)x225f(x) = 4\ln(x + 1) - \frac{x^2}{25}

On admet que ff est dérivable sur ]1;+[]-1\,;+\infty[.

Partie A — Étude de la fonction ff

A.1
Déterminer la limite de la fonction ff en 1-1.
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Quand x1+x \to -1^+, on a x+10+x + 1 \to 0^+, donc :

ln(x+1)d’ouˋ4ln(x+1)\ln(x + 1) \longrightarrow -\infty \quad \text{d'où} \quad 4\ln(x+1) \longrightarrow -\infty

Et le second terme tend vers une valeur finie :

x225(1)225=125\frac{x^2}{25} \longrightarrow \frac{(-1)^2}{25} = \frac{1}{25}

Par somme — il n'y a aucune indétermination :

limx1+f(x)=\boxed{\lim_{x \to -1^+} f(x) = -\infty}

Interprétation graphique : la droite d'équation x=1x = -1 est asymptote verticale à la courbe de ff.
A.2
Montrer que, pour tout x]1;+[x \in\, ]-1\,;+\infty[ :
f(x)=1002x2x225(x+1)f'(x) = \frac{100 - 2x - 2x^2}{25(x+1)}
Afficher la correction
Dérivation terme à terme. La dérivée de ln(u)\ln(u) est uu\dfrac{u'}{u}, ici avec u=x+1u = x + 1 et u=1u' = 1 :

f(x)=4×1x+12x25=4x+12x25f'(x) = 4 \times \frac{1}{x+1} - \frac{2x}{25} = \frac{4}{x+1} - \frac{2x}{25}

Mise au même dénominateur, à savoir 25(x+1)25(x+1) :

f(x)=4×2525(x+1)2x(x+1)25(x+1)=1002x(x+1)25(x+1)f'(x) = \frac{4 \times 25}{25(x+1)} - \frac{2x(x+1)}{25(x+1)} = \frac{100 - 2x(x+1)}{25(x+1)}

Développement du numérateur :

1002x(x+1)=1002x22x100 - 2x(x+1) = 100 - 2x^2 - 2x

f(x)=1002x2x225(x+1)\boxed{f'(x) = \frac{100 - 2x - 2x^2}{25(x+1)}} \blacksquare
A.3
Étudier les variations de ff sur ]1;+[]-1\,;+\infty[, puis en déduire que ff est strictement croissante sur l'intervalle [2;6,5][2\,;6{,}5].
Afficher la correction
Signe du dénominateur. Sur ]1;+[]-1\,;+\infty[, on a x+1>0x + 1 > 0, donc 25(x+1)>025(x+1) > 0.

Le signe de ff' est donc celui du numérateur 2x22x+100-2x^2 - 2x + 100.

Racines du trinôme. On résout 2x22x+100=0-2x^2 - 2x + 100 = 0, soit, en divisant par 2-2 :

x2+x50=0x^2 + x - 50 = 0

Δ=124×1×(50)=1+200=201>0\Delta = 1^2 - 4 \times 1 \times (-50) = 1 + 200 = 201 > 0

x1=120127,59x2=1+20126,589x_1 = \frac{-1 - \sqrt{201}}{2} \approx -7{,}59 \qquad x_2 = \frac{-1 + \sqrt{201}}{2} \approx 6{,}589

Attention au domaine : la racine x17,59x_1 \approx -7{,}59 n'appartient pas à ]1;+[]-1\,;+\infty[ — elle est donc sans objet ici.

Signe. Le trinôme 2x22x+100-2x^2 - 2x + 100 a un coefficient dominant a=2<0a = -2 < 0 : il est positif entre ses racines, négatif à l'extérieur.

xx1-1x26,589x_2 \approx 6{,}589++\infty
signe de f(x)f'(x)++00-
variations de ff-\infty\nearrowmax\searrow


f est croissante sur ]1;1+2012] puis deˊcroissantef \text{ est croissante sur } \left]-1\,;\frac{-1+\sqrt{201}}{2}\right] \text{ puis décroissante}

Conclusion sur [2;6,5][2\,;6{,}5]. Le point-clé :

6,5<6,5891+20126{,}5 < 6{,}589 \approx \frac{-1 + \sqrt{201}}{2}

L'intervalle [2;6,5][2\,;6{,}5] est donc entièrement contenu dans la zone où f>0f' > 0 :

f est strictement croissante sur [2;6,5]\boxed{f \text{ est strictement croissante sur } [2\,;6{,}5]}

La marge est faible — 6,56{,}5 contre 6,5896{,}589 — et c'est voulu : le sujet vérifie qu'on situe bien la racine et qu'on ne se contente pas d'une valeur approchée grossière.
A.4
On considère hh définie sur [2;6,5][2\,;6{,}5] par h(x)=f(x)xh(x) = f(x) - x. Son tableau de variations montre que hh croît puis décroît sur cet intervalle.

Montrer que l'équation h(x)=0h(x) = 0 admet une unique solution α[2;6,5]\alpha \in [2\,;6{,}5].
Afficher la correction
Valeurs aux bornes.

h(2)=f(2)2=4ln342524,39440,162h(2) = f(2) - 2 = 4\ln 3 - \frac{4}{25} - 2 \approx 4{,}3944 - 0{,}16 - 2

h(2)2,234>0h(2) \approx 2{,}234 > 0

h(6,5)=f(6,5)6,5=4ln(7,5)42,25256,58,05961,696,5h(6{,}5) = f(6{,}5) - 6{,}5 = 4\ln(7{,}5) - \frac{42{,}25}{25} - 6{,}5 \approx 8{,}0596 - 1{,}69 - 6{,}5

h(6,5)0,130<0h(6{,}5) \approx -0{,}130 < 0

Raisonnement en deux temps, en s'appuyant sur le tableau de variations.

Sur la partie croissante (de 22 jusqu'au maximum) : hh part de h(2)2,234>0h(2) \approx 2{,}234 > 0 et augmente. Elle reste donc strictement positive — aucune solution sur cette portion.

Sur la partie décroissante (du maximum jusqu'à 6,56{,}5) : hh est continue (somme de fonctions continues) et strictement décroissante. Elle part d'une valeur >0> 0 (le maximum) pour arriver à h(6,5)0,130<0h(6{,}5) \approx -0{,}130 < 0.

Or 00 est compris entre ces deux valeurs. D'après le théorème des valeurs intermédiaires appliqué à une fonction strictement monotone (corollaire du TVI), l'équation h(x)=0h(x) = 0 admet une solution, et une seule, sur cette portion.

h(x)=0 admet une unique solution α dans [2;6,5]\boxed{h(x) = 0 \text{ admet une unique solution } \alpha \text{ dans } [2\,;6{,}5]}

α6,366\alpha \approx 6{,}366

Pourquoi il faut découper l'intervalle : le TVI seul donne l'existence. C'est la stricte monotonie qui donne l'unicité — et hh n'est pas monotone sur tout [2;6,5][2\,;6{,}5]. D'où le raisonnement en deux morceaux.
A.5
On considère le script Python suivant :

from math import *

def f(x):
return 4*log(1+x) - (x**2)/25

def bornes(n):
p = 1/10**n
x = 6
while f(x) - x > 0 :
x = x + p
return (x-p, x)

a. Donner les valeurs renvoyées par bornes(2). (Arrondies au centième.)
b. Interpréter ces valeurs dans le contexte de l'exercice.
Afficher la correction
a. Exécution du script. Avec n=2n = 2, le pas vaut p=1102=0,01p = \dfrac{1}{10^2} = 0{,}01. La variable x part de 66 et avance de 0,010{,}01 tant que h(x)=f(x)x>0h(x) = f(x) - x > 0.

On sort de la boucle dès que h(x)0h(x) \leqslant 0, c'est-à-dire dès qu'on a dépassé α\alpha.

Comme h(6)0,344>0h(6) \approx 0{,}344 > 0, la boucle démarre. Elle s'arrête pour :

x=6,37carh(6,36)>0  et  h(6,37)<0x = 6{,}37 \qquad \text{car} \qquad h(6{,}36) > 0 \ \text{ et } \ h(6{,}37) < 0

Le script renvoie alors le couple (xp; x)(x - p\,;\ x) :

bornes(2)=(6,36 ; 6,37)\boxed{\texttt{bornes(2)} = (6{,}36\ ;\ 6{,}37)}

b. Interprétation. Ces deux valeurs encadrent α\alpha à 10210^{-2} près :

6,36<α<6,37\boxed{6{,}36 < \alpha < 6{,}37}

6,366{,}36 est la dernière valeur pour laquelle h>0h > 0 : elle est donc avant α\alpha ;
6,376{,}37 est la première pour laquelle h0h \leqslant 0 : elle est donc après α\alpha.

C'est la méthode du balayage : on avance par pas fixes jusqu'à changer de signe, ce qui donne un encadrement de la racine à la précision du pas. Le paramètre n règle cette précision : bornes(3) donnerait un encadrement à 10310^{-3}.

Contrôle : la valeur réelle est α6,3665\alpha \approx 6{,}3665, bien dans l'encadrement

Partie B — Étude de la suite

B.1
On considère la suite (un)(u_n) définie par u0=2u_0 = 2 et, pour tout entier naturel nn, un+1=f(un)u_{n+1} = f(u_n).

Montrer par récurrence que, pour tout entier naturel nn :
2unun+1<6,52 \leqslant u_n \leqslant u_{n+1} < 6{,}5
Afficher la correction
Notons P(n)\mathcal{P}(n) la propriété : « 2unun+1<6,52 \leqslant u_n \leqslant u_{n+1} < 6{,}5 ».

Initialisation (n=0n = 0). On a u0=2u_0 = 2 et

u1=f(2)=4ln34254,39440,164,234u_1 = f(2) = 4\ln 3 - \frac{4}{25} \approx 4{,}3944 - 0{,}16 \approx 4{,}234

On vérifie bien :

224,234<6,52 \leqslant 2 \leqslant 4{,}234 < 6{,}5 \qquad \checkmark

P(0)\mathcal{P}(0) est vraie.

Hérédité. Supposons P(n)\mathcal{P}(n) vraie pour un entier nn fixé : 2unun+1<6,52 \leqslant u_n \leqslant u_{n+1} < 6{,}5.

D'après la question A.3, ff est strictement croissante sur [2;6,5][2\,;6{,}5] — elle conserve donc l'ordre. Comme tous les termes de l'encadrement appartiennent à cet intervalle, on peut appliquer ff :

f(2)f(un)f(un+1)<f(6,5)f(2) \leqslant f(u_n) \leqslant f(u_{n+1}) < f(6{,}5)

Or f(un)=un+1f(u_n) = u_{n+1} et f(un+1)=un+2f(u_{n+1}) = u_{n+2}, par définition de la suite. Calculons les deux bornes :

f(2)4,234f(6,5)=4ln(7,5)42,25256,370f(2) \approx 4{,}234 \qquad f(6{,}5) = 4\ln(7{,}5) - \frac{42{,}25}{25} \approx 6{,}370

L'encadrement devient :

4,234un+1un+2<6,3704{,}234 \leqslant u_{n+1} \leqslant u_{n+2} < 6{,}370

Il reste à recoller aux bornes voulues :

• à gauche : 24,2342 \leqslant 4{,}234, donc a fortiori 2un+12 \leqslant u_{n+1}
• à droite : 6,370<6,56{,}370 < 6{,}5, donc a fortiori un+2<6,5u_{n+2} < 6{,}5

2un+1un+2<6,52 \leqslant u_{n+1} \leqslant u_{n+2} < 6{,}5

C'est exactement P(n+1)\mathcal{P}(n+1)

Conclusion. Par récurrence, P(n)\mathcal{P}(n) est vraie pour tout entier naturel nn. \blacksquare

Le point qui fait toute la démonstration : c'est la croissance de ff sur [2;6,5][2\,;6{,}5] — établie en A.3 — qui autorise à appliquer ff à un encadrement sans en changer le sens. Sans elle, l'hérédité s'effondre.

Et le fait que f(6,5)6,370<6,5f(6{,}5) \approx 6{,}370 < 6{,}5 n'est pas un hasard : c'est ce qui garantit que la suite ne sort jamais de l'intervalle.
B.2
En déduire que la suite (un)(u_n) converge vers une limite \ell.
Afficher la correction
L'encadrement démontré contient deux informations distinctes :

unun+1u_n \leqslant u_{n+1} pour tout nn : la suite est croissante ;
un<6,5u_n < 6{,}5 pour tout nn : la suite est majorée par 6,56{,}5.

D'après le théorème de convergence monotone, toute suite croissante et majorée converge.

(un) converge vers une limite \boxed{(u_n) \text{ converge vers une limite } \ell}

Attention : ce théorème donne l'existence de la limite, pas sa valeur. C'est l'objet de la question suivante.
B.3
On rappelle que α\alpha, défini en partie A, est l'unique solution de h(x)=0h(x) = 0 sur [2;6,5][2\,;6{,}5].

Justifier que =α\ell = \alpha.
Afficher la correction
Étape 1 — la limite est un point fixe de ff. La fonction ff est continue sur [2;6,5][2\,;6{,}5] (somme d'un logarithme et d'un polynôme). En passant à la limite dans la relation un+1=f(un)u_{n+1} = f(u_n) :

• le membre de gauche un+1u_{n+1} \to \ell ;
• le membre de droite f(un)f()f(u_n) \to f(\ell), par continuité de ff.

=f()\boxed{\ell = f(\ell)}

Étape 2 — la limite appartient à l'intervalle. D'après l'encadrement de B.1, tous les termes vérifient 2un<6,52 \leqslant u_n < 6{,}5. Par passage à la limite (les inégalités larges sont conservées) :

26,52 \leqslant \ell \leqslant 6{,}5

Étape 3 — identification. La relation =f()\ell = f(\ell) se réécrit :

f()=0    h()=0f(\ell) - \ell = 0 \iff h(\ell) = 0

Ainsi \ell est une solution de h(x)=0h(x) = 0 appartenant à [2;6,5][2\,;6{,}5]. Or la question A.4 a établi que cette équation admet une unique solution sur cet intervalle, à savoir α\alpha.

=α6,37\boxed{\ell = \alpha \approx 6{,}37}

C'est ici que l'unicité démontrée en A.4 devient indispensable : sans elle, on saurait seulement que \ell est une solution, sans pouvoir l'identifier à α\alpha. Les deux parties du problème s'emboîtent exactement.

Exercice 4 — Équation différentielle — croissance d'une population de bactéries (4 points)

On considère l'équation différentielle

(E1):y+0,48y=1250(E_1) : \quad y' + 0{,}48\,y = \frac{1}{250}

yy est une fonction de la variable tt définie sur [0;+[[0\,;+\infty[.

Partie A — Résolution de (E1)(E_1)

A.1
On considère la fonction constante hh définie sur [0;+[[0\,;+\infty[ par h(t)=1120h(t) = \dfrac{1}{120}.

Montrer que hh est solution de l'équation différentielle (E1)(E_1).
Afficher la correction
Il suffit d'injecter hh dans l'équation et de vérifier l'égalité.

Dérivée. hh est constante, donc :

h(t)=0h'(t) = 0

Membre de gauche de (E1)(E_1) :

h(t)+0,48h(t)=0+0,48×1120=0,48120h'(t) + 0{,}48\,h(t) = 0 + 0{,}48 \times \frac{1}{120} = \frac{0{,}48}{120}

Calcul :

0,48120=4812000=41000=0,004=1250\frac{0{,}48}{120} = \frac{48}{12\,000} = \frac{4}{1\,000} = 0{,}004 = \frac{1}{250}

C'est exactement le second membre de (E1)(E_1) :

h est une solution particulieˋre de (E1)\boxed{h \text{ est une solution particulière de } (E_1)} \blacksquare

Cette solution constante est la solution d'équilibre : elle correspond à l'état où plus rien ne varie.
A.2
Donner la forme générale des solutions de l'équation différentielle y+0,48y=0y' + 0{,}48\,y = 0.
Afficher la correction
On réécrit l'équation sous la forme du cours y=ayy' = ay :

y+0,48y=0    y=0,48yy' + 0{,}48\,y = 0 \iff y' = -0{,}48\,y

C'est y=ayy' = ay avec a=0,48a = -0{,}48. D'après le cours :

y(t)=Ce0,48t,CR\boxed{y(t) = C\,e^{-0{,}48\,t}, \qquad C \in \mathbb{R}}

Il s'agit de l'équation homogène associée à (E1)(E_1) — celle obtenue en remplaçant le second membre par 00.
A.3
En déduire l'ensemble des solutions de l'équation différentielle (E1)(E_1).
Afficher la correction
Le principe (structure des solutions d'une équation différentielle linéaire) :

solution geˊneˊrale de (E1) = une solution particulieˋre + solution geˊneˊrale de l’eˊquation homogeˋne\text{solution générale de } (E_1) \ = \ \text{une solution particulière} \ + \ \text{solution générale de l'équation homogène}

On dispose des deux morceaux : h(t)=1120h(t) = \dfrac{1}{120} (question 1) et Ce0,48tCe^{-0{,}48t} (question 2).

y(t)=Ce0,48t+1120,CR\boxed{y(t) = C\,e^{-0{,}48\,t} + \frac{1}{120}, \qquad C \in \mathbb{R}}

Contrôle : on peut retrouver ce résultat par la formule directe. Pour y=ay+by' = ay + b, les solutions sont y=Ceatbay = Ce^{at} - \dfrac{b}{a}. Ici a=0,48a = -0{,}48 et b=1250b = \dfrac{1}{250} :

ba=1/2500,48=1250×0,48=1120-\frac{b}{a} = -\frac{1/250}{-0{,}48} = \frac{1}{250 \times 0{,}48} = \frac{1}{120} \qquad \checkmark

Partie B — Application aux bactéries

B.1
On étudie une population de bactéries. À l'instant t=0t = 0, on introduit 3000030\,000 bactéries. On note p(t)p(t) la quantité de bactéries, en milliers d'individus, après un temps tt en heures. Ainsi p(0)=30p(0) = 30.

La fonction pp est dérivable, strictement positive, et solution de

(E2):p=1250p(120p)(E_2) : \quad p' = \frac{1}{250}\,p\,(120 - p)

Soit yy la fonction strictement positive telle que p(t)=1y(t)p(t) = \dfrac{1}{y(t)}.

Montrer que si pp est solution de (E2)(E_2), alors yy est solution de (E1)(E_1).
Afficher la correction
Pourquoi ce changement de fonction ? L'équation (E2)(E_2) n'est pas de la forme y=ay+by' = ay + b : le produit p(120p)p(120 - p) contient un p2p^2, et ce type d'équation n'est pas au programme. Le passage à y=1py = \dfrac{1}{p} est l'astuce qui ramène le problème à une équation connue.

Dérivation de yy. On a y=1py = \dfrac{1}{p}, de la forme 1u\dfrac{1}{u}, dont la dérivée est uu2-\dfrac{u'}{u^2}. C'est licite car pp est strictement positive, donc ne s'annule pas — l'hypothèse de l'énoncé sert exactement à cela :

y(t)=p(t)p(t)2y'(t) = -\frac{p'(t)}{p(t)^2}

Utilisation de (E2)(E_2). On remplace pp' par son expression :

y(t)=1250p(120p)p2=1250×120ppy'(t) = -\frac{\dfrac{1}{250}\,p\,(120 - p)}{p^2} = -\frac{1}{250} \times \frac{120 - p}{p}

On développe, et le 1p\dfrac{1}{p} fait réapparaître yy :

y(t)=1250×120p+1250×pp=120250×1p= y+1250y'(t) = -\frac{1}{250} \times \frac{120}{p} + \frac{1}{250} \times \frac{p}{p} = -\frac{120}{250} \times \underbrace{\frac{1}{p}}_{=\ y} + \frac{1}{250}

Le coefficient tombe juste :

120250=0,48\frac{120}{250} = 0{,}48

y(t)=0,48y(t)+1250y'(t) = -0{,}48\,y(t) + \frac{1}{250}

En réarrangeant :

y+0,48y=1250\boxed{y' + 0{,}48\,y = \frac{1}{250}}

yy est bien solution de (E1)(E_1). \blacksquare
B.2
On admet la réciproque : si yy est une solution strictement positive de (E1)(E_1), alors p=1yp = \dfrac{1}{y} est solution de (E2)(E_2).

Montrer que, pour tout t[0;+[t \in [0\,;+\infty[ :
p(t)=1201+Ke0,48tavec K une constante reˊelle.p(t) = \frac{120}{1 + K\,e^{-0{,}48\,t}} \quad \text{avec } K \text{ une constante réelle.}
Afficher la correction
D'après la partie A, les solutions de (E1)(E_1) sont :

y(t)=Ce0,48t+1120y(t) = C\,e^{-0{,}48\,t} + \frac{1}{120}

Comme p=1yp = \dfrac{1}{y} :

p(t)=1Ce0,48t+1120p(t) = \frac{1}{C\,e^{-0{,}48\,t} + \dfrac{1}{120}}

Mise sous la forme attendue. On met le dénominateur au même dénominateur, à savoir 120120 :

Ce0,48t+1120=120Ce0,48t+1120C\,e^{-0{,}48t} + \frac{1}{120} = \frac{120\,C\,e^{-0{,}48t} + 1}{120}

En inversant :

p(t)=120120Ce0,48t+1p(t) = \frac{120}{120\,C\,e^{-0{,}48\,t} + 1}

On pose K=120CK = 120\,C, qui est bien une constante réelle :

p(t)=1201+Ke0,48t\boxed{p(t) = \frac{120}{1 + K\,e^{-0{,}48\,t}}} \blacksquare

Ce changement de constante n'est pas cosmétique : il fait apparaître le 11 au dénominateur, ce qui rendra le calcul de KK immédiat à la question suivante.
B.3
En utilisant la condition initiale, déterminer la valeur de KK.
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On sait que p(0)=30p(0) = 30 (soit 3000030\,000 bactéries à l'instant initial).

Évaluation en t=0t = 0. Comme e0=1e^{0} = 1 :

p(0)=1201+K×1=1201+Kp(0) = \frac{120}{1 + K \times 1} = \frac{120}{1 + K}

Équation à résoudre :

1201+K=30    120=30(1+K)    1+K=12030=4\frac{120}{1 + K} = 30 \iff 120 = 30\,(1 + K) \iff 1 + K = \frac{120}{30} = 4

K=3\boxed{K = 3}

Expression finale de pp :

p(t)=1201+3e0,48tp(t) = \frac{120}{1 + 3\,e^{-0{,}48\,t}}

Vérification : p(0)=1201+3=1204=30p(0) = \dfrac{120}{1 + 3} = \dfrac{120}{4} = 30
B.4
Déterminer limt+p(t)\lim\limits_{t \to +\infty} p(t). En donner une interprétation dans le contexte de l'exercice.
Afficher la correction
Quand t+t \to +\infty, on a 0,48t-0{,}48\,t \to -\infty, donc :

e0,48t0e^{-0{,}48\,t} \longrightarrow 0

Le dénominateur tend alors vers 1+3×0=11 + 3 \times 0 = 1 :

limt+p(t)=1201=120\boxed{\lim_{t \to +\infty} p(t) = \frac{120}{1} = 120}

Interprétation. La population de bactéries tend vers 120120 milliers d'individus, soit

120000 bacteˊries\boxed{120\,000 \text{ bactéries}}

sans jamais dépasser cette valeur. C'est la capacité d'accueil du milieu de culture : les ressources disponibles ne permettent pas d'aller au-delà.

Cela se lit directement dans l'équation (E2)(E_2) : p=1250p(120p)p' = \dfrac{1}{250}\,p\,(120 - p). Lorsque pp approche 120120, le facteur (120p)(120 - p) tend vers 00, donc p0p' \to 0 : la croissance s'arrête d'elle-même. C'est le mécanisme d'une croissance logistique — démarrage lent, accélération, puis saturation.

Graphiquement, la droite y=120y = 120 est asymptote horizontale à la courbe de pp.
B.5
Déterminer le temps nécessaire pour que la population de bactéries dépasse 6000060\,000 individus. (Résultat en heures et minutes.)
Afficher la correction
Attention à l'unité : pp est exprimée en milliers d'individus. « Dépasser 6000060\,000 bactéries » se traduit donc par p(t)>60p(t) > 60, et non p(t)>60000p(t) > 60\,000.

Résolution. Le dénominateur 1+3e0,48t1 + 3e^{-0{,}48t} est strictement positif (somme de 11 et d'une exponentielle positive) : on peut multiplier les deux membres par lui sans changer le sens de l'inégalité.

1201+3e0,48t>60    120>60(1+3e0,48t)\frac{120}{1 + 3e^{-0{,}48t}} > 60 \iff 120 > 60\left(1 + 3e^{-0{,}48t}\right)

2>1+3e0,48t    3e0,48t<1    e0,48t<132 > 1 + 3e^{-0{,}48t} \iff 3e^{-0{,}48t} < 1 \iff e^{-0{,}48t} < \frac{1}{3}

On compose par ln\ln, strictement croissante (le sens est conservé) :

0,48t<ln(13)=ln3-0{,}48\,t < \ln\left(\frac{1}{3}\right) = -\ln 3

On divise par 0,48-0{,}48, qui est négatif : le sens de l'inégalité change !

t>ln30,48t > \frac{\ln 3}{0{,}48}

Valeur numérique.

t>1,09860,482,2888 heurest > \frac{1{,}0986}{0{,}48} \approx 2{,}2888 \ \text{heures}

Conversion en heures et minutes. La partie décimale 0,28880{,}2888 heure vaut :

0,2888×6017,3 minutes0{,}2888 \times 60 \approx 17{,}3 \ \text{minutes}

t2 h 17 min\boxed{t \approx 2 \ \text{h} \ 17 \ \text{min}}

Interprétation : il faut un peu plus de 2 heures et 17 minutes pour que la population double, passant de 3000030\,000 à 6000060\,000 bactéries.

Deux pièges dans cette question :
l'unité — répondre p(t)>60000p(t) > 60\,000 mène à une inéquation sans solution ;
le sens de l'inégalité — oublier de l'inverser en divisant par 0,48-0{,}48 donnerait t<2,29t < 2{,}29 h, l'exact contraire, et une interprétation absurde puisque la population est croissante.

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Ce sujet mobilise 9 notions du programme de Terminale. Chacune dispose d'un cours complet, d'une fiche de révision et d'exercices corrigés :