Bac Maths 2025 Asie Jour 1

11 juin 2025 — 4 exercices — 20 points — épreuve de spécialité

Correction rédigée par Maths Facile — 27 questions détaillées. Chaque résultat numérique de cette page a été recalculé indépendamment avec un moteur de calcul formel avant publication.

Énoncé : sujet officiel de l'épreuve de spécialité mathématiques, session 11 juin 2025.

Exercice 1 — Vrai / Faux — géométrie dans l'espace (5 points)

L'espace est rapporté à un repère orthonormé (O;ı,ȷ,k)\left(O\,;\vec{\imath},\vec{\jmath},\vec{k}\right). On considère :

α\alpha un réel quelconque ;
• les points A(1;1;0)A(1\,;1\,;0), B(2;1;0)B(2\,;1\,;0) et C(α;3;α)C(\alpha\,;3\,;\alpha) ;
• la droite (d)(d) de représentation paramétrique
{x=1+ty=2tz=tavec tR\left\{\begin{array}{l} x = 1 + t \\ y = 2t \\ z = -t \end{array}\right. \quad \text{avec } t \in \mathbb{R}

Pour chacune des affirmations, préciser si elle est vraie ou fausse, puis justifier. Une réponse non argumentée n'est pas prise en compte.

Deux vecteurs utiles pour tout l'exercice :
AB(100)AC(α12α)u(121) (directeur de (d))\vec{AB}\begin{pmatrix}1\\0\\0\end{pmatrix} \qquad \vec{AC}\begin{pmatrix}\alpha - 1\\2\\\alpha\end{pmatrix} \qquad \vec{u}\begin{pmatrix}1\\2\\-1\end{pmatrix} \ \text{(directeur de } (d))
1
Affirmation 1 : pour toutes les valeurs de α\alpha, les points AA, BB et CC définissent un plan, et un vecteur normal à ce plan est ȷ(010)\vec{\jmath}\begin{pmatrix}0\\1\\0\end{pmatrix}.
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FAUSSE\boxed{\textbf{FAUSSE}}

L'affirmation contient DEUX assertions. Il faut les traiter séparément — et c'est là que le sujet piège.

Première assertion : AA, BB, CC définissent-ils toujours un plan ? Oui. Trois points définissent un plan si et seulement si AB\vec{AB} et AC\vec{AC} ne sont pas colinéaires.

Or AB\vec{AB} a sa deuxième coordonnée nulle, tandis que AC\vec{AC} a sa deuxième coordonnée égale à 2\mathbf{2}, quelle que soit la valeur de α\alpha. Ils ne peuvent donc jamais être colinéaires.

Cette premieˋre partie est VRAIE, pour tout α\text{Cette première partie est VRAIE, pour tout } \alpha

Seconde assertion : ȷ\vec{\jmath} est-il normal à ce plan ? Pour cela, il devrait être orthogonal à deux vecteurs non colinéaires du plan — donc à AB\vec{AB} et à AC\vec{AC}.

ȷAB=0×1+1×0+0×0=0\vec{\jmath} \cdot \vec{AB} = 0 \times 1 + 1 \times 0 + 0 \times 0 = 0 \qquad \checkmark

Celui-ci est nul — et c'est précisément ce qui rend l'affirmation crédible.

ȷAC=0×(α1)+1×2+0×α=20\vec{\jmath} \cdot \vec{AC} = 0 \times (\alpha - 1) + 1 \times 2 + 0 \times \alpha = \boxed{2 \neq 0}

Le second produit scalaire n'est pas nul, et cela quelle que soit la valeur de α\alpha. Le vecteur ȷ\vec{\jmath} n'est donc jamais normal au plan (ABC)(ABC).

Une affirmation dont une partie est fausse est fausse.

La leçon : vérifier un seul produit scalaire ne prouve rien. Ici, s'arrêter après ȷAB=0\vec{\jmath}\cdot\vec{AB} = 0 conduisait tout droit à la mauvaise réponse.
2
Affirmation 2 : il existe exactement une valeur de α\alpha telle que les droites (AC)(AC) et (d)(d) soient parallèles.
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FAUSSE\boxed{\textbf{FAUSSE}}

Ce qu'il faut chercher. (AC)(AC) et (d)(d) sont parallèles si et seulement si leurs vecteurs directeurs sont colinéaires, c'est-à-dire s'il existe un réel kk tel que AC=ku\vec{AC} = k\,\vec{u} :

(α12α)=k(121)    {α1=k2=2kα=k\begin{pmatrix}\alpha - 1\\2\\\alpha\end{pmatrix} = k\begin{pmatrix}1\\2\\-1\end{pmatrix} \iff \left\{\begin{array}{l} \alpha - 1 = k \\ 2 = 2k \\ \alpha = -k \end{array}\right.

Résolution — commencer par l'équation la plus simple. La deuxième donne immédiatement :

2=2k    k=12 = 2k \iff k = 1

On reporte dans les deux autres :

• première équation : α1=1\alpha - 1 = 1, donc α=2\alpha = 2 ;
• troisième équation : α=k=1\alpha = -k = -1.

α=2ETα=1 : contradiction\boxed{\alpha = 2 \quad \text{ET} \quad \alpha = -1 \ : \ \text{contradiction}}

Le système est incompatible. Il n'existe donc aucune valeur de α\alpha rendant les droites parallèles.

L'affirmation annonce « exactement une » valeur : elle est donc fausse.

Le piège est subtil : la réponse n'est pas « il y en a plusieurs », mais « il n'y en a aucune ». Un candidat pressé qui trouve α=2\alpha = 2 par la première équation, sans vérifier la troisième, répond « vraie » — et se trompe.
3
Affirmation 3 : une mesure de l'angle OAB^\widehat{OAB} est 135°135°.
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VRAIE\boxed{\textbf{VRAIE}}

Les vecteurs partant de A(1;1;0)A(1\,;1\,;0), sommet de l'angle :

AO(010100)=(110)AB(100)\vec{AO}\begin{pmatrix}0-1\\0-1\\0-0\end{pmatrix} = \begin{pmatrix}-1\\-1\\0\end{pmatrix} \qquad \vec{AB}\begin{pmatrix}1\\0\\0\end{pmatrix}

Produit scalaire :

AOAB=(1)×1+(1)×0+0×0=1\vec{AO} \cdot \vec{AB} = (-1) \times 1 + (-1) \times 0 + 0 \times 0 = -1

Il est négatif : l'angle est obtus. C'est déjà cohérent avec 135°135°.

Normes :

AO=(1)2+(1)2+02=2AB=1=1\left\|\vec{AO}\right\| = \sqrt{(-1)^2 + (-1)^2 + 0^2} = \sqrt{2} \qquad \left\|\vec{AB}\right\| = \sqrt{1} = 1

Cosinus :

cosOAB^=AOABAO×AB=12×1=12=22\cos\widehat{OAB} = \frac{\vec{AO} \cdot \vec{AB}}{\left\|\vec{AO}\right\| \times \left\|\vec{AB}\right\|} = \frac{-1}{\sqrt{2} \times 1} = -\frac{1}{\sqrt{2}} = -\frac{\sqrt{2}}{2}

C'est une valeur remarquable :

OAB^=135°\boxed{\widehat{OAB} = 135°}

Le réflexe : reconnaître 22-\dfrac{\sqrt{2}}{2} évite de sortir la calculatrice. C'est le cosinus de 135°135°, exactement l'opposé de celui de 45°45°.
4
Affirmation 4 : le projeté orthogonal du point AA sur la droite (d)(d) est le point H(1;2;2)H(1\,;2\,;2).
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FAUSSE\boxed{\textbf{FAUSSE}}

La vérification la plus rapide, et de très loin : avant même de parler d'orthogonalité, le projeté orthogonal de AA sur (d)(d) appartient à (d)(d). C'est le minimum exigible.

Le point HH est-il sur (d)(d) ? Il faudrait trouver un réel tt tel que :

{1+t=12t=2t=2\left\{\begin{array}{l} 1 + t = 1 \\ 2t = 2 \\ -t = 2 \end{array}\right.

• la première équation donne t=0t = 0 ;
• la deuxième donne t=1t = 1 ;
• la troisième donne t=2t = -2.

Trois valeurs de t incompatibles\boxed{\text{Trois valeurs de } t \text{ incompatibles}}

Le système n'a aucune solution : le point H(1;2;2)H(1\,;2\,;2) n'appartient même pas à la droite (d)(d). Il ne peut donc en aucun cas être le projeté orthogonal de AA sur (d)(d).

Le réflexe qui fait gagner cinq minutes : dès qu'un énoncé propose un point comme projeté sur une droite, tester d'abord s'il est sur la droite. Se lancer dans le calcul de AHu\vec{AH} \cdot \vec{u} (qui vaut d'ailleurs 0+24=200 + 2 - 4 = -2 \neq 0, donc échoue aussi) est plus long et moins décisif.

Pour information, le vrai projeté orthogonal de AA sur (d)(d) s'obtient en résolvant AMu=0\vec{AM} \cdot \vec{u} = 0M(1+t;2t;t)M(1+t\,;2t\,;-t).
5
Affirmation 5 : la sphère de centre OO et de rayon 11 rencontre la droite (d)(d) en deux points distincts.

On rappelle que la sphère de centre Ω\Omega et de rayon rr est l'ensemble des points situés à une distance rr de Ω\Omega.
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VRAIE\boxed{\textbf{VRAIE}}

Mise en équation. Un point MM de la droite (d)(d) a pour coordonnées M(1+t; 2t; t)M(1 + t\,;\ 2t\,;\ -t).

MM appartient à la sphère si et seulement si OM=1OM = 1. Pour éviter la racine carrée, on travaille avec le carré de la distance :

OM2=1    (1+t)2+(2t)2+(t)2=1OM^2 = 1 \iff (1+t)^2 + (2t)^2 + (-t)^2 = 1

Développement :

1+2t+t2(1+t)2+4t2+t2=1\underbrace{1 + 2t + t^2}_{(1+t)^2} + 4t^2 + t^2 = 1

6t2+2t+1=16t^2 + 2t + 1 = 1

6t2+2t=06t^2 + 2t = 0

Résolution — factoriser, surtout ne pas diviser par tt :

t(6t+2)=0    t=0out=13t\,(6t + 2) = 0 \iff t = 0 \quad \text{ou} \quad t = -\frac{1}{3}

Deux valeurs distinctes de tt, donc deux points distincts :

t=0  M1(1;0;0)t=13  M2(23;23;13)\boxed{\begin{array}{l} t = 0 \ \longrightarrow \ M_1(1\,;0\,;0) \\[4pt] t = -\tfrac{1}{3} \ \longrightarrow \ M_2\left(\tfrac{2}{3}\,;-\tfrac{2}{3}\,;\tfrac{1}{3}\right) \end{array}}

Vérification des deux points :

OM1=1+0+0=1OM_1 = \sqrt{1 + 0 + 0} = 1 \qquad \checkmark

OM2=49+49+19=99=1OM_2 = \sqrt{\frac{4}{9} + \frac{4}{9} + \frac{1}{9}} = \sqrt{\frac{9}{9}} = 1 \qquad \checkmark

L'erreur classique : diviser l'équation 6t2+2t=06t^2 + 2t = 0 par tt pour obtenir 6t+2=06t + 2 = 0. On perd alors la solution t=0t = 0 — et on conclut, à tort, qu'il n'y a qu'un seul point d'intersection.

Exercice 2 — Probabilités — contrôle de conformité de jouets (5 points)

Une entreprise de jouets effectue deux tests avant commercialisation : un test de fabrication et un test de sécurité. Après un grand nombre de vérifications :

95 %95\ \% des jouets réussissent le test de fabrication ;
• parmi les jouets qui réussissent le test de fabrication, 98 %98\ \% réussissent le test de sécurité ;
1 %1\ \% des jouets ne réussissent aucun des deux tests.

On choisit un jouet au hasard. On note FF l'évènement « le jouet réussit le test de fabrication » et SS l'évènement « le jouet réussit le test de sécurité ».
Arbre pondéré de probabilités — S : réussit le test de sécurité Arbre pondéré. S : réussit le test de sécurité. Branche F, probabilité 0,95 : S, probabilité 0,98 ; S̄, probabilité 0,02. Branche F̄, probabilité 0,05 : S, probabilité 0,80 ; S̄, probabilité 0,20. 0,95 F 0,98 S 0,02 0,05 0,80 S 0,20 S : réussit le test de sécurité

Arbre pondéré.

Partie A

A.1
À partir des données de l'énoncé, donner les probabilités P(F)P(F) et PF(S)P_F(S).
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Lecture directe des deux premières données :

P(F)=0,95\boxed{P(F) = 0{,}95}

PF(S)=0,98\boxed{P_F(S) = 0{,}98}

Attention à la nature de la seconde. « Parmi les jouets qui réussissent le test de fabrication, 98 %98\ \% réussissent le test de sécurité » décrit une population restreinte aux jouets de FF : c'est bien une probabilité conditionnelle, et non P(S)P(S) ni P(FS)P(F \cap S).

On en déduit aussi, par événement contraire :

P(F)=10,95=0,05PF(S)=10,98=0,02P\left(\overline{F}\right) = 1 - 0{,}95 = 0{,}05 \qquad P_F\left(\overline{S}\right) = 1 - 0{,}98 = 0{,}02
A.2
a. Construire un arbre pondéré illustrant la situation.
b. Montrer que PF(S)=0,2P_{\overline{F}}\left(\overline{S}\right) = 0{,}2.
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a. Arbre pondéré. Le premier niveau porte FF et F\overline{F}, le second SS et S\overline{S}. Trois branches sur quatre se déduisent des données ; la quatrième est l'objet de la question b.

b. La donnée à traduire. « 1 %1\ \% des jouets ne réussissent aucun des deux tests » signifie que le jouet échoue au test de fabrication et au test de sécurité :

P(FS)=0,01P\left(\overline{F} \cap \overline{S}\right) = 0{,}01

C'est une probabilité d'intersection, pas une probabilité conditionnelle. Confondre les deux fait rater la question.

Application de la formule des probabilités composées. On a par définition :

P(FS)=P(F)×PF(S)P\left(\overline{F} \cap \overline{S}\right) = P\left(\overline{F}\right) \times P_{\overline{F}}\left(\overline{S}\right)

On isole l'inconnue :

PF(S)=P(FS)P(F)=0,010,05P_{\overline{F}}\left(\overline{S}\right) = \frac{P\left(\overline{F} \cap \overline{S}\right)}{P\left(\overline{F}\right)} = \frac{0{,}01}{0{,}05}

PF(S)=0,2\boxed{P_{\overline{F}}\left(\overline{S}\right) = 0{,}2}

Interprétation : parmi les jouets qui échouent au test de fabrication, 20 %20\ \% échouent aussi au test de sécurité — donc 80 %80\ \% le réussissent malgré tout.

On complète ainsi l'arbre : PF(S)=10,2=0,8P_{\overline{F}}(S) = 1 - 0{,}2 = 0{,}8.
A.3
Calculer la probabilité que le jouet choisi réussisse les deux tests.
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« Réussir les deux tests » correspond à l'évènement FSF \cap S. On multiplie le long du chemin :

P(FS)=P(F)×PF(S)=0,95×0,98P(F \cap S) = P(F) \times P_F(S) = 0{,}95 \times 0{,}98

P(FS)=0,931\boxed{P(F \cap S) = 0{,}931}

Interprétation : 93,1 %93{,}1\ \% des jouets produits passent les deux contrôles.
A.4
Montrer que la probabilité que le jouet réussisse le test de sécurité vaut 0,970{,}97 arrondi au centième.
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Les évènements FF et F\overline{F} forment une partition de l'univers : on applique la formule des probabilités totales.

P(S)=P(FS)+P(FS)P(S) = P(F \cap S) + P\left(\overline{F} \cap S\right)

Premier terme (question 3) : P(FS)=0,931P(F \cap S) = 0{,}931.

Second terme. On utilise PF(S)=0,8P_{\overline{F}}(S) = 0{,}8, obtenu à la question 2.b :

P(FS)=P(F)×PF(S)=0,05×0,8=0,04P\left(\overline{F} \cap S\right) = P\left(\overline{F}\right) \times P_{\overline{F}}(S) = 0{,}05 \times 0{,}8 = 0{,}04

Somme :

P(S)=0,931+0,04=0,971P(S) = 0{,}931 + 0{,}04 = 0{,}971

P(S)0,97\boxed{P(S) \approx 0{,}97}

Remarquable : 97,1 %97{,}1\ \% des jouets réussissent le test de sécurité, alors que seuls 93,1 %93{,}1\ \% réussissent les deux. L'écart de 44 points correspond aux jouets qui échouent à la fabrication mais passent la sécurité.
A.5
Lorsque le jouet a réussi le test de sécurité, quelle est la probabilité qu'il réussisse le test de fabrication ? (Valeur approchée au centième.)
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Attention au sens du conditionnement. On cherche PS(F)P_S(F) — le test de sécurité est réussi, on remonte vers la fabrication — et non PF(S)P_F(S), qui est donné par l'énoncé. C'est une probabilité inverse.

PS(F)=P(FS)P(S)=0,9310,971P_S(F) = \frac{P(F \cap S)}{P(S)} = \frac{0{,}931}{0{,}971}

PS(F)=0,95881P_S(F) = 0{,}95881\ldots

PS(F)0,96\boxed{P_S(F) \approx 0{,}96}

Interprétation : parmi les jouets ayant réussi le test de sécurité, environ 96 %96\ \% ont aussi réussi le test de fabrication.

Cohérence : cette valeur (0,960{,}96) est légèrement supérieure à P(F)=0,95P(F) = 0{,}95. Logique : savoir qu'un jouet a passé la sécurité est une (faible) bonne nouvelle sur sa fabrication. Les deux évènements ne sont donc pas indépendants.

Partie B

B.1
On prélève au hasard un lot de nn jouets, ce prélèvement étant assimilé à nn tirages indépendants avec remise. La probabilité qu'un jouet réussisse le test de fabrication est 0,950{,}95.

Soit SnS_n le nombre de jouets ayant réussi le test de fabrication. On admet que SnS_n suit la loi binomiale de paramètres nn et p=0,95p = 0{,}95.

Exprimer l'espérance et la variance de SnS_n en fonction de nn.
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On applique les formules du cours pour XB(n;p)X \sim \mathcal{B}(n\,;p) :

E(X)=npV(X)=np(1p)E(X) = np \qquad V(X) = np(1-p)

Espérance :

E(Sn)=0,95n\boxed{E(S_n) = 0{,}95\,n}

Variance :

V(Sn)=n×0,95×(10,95)=n×0,95×0,05V(S_n) = n \times 0{,}95 \times (1 - 0{,}95) = n \times 0{,}95 \times 0{,}05

V(Sn)=0,0475n\boxed{V(S_n) = 0{,}0475\,n}

Interprétation : sur un lot de nn jouets, on s'attend en moyenne à en voir 95 %95\ \% réussir le test de fabrication.
B.2
On pose n=150n = 150.

a. Déterminer une valeur approchée à 10310^{-3} près de P(S150=145)P\left(S_{150} = 145\right). Interpréter.
b. Déterminer la probabilité qu'au moins 94 %94\ \% des jouets du lot réussissent le test de fabrication. 10310^{-3} près.)
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a. Probabilité d'exactement 145 réussites. On applique la formule de la loi binomiale :

P(S150=145)=(150145)×0,95145×0,055P(S_{150} = 145) = \binom{150}{145} \times 0{,}95^{\,145} \times 0{,}05^{\,5}

P(S150=145)=0,10884P(S_{150} = 145) = 0{,}10884\ldots

P(S150=145)0,109\boxed{P(S_{150} = 145) \approx 0{,}109}

Interprétation : sur un lot de 150150 jouets, il y a environ 10,9 %10{,}9\ \% de chances d'observer exactement 145145 réussites.

Cohérent avec l'espérance : E(S150)=0,95×150=142,5E(S_{150}) = 0{,}95 \times 150 = 142{,}5. La valeur 145145 est proche de la moyenne, il est donc normal que sa probabilité soit relativement élevée — la plus probable de toutes les valeurs individuelles.

b. Au moins 94 %94\ \% de réussites. Il faut d'abord traduire le pourcentage en effectif :

94 % de 150=0,94×150=14194\ \% \text{ de } 150 = 0{,}94 \times 150 = 141

L'évènement cherché est donc S150141S_{150} \geqslant 141 :

P(S150141)=k=141150(150k)×0,95k×0,05150kP(S_{150} \geqslant 141) = \sum_{k=141}^{150} \binom{150}{k} \times 0{,}95^{\,k} \times 0{,}05^{\,150-k}

À la calculatrice, on passe par l'évènement contraire (plus rapide) :

P(S150141)=1P(S150140)=0,78088P(S_{150} \geqslant 141) = 1 - P(S_{150} \leqslant 140) = 0{,}78088\ldots

P(S150141)0,781\boxed{P(S_{150} \geqslant 141) \approx 0{,}781}

Interprétation : dans environ 78 %78\ \% des lots de 150150 jouets, au moins 94 %94\ \% des jouets passent le test de fabrication.

Le piège de la question : oublier de convertir 94 %94\ \% en 141141 jouets et chercher P(S15094)P(S_{150} \geqslant 94) — ce qui donnerait une probabilité écrasante de 11, absurde.
B.3
Soit Fn=SnnF_n = \dfrac{S_n}{n}, la proportion de jouets qui réussissent le test de fabrication dans un lot de nn.

a. Montrer que E(Fn)=0,95E(F_n) = 0{,}95 et que V(Fn)=0,0475nV(F_n) = \dfrac{0{,}0475}{n}.
b. On considère l'évènement II : « la proportion de jouets qui réussissent le test de fabrication est strictement comprise entre 93 %93\ \% et 97 %97\ \% ». En utilisant l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev, déterminer une taille nn de lot à partir de laquelle P(I)0,96P(I) \geqslant 0{,}96.
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a. Espérance et variance de la fréquence.

Espérance — l'espérance est linéaire, donc E(aX)=aE(X)E(aX) = a\,E(X) :

E(Fn)=E ⁣(Snn)=1n×E(Sn)=1n×0,95nE(F_n) = E\!\left(\frac{S_n}{n}\right) = \frac{1}{n} \times E(S_n) = \frac{1}{n} \times 0{,}95\,n

E(Fn)=0,95\boxed{E(F_n) = 0{,}95}

Variance — attention, la variance n'est pas linéaire : V(aX)=a2V(X)V(aX) = a^2\,V(X). Le facteur passe au carré :

V(Fn)=V ⁣(Snn)=1n2×V(Sn)=1n2×0,0475nV(F_n) = V\!\left(\frac{S_n}{n}\right) = \frac{1}{n^2} \times V(S_n) = \frac{1}{n^2} \times 0{,}0475\,n

V(Fn)=0,0475n\boxed{V(F_n) = \frac{0{,}0475}{n}}

C'est le cœur de la loi des grands nombres : l'espérance de la fréquence ne dépend pas de nn, tandis que sa variance décroît en 1n\frac{1}{n}. Plus le lot est grand, plus la proportion observée se resserre autour de 0,950{,}95.

b. Application de Bienaymé-Tchebychev.

Première étape — reconnaître l'intervalle. L'évènement II s'écrit 0,93<Fn<0,970{,}93 < F_n < 0{,}97. Cet intervalle est centré sur l'espérance 0,950{,}95 :

0,950,93=0,02et0,970,95=0,020{,}95 - 0{,}93 = 0{,}02 \qquad \text{et} \qquad 0{,}97 - 0{,}95 = 0{,}02

Donc II équivaut à Fn0,95<0,02\left|F_n - 0{,}95\right| < 0{,}02. On prend δ=0,02\delta = 0{,}02.

Deuxième étape — passer à l'évènement contraire. L'inégalité de Bienaymé-Tchebychev majore la probabilité de s'écarter :

P(Fn0,950,02)V(Fn)0,022=0,0475n0,0004=118,75nP\Big(\left|F_n - 0{,}95\right| \geqslant 0{,}02\Big) \leqslant \frac{V(F_n)}{0{,}02^2} = \frac{\frac{0{,}0475}{n}}{0{,}0004} = \frac{118{,}75}{n}

D'où, en passant au contraire :

P(I)1118,75nP(I) \geqslant 1 - \frac{118{,}75}{n}

Troisième étape — résoudre. Il suffit que cette minoration atteigne 0,960{,}96 :

1118,75n0,96    118,75n0,041 - \frac{118{,}75}{n} \geqslant 0{,}96 \iff \frac{118{,}75}{n} \leqslant 0{,}04

n118,750,04=2968,75n \geqslant \frac{118{,}75}{0{,}04} = 2\,968{,}75

Comme nn est un entier :

n=2969 jouets\boxed{n = 2\,969 \text{ jouets}}

Ce qu'il faut retenir : il faut prélever près de trois mille jouets pour garantir, à 96 %96\ \%, une proportion comprise entre 93 %93\ \% et 97 %97\ \%. Bienaymé-Tchebychev vaut pour n'importe quelle loi, ce qui la rend très générale — mais aussi très pessimiste. Un calcul direct avec la loi binomiale montrerait qu'un lot bien plus petit suffit largement. C'est le prix de sa généralité.

Exercice 3 — Suites — quantité de médicament dans l'organisme (5 points)

Un patient doit prendre toutes les heures une dose de 22 mL d'un médicament.

On note unu_n la quantité de médicament, en mL, présente dans l'organisme immédiatement après nn prises. On a u1=2u_1 = 2 et, pour tout entier n1n \geqslant 1 :

un+1=2+0,8unu_{n+1} = 2 + 0{,}8\,u_n

Le coefficient 0,80{,}8 traduit l'élimination : entre deux prises, l'organisme élimine 20 %20\ \% du médicament présent.

Partie A — Quand dépasse-t-on 9 mL ?

A.1
Calculer la valeur u2u_2.
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On applique la relation de récurrence avec u1=2u_1 = 2 :

u2=2+0,8×2=2+1,6u_2 = 2 + 0{,}8 \times 2 = 2 + 1{,}6

u2=3,6 mL\boxed{u_2 = 3{,}6 \ \text{mL}}

Lecture : après la deuxième prise, il reste 80 %80\ \% des 22 mL de la première (1,61{,}6 mL), auxquels s'ajoutent les 22 mL de la nouvelle dose.
A.2
Montrer par récurrence que, pour tout entier naturel nn strictement positif :
un=108×0,8n1u_n = 10 - 8 \times 0{,}8^{\,n-1}
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Notons P(n)\mathcal{P}(n) la propriété : « un=108×0,8n1u_n = 10 - 8 \times 0{,}8^{\,n-1} ».

Initialisation (n=1n = 1).

108×0,80=108×1=2=u110 - 8 \times 0{,}8^{\,0} = 10 - 8 \times 1 = 2 = u_1 \qquad \checkmark

P(1)\mathcal{P}(1) est vraie.

Hérédité. Supposons P(n)\mathcal{P}(n) vraie pour un entier n1n \geqslant 1 fixé, c'est-à-dire un=108×0,8n1u_n = 10 - 8 \times 0{,}8^{\,n-1}.

Calculons un+1u_{n+1} à l'aide de la relation de récurrence, puis de l'hypothèse :

un+1=2+0,8un=2+0,8(108×0,8n1)u_{n+1} = 2 + 0{,}8\,u_n = 2 + 0{,}8\left(10 - 8 \times 0{,}8^{\,n-1}\right)

On distribue le 0,80{,}8 :

un+1=2+80,8×8×0,8n1u_{n+1} = 2 + 8 - 0{,}8 \times 8 \times 0{,}8^{\,n-1}

Le point clé — regrouper les puissances de 0,80{,}8 :

0,8×0,8n1=0,81+(n1)=0,8n0{,}8 \times 0{,}8^{\,n-1} = 0{,}8^{\,1 + (n-1)} = 0{,}8^{\,n}

un+1=108×0,8nu_{n+1} = 10 - 8 \times 0{,}8^{\,n}

C'est exactement la formule au rang n+1n+1, puisque 0,8(n+1)1=0,8n0{,}8^{\,(n+1)-1} = 0{,}8^{\,n}

Conclusion. Par récurrence, P(n)\mathcal{P}(n) est vraie pour tout entier n1n \geqslant 1. \blacksquare

Contrôle : u2=108×0,8=106,4=3,6u_2 = 10 - 8 \times 0{,}8 = 10 - 6{,}4 = 3{,}6 — conforme à la question 1
A.3
Déterminer limn+un\lim\limits_{n \to +\infty} u_n et donner une interprétation de ce résultat dans le contexte de l'exercice.
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Limite. La suite géométrique de raison q=0,8q = 0{,}8 vérifie 1<q<1-1 < q < 1, donc :

limn+0,8n1=0\lim_{n \to +\infty} 0{,}8^{\,n-1} = 0

Par conséquent :

limn+un=108×0=10\boxed{\lim_{n \to +\infty} u_n = 10 - 8 \times 0 = 10}

Interprétation. À long terme, la quantité de médicament dans l'organisme du patient se stabilise autour de 1010 mL.

Pourquoi une limite, et non une croissance sans fin ? Parce qu'un équilibre s'installe : à 1010 mL, l'organisme élimine 20 %20\ \% de 1010 mL, soit exactement 22 mL par heure — précisément la dose apportée par chaque nouvelle prise. Les entrées compensent alors exactement les sorties.

C'est un résultat rassurant sur le plan médical : la posologie ne conduit pas à une accumulation indéfinie.
A.4
Soit NN un entier naturel strictement positif. L'inéquation uN10u_N \geqslant 10 admet-elle des solutions ? Interpréter.
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Résolution. On utilise la forme explicite :

uN10    108×0,8N110    8×0,8N10u_N \geqslant 10 \iff 10 - 8 \times 0{,}8^{\,N-1} \geqslant 10 \iff -8 \times 0{,}8^{\,N-1} \geqslant 0

Le membre de gauche est-il jamais positif ? Une puissance de 0,80{,}8 est strictement positive :

0,8N1>0pour tout N0{,}8^{\,N-1} > 0 \quad \text{pour tout } N

Donc 8×0,8N1-8 \times 0{,}8^{\,N-1} est strictement négatif, et ne peut jamais être 0\geqslant 0.

L’ineˊquation uN10 n’admet AUCUNE solution\boxed{\text{L'inéquation } u_N \geqslant 10 \text{ n'admet AUCUNE solution}}

Interprétation. La quantité de médicament présente dans l'organisme reste toujours strictement inférieure à 1010 mL, quel que soit le nombre de prises.

Le lien avec la question 3 : la suite tend vers 1010, mais par en dessous, sans jamais atteindre cette valeur. La limite est une borne asymptotique, pas une valeur atteinte.

Un raisonnement à éviter : dire « la limite vaut 1010, donc unu_n finit par valoir 1010 ». C'est faux — et c'est exactement ce que cette question cherche à faire comprendre.
A.5
Déterminer à partir de combien de prises la quantité de médicament présente dans l'organisme est strictement supérieure à 99 mL. Justifier la démarche.
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Mise en inéquation.

un>9    108×0,8n1>9    8×0,8n1>1u_n > 9 \iff 10 - 8 \times 0{,}8^{\,n-1} > 9 \iff -8 \times 0{,}8^{\,n-1} > -1

On multiplie par 1-1 : le sens de l'inégalité change.

8×0,8n1<1    0,8n1<18=0,1258 \times 0{,}8^{\,n-1} < 1 \iff 0{,}8^{\,n-1} < \frac{1}{8} = 0{,}125

Résolution par le logarithme. On compose par ln\ln, strictement croissante (le sens est conservé) :

(n1)ln(0,8)<ln(0,125)(n-1)\ln(0{,}8) < \ln(0{,}125)

Le point délicat : ln(0,8)<0\ln(0{,}8) < 0 (car 0,8<10{,}8 < 1). En divisant par ce nombre négatif, le sens de l'inégalité s'inverse à nouveau :

n1>ln(0,125)ln(0,8)=2,07940,22319,32n - 1 > \frac{\ln(0{,}125)}{\ln(0{,}8)} = \frac{-2{,}0794}{-0{,}2231} \approx 9{,}32

n>10,32n > 10{,}32

Comme nn est entier :

n=11 : aˋ partir de la 11e prise\boxed{n = 11 \ : \ \text{à partir de la 11}^{\text{e}} \text{ prise}}

Vérification, indispensable :

u10=108×0,89101,0748,926<9(insuffisant)u_{10} = 10 - 8 \times 0{,}8^{9} \approx 10 - 1{,}074 \approx 8{,}926 < 9 \qquad \text{(insuffisant)}

u11=108×0,810100,8599,141>9u_{11} = 10 - 8 \times 0{,}8^{10} \approx 10 - 0{,}859 \approx 9{,}141 > 9 \qquad \checkmark

Interprétation : il faut 11 prises — soit environ 11 heures de traitement — pour que la quantité présente dans l'organisme dépasse 99 mL.

Deux inversions de sens dans un même calcul : une en multipliant par 1-1, une en divisant par ln(0,8)\ln(0{,}8). C'est exactement le genre d'enchaînement où l'encadrement final par u10u_{10} et u11u_{11} n'est pas un luxe.

Partie B — Quantité moyenne

B.1
On définit, pour tout entier n1n \geqslant 1 :
Sn=u1+u2++unnS_n = \frac{u_1 + u_2 + \cdots + u_n}{n}
On admet que la suite (Sn)(S_n) est croissante.

Calculer S2S_2.
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S2S_2 est la moyenne des deux premiers termes :

S2=u1+u22=2+3,62=5,62S_2 = \frac{u_1 + u_2}{2} = \frac{2 + 3{,}6}{2} = \frac{5{,}6}{2}

S2=2,8 mL\boxed{S_2 = 2{,}8 \ \text{mL}}

Interprétation : sur les deux premières heures de traitement, la quantité moyenne de médicament présente dans l'organisme est de 2,82{,}8 mL.
B.2
Montrer que, pour tout entier n1n \geqslant 1 :
u1+u2++un=10n40+40×0,8nu_1 + u_2 + \cdots + u_n = 10n - 40 + 40 \times 0{,}8^{\,n}
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Décomposer la somme. On utilise la forme explicite uk=108×0,8k1u_k = 10 - 8 \times 0{,}8^{\,k-1} et on sépare en deux sommes :

k=1nuk=k=1n(108×0,8k1)=k=1n10constante  8k=1n0,8k1geˊomeˊtrique\sum_{k=1}^{n} u_k = \sum_{k=1}^{n} \left(10 - 8 \times 0{,}8^{\,k-1}\right) = \underbrace{\sum_{k=1}^{n} 10}_{\text{constante}} \ - \ 8\underbrace{\sum_{k=1}^{n} 0{,}8^{\,k-1}}_{\text{géométrique}}

Première somme. On additionne nn fois la constante 1010 :

k=1n10=10n\sum_{k=1}^{n} 10 = 10n

Seconde somme. C'est la somme des nn premiers termes d'une suite géométrique de premier terme 0,80=10{,}8^0 = 1 et de raison q=0,8q = 0{,}8. La formule du cours donne :

k=1n0,8k1=1×10,8n10,8=10,8n0,2=5(10,8n)\sum_{k=1}^{n} 0{,}8^{\,k-1} = 1 \times \frac{1 - 0{,}8^{\,n}}{1 - 0{,}8} = \frac{1 - 0{,}8^{\,n}}{0{,}2} = 5\left(1 - 0{,}8^{\,n}\right)

Assemblage :

k=1nuk=10n8×5(10,8n)=10n40(10,8n)\sum_{k=1}^{n} u_k = 10n - 8 \times 5\left(1 - 0{,}8^{\,n}\right) = 10n - 40\left(1 - 0{,}8^{\,n}\right)

u1+u2++un=10n40+40×0,8n\boxed{u_1 + u_2 + \cdots + u_n = 10n - 40 + 40 \times 0{,}8^{\,n}} \blacksquare

Contrôle avec n=2n = 2 :

10×240+40×0,64=2040+25,6=5,6=u1+u210 \times 2 - 40 + 40 \times 0{,}64 = 20 - 40 + 25{,}6 = 5{,}6 = u_1 + u_2 \qquad \checkmark
B.3
Calculer limn+Sn\lim\limits_{n \to +\infty} S_n.
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On divise la somme obtenue à la question 2 par nn :

Sn=10n40+40×0,8nn=1040n+40×0,8nnS_n = \frac{10n - 40 + 40 \times 0{,}8^{\,n}}{n} = 10 - \frac{40}{n} + \frac{40 \times 0{,}8^{\,n}}{n}

On traite chaque terme séparément :

40n0\dfrac{40}{n} \longrightarrow 0 ;
40×0,8nn0\dfrac{40 \times 0{,}8^{\,n}}{n} \longrightarrow 0, car 0,8n00{,}8^{\,n} \to 0 (raison entre 1-1 et 11) et n+n \to +\infty : le numérateur tend vers 00 pendant que le dénominateur tend vers l'infini.

limn+Sn=10\boxed{\lim_{n \to +\infty} S_n = 10}

Interprétation. La quantité moyenne de médicament présente dans l'organisme tend elle aussi vers 1010 mL.

C'est logique : la suite (un)(u_n) converge vers 1010, donc ses moyennes successives convergent vers la même valeur. Mais beaucoup plus lentement — la moyenne reste longtemps « tirée vers le bas » par les premiers termes, petits.
B.4
On donne la fonction Python suivante :

def mystere(k):
n = 1
s = 2
while s < k :
n = n + 1
s = 10 - 40/n + (40*0.8**n)/n
return n

a. Que représente la valeur renvoyée par mystere(9) dans le contexte de l'énoncé ?
b. Justifier que cette valeur est strictement supérieure à 1010.
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a. Ce que calcule l'algorithme. La ligne

s = 10 - 40/n + (40*0.8**n)/n

est exactement l'expression de SnS_n obtenue à la question 3. La variable s contient donc la quantité moyenne de médicament après nn prises. L'initialisation n = 1, s = 2 correspond bien à S1=u1=2S_1 = u_1 = 2.

La boucle avance tant que Sn<kS_n < k, et s'arrête dès que SnkS_n \geqslant k.

mystere(9) renvoie le plus petit nombre de prises n aˋ partir duquel la quantiteˊ MOYENNE de meˊdicament atteint 9 mL\boxed{\texttt{mystere(9)} \text{ renvoie le plus petit nombre de prises } n \text{ à partir duquel la quantité MOYENNE de médicament atteint } 9 \text{ mL}}

Attention à ne pas confondre avec la question A.5 : celle-ci portait sur la quantité instantanée unu_n (réponse : 1111 prises). Ici il s'agit de la quantité moyenne SnS_n — c'est un tout autre seuil.

b. Justification que le résultat dépasse 1010. Il suffit de montrer que S10<9S_{10} < 9 : la boucle n'aura donc pas encore terminé au rang 1010, et le nn renvoyé sera nécessairement >10> 10.

Argument sans calcul. La suite (un)(u_n) est croissante (elle croît de 22 vers 1010). Donc, pour tout k10k \leqslant 10 :

uku10u_k \leqslant u_{10}

Or on a calculé à la question A.5 que u108,926<9u_{10} \approx 8{,}926 < 9.

La moyenne S10S_{10} est la moyenne de nombres tous inférieurs à 99 : elle est donc elle-même strictement inférieure à 99.

S10<u10<9S_{10} < u_{10} < 9

Comme S10<9S_{10} < 9, la condition s < 9 de la boucle est encore vraie au rang 1010 : l'algorithme continue.

mystere(9)>10\boxed{\texttt{mystere(9)} > 10} \blacksquare

Contrôle par le calcul :

S10=104010+40×0,81010104+0,436,43S_{10} = 10 - \frac{40}{10} + \frac{40 \times 0{,}8^{10}}{10} \approx 10 - 4 + 0{,}43 \approx 6{,}43

On est en réalité très loin de 99 : l'algorithme renvoie en fait n=40n = 40.

Ce que cela dit médicalement : il faut environ 40 heures pour que la quantité moyenne atteigne 99 mL, contre seulement 11 heures pour la quantité instantanée. La moyenne est durablement pénalisée par le démarrage lent du traitement.

Exercice 4 — Étude de f(x)=ex2xf(x) = \dfrac{e^{\sqrt{x}}}{2\sqrt{x}} (5 points)

On considère la fonction ff définie sur ]0;+[]0\,;+\infty[ par

f(x)=ex2xf(x) = \frac{e^{\sqrt{x}}}{2\sqrt{x}}

et on appelle Cf\mathcal{C}_f sa courbe représentative dans un repère orthonormé.
1
On définit gg sur ]0;+[]0\,;+\infty[ par g(x)=exg(x) = e^{\sqrt{x}}.

a. Montrer que g(x)=f(x)g'(x) = f(x) pour tout xx de ]0;+[]0\,;+\infty[.
b. Calculer f(x)f'(x) et montrer que f(x)=ex(x1)4xxf'(x) = \dfrac{e^{\sqrt{x}}\left(\sqrt{x} - 1\right)}{4x\sqrt{x}}.
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a. Dérivée de gg. C'est une composée eue^{u} avec u=xu = \sqrt{x}. On rappelle que

(x)=12x\left(\sqrt{x}\right)' = \frac{1}{2\sqrt{x}}

Donc :

g(x)=u(x)×eu(x)=12x×ex=ex2xg'(x) = u'(x) \times e^{u(x)} = \frac{1}{2\sqrt{x}} \times e^{\sqrt{x}} = \frac{e^{\sqrt{x}}}{2\sqrt{x}}

g(x)=f(x)\boxed{g'(x) = f(x)} \blacksquare

Ce résultat n'est pas décoratif : il signifie que gg est une primitive de ff. C'est exactement ce qui rendra le calcul de l'intégrale immédiat à la question 4.

b. Dérivée de ff. On dérive le quotient uv\dfrac{u}{v} avec u=exu = e^{\sqrt{x}} et v=2xv = 2\sqrt{x} :

u(x)=ex2x(question a)v(x)=2×12x=1xu'(x) = \frac{e^{\sqrt{x}}}{2\sqrt{x}} \quad \text{(question a)} \qquad v'(x) = 2 \times \frac{1}{2\sqrt{x}} = \frac{1}{\sqrt{x}}

f(x)=uvuvv2=ex2x×2x  ex×1x(2x)2f'(x) = \frac{u'v - uv'}{v^2} = \frac{\dfrac{e^{\sqrt{x}}}{2\sqrt{x}} \times 2\sqrt{x} \ - \ e^{\sqrt{x}} \times \dfrac{1}{\sqrt{x}}}{\left(2\sqrt{x}\right)^2}

Le premier terme du numérateur se simplifie magnifiquement :

ex2x×2x=ex\frac{e^{\sqrt{x}}}{2\sqrt{x}} \times 2\sqrt{x} = e^{\sqrt{x}}

D'où :

f(x)=exexx4xf'(x) = \frac{e^{\sqrt{x}} - \dfrac{e^{\sqrt{x}}}{\sqrt{x}}}{4x}

On factorise le numérateur par exe^{\sqrt{x}} :

f(x)=ex(11x)4x=ex×x1x4xf'(x) = \frac{e^{\sqrt{x}}\left(1 - \dfrac{1}{\sqrt{x}}\right)}{4x} = \frac{e^{\sqrt{x}} \times \dfrac{\sqrt{x} - 1}{\sqrt{x}}}{4x}

f(x)=ex(x1)4xx\boxed{f'(x) = \frac{e^{\sqrt{x}}\left(\sqrt{x} - 1\right)}{4x\sqrt{x}}} \blacksquare
2
a. Déterminer la limite de ff en 00.
b. Interpréter graphiquement ce résultat.
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a. Limite en 0+0^+. On examine numérateur et dénominateur séparément — il n'y a pas d'indétermination :

numérateur : x0\sqrt{x} \to 0, donc exe0=1e^{\sqrt{x}} \to e^{0} = 1 ;
dénominateur : 2x0+2\sqrt{x} \to 0^+ (strictement positif).

Un numérateur qui tend vers 11 divisé par un dénominateur qui tend vers 0+0^+ :

limx0+f(x)=+\boxed{\lim_{x \to 0^+} f(x) = +\infty}

b. Interprétation graphique.

La droite d’eˊquation x=0 (l’axe des ordonneˊes) est ASYMPTOTE VERTICALE aˋ Cf\boxed{\text{La droite d'équation } x = 0 \ \text{(l'axe des ordonnées) est ASYMPTOTE VERTICALE à } \mathcal{C}_f}
3
a. Déterminer la limite de ff en ++\infty.
b. Étudier le sens de variation de ff sur ]0;+[]0\,;+\infty[ et dresser son tableau de variations.
c. Montrer que l'équation f(x)=2f(x) = 2 admet une unique solution sur [1;+[[1\,;+\infty[, et en donner une valeur approchée à 10110^{-1} près.
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a. Limite en ++\infty. C'est une forme indéterminée \dfrac{\infty}{\infty}. On la lève par un changement de variable : posons t=xt = \sqrt{x}, qui tend vers ++\infty quand x+x \to +\infty.

f(x)=ex2x=et2t=12×ettf(x) = \frac{e^{\sqrt{x}}}{2\sqrt{x}} = \frac{e^{t}}{2t} = \frac{1}{2} \times \frac{e^{t}}{t}

Par croissance comparée, l'exponentielle l'emporte sur toute puissance :

ettt++\frac{e^{t}}{t} \xrightarrow[t \to +\infty]{} +\infty

limx+f(x)=+\boxed{\lim_{x \to +\infty} f(x) = +\infty}

b. Variations. D'après la question 1.b :

f(x)=ex(x1)4xxf'(x) = \frac{e^{\sqrt{x}}\left(\sqrt{x} - 1\right)}{4x\sqrt{x}}

Sur ]0;+[]0\,;+\infty[ :

ex>0e^{\sqrt{x}} > 0 toujours ;
4xx>04x\sqrt{x} > 0 toujours.

Le signe de ff' est donc exactement celui de x1\sqrt{x} - 1 :

x1>0    x>1    x>1\sqrt{x} - 1 > 0 \iff \sqrt{x} > 1 \iff x > 1

xx0011++\infty
signe de f(x)f'(x)-00++
variations de ff++\infty\searrowe2\frac{e}{2}\nearrow++\infty


ff décroît sur ]0;1]]0\,;1] puis croît sur [1;+[[1\,;+\infty[. Elle admet donc un minimum en x=1x = 1 :

f(1)=e121=e21,359\boxed{f(1) = \frac{e^{\sqrt{1}}}{2\sqrt{1}} = \frac{e}{2} \approx 1{,}359}

c. Résolution de f(x)=2f(x) = 2 sur [1;+[[1\,;+\infty[.

On applique le corollaire du théorème des valeurs intermédiaires :

ff est continue sur [1;+[[1\,;+\infty[ (elle y est dérivable) ;
ff est strictement croissante sur [1;+[[1\,;+\infty[ (question b) ;
f(1)=e21,359f(1) = \dfrac{e}{2} \approx 1{,}359 et limx+f(x)=+\lim\limits_{x \to +\infty} f(x) = +\infty.

Or 22 est compris entre 1,3591{,}359 et ++\infty :

L’eˊquation f(x)=2 admet une unique solution β sur [1;+[\boxed{\text{L'équation } f(x) = 2 \text{ admet une unique solution } \beta \text{ sur } [1\,;+\infty[}

Valeur approchée. Par balayage à la calculatrice :

f(4,6)1,995<2f(4,7)2,016>2f(4{,}6) \approx 1{,}995 < 2 \qquad f(4{,}7) \approx 2{,}016 > 2

β4,6\boxed{\beta \approx 4{,}6}

(valeur exacte : β4,637\beta \approx 4{,}637)

Pourquoi restreindre à [1;+[[1\,;+\infty[ ? Parce que sur ]0;1]]0\,;1], ff est décroissante et tend vers ++\infty en 00 : l'équation f(x)=2f(x) = 2 y admet une autre solution (autour de x0,13x \approx 0{,}13). C'est la stricte monotonie sur l'intervalle considéré qui garantit l'unicité — pas la monotonie globale, qui n'existe pas ici.
4
On pose I=12f(x)dxI = \displaystyle\int_1^2 f(x)\,\mathrm{d}x.

a. Calculer II.
b. Interpréter graphiquement le résultat.
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a. Calcul de l'intégrale. Toute la question 1.a servait à cela : gg est une primitive de ff, puisque g=fg' = f.

I=12f(x)dx=[g(x)]12=[ex]12I = \int_1^2 f(x)\,\mathrm{d}x = \Big[g(x)\Big]_1^2 = \Big[e^{\sqrt{x}}\Big]_1^2

I=e2e1I = e^{\sqrt{2}} - e^{\sqrt{1}}

I=e2e4,1132,7181,395\boxed{I = e^{\sqrt{2}} - e \approx 4{,}113 - 2{,}718 \approx 1{,}395}

Sans la question 1.a, il aurait fallu chercher une primitive de ex2x\dfrac{e^{\sqrt{x}}}{2\sqrt{x}} — un calcul autrement plus pénible. Le sujet a soigneusement préparé le terrain.

b. Interprétation graphique. Sur [1;2][1\,;2], la fonction ff est strictement positive (c'est un quotient de deux quantités positives). L'intégrale représente donc une aire.

I est l’AIRE, en uniteˊs d’aire, du domaine deˊlimiteˊ par : la courbe Cf l’axe des abscisses les droites d’eˊquation x=1 et x=2\boxed{\begin{array}{l} I \text{ est l'AIRE, en unités d'aire, du domaine délimité par :} \\[4pt] \bullet \ \text{la courbe } \mathcal{C}_f \\ \bullet \ \text{l'axe des abscisses} \\ \bullet \ \text{les droites d'équation } x = 1 \text{ et } x = 2 \end{array}}

Cette aire vaut environ 1,3951{,}395 unité d'aire.

Contrôle de vraisemblance : sur [1;2][1\,;2], ff varie entre f(1)1,36f(1) \approx 1{,}36 et f(2)1,44f(2) \approx 1{,}44. L'aire est donc comprise entre 1,36×11{,}36 \times 1 et 1,44×11{,}44 \times 1. Trouver 1,3951{,}395 est parfaitement cohérent
5
On admet que ff est deux fois dérivable sur ]0;+[]0\,;+\infty[ et que
f(x)=ex(x3x+3)8x2xf''(x) = \frac{e^{\sqrt{x}}\left(x - 3\sqrt{x} + 3\right)}{8x^2\sqrt{x}}

a. En posant X=xX = \sqrt{x}, montrer que x3x+3>0x - 3\sqrt{x} + 3 > 0 pour tout xx de ]0;+[]0\,;+\infty[.
b. Étudier la convexité de ff sur ]0;+[]0\,;+\infty[.
Afficher la correction
a. Le changement de variable. Posons X=xX = \sqrt{x}. Comme x>0x > 0, on a X>0X > 0, et surtout :

x=(x)2=X2x = \left(\sqrt{x}\right)^2 = X^2

L'expression devient un trinôme du second degré en XX :

x3x+3=X23X+3x - 3\sqrt{x} + 3 = X^2 - 3X + 3

Étude du signe du trinôme. On calcule son discriminant :

Δ=(3)24×1×3=912=3\Delta = (-3)^2 - 4 \times 1 \times 3 = 9 - 12 = -3

Δ=3<0\boxed{\Delta = -3 < 0}

Un trinôme dont le discriminant est strictement négatif n'a aucune racine réelle : il garde donc le signe de son coefficient dominant sur tout R\mathbb{R}. Ici a=1>0a = 1 > 0 :

X23X+3>0pour tout XRX^2 - 3X + 3 > 0 \quad \text{pour tout } X \in \mathbb{R}

En particulier pour X=xX = \sqrt{x}, quel que soit x>0x > 0 :

x3x+3>0pour tout x]0;+[\boxed{x - 3\sqrt{x} + 3 > 0 \quad \text{pour tout } x \in\, ]0\,;+\infty[} \blacksquare

L'astuce du changement de variable est ce qui rend l'expression traitable : x3x+3x - 3\sqrt{x} + 3 n'est pas un polynôme en xx, mais c'en est un en x\sqrt{x}.

b. Convexité de ff. On examine le signe de ff'' facteur par facteur :

f(x)=ex>0×(x3x+3)>0 (question a)8x2x>0 car x>0f''(x) = \frac{\overbrace{e^{\sqrt{x}}}^{>\,0} \times \overbrace{\left(x - 3\sqrt{x} + 3\right)}^{>\,0 \text{ (question a)}}}{\underbrace{8x^2\sqrt{x}}_{>\,0 \text{ car } x > 0}}

Les trois facteurs sont strictement positifs :

f(x)>0pour tout x]0;+[f''(x) > 0 \quad \text{pour tout } x \in\, ]0\,;+\infty[

f est CONVEXE sur ]0;+[ tout entier\boxed{f \text{ est CONVEXE sur } ]0\,;+\infty[ \text{ tout entier}}

Conséquences.

• La courbe Cf\mathcal{C}_f est au-dessus de toutes ses tangentes.
ff'' ne s'annulant jamais, la courbe n'admet aucun point d'inflexion.

Cohérent avec le tableau de variations : ff décroît puis croît, avec un minimum en x=1x=1 — c'est bien l'allure d'une courbe convexe, en forme de « vallée ».

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