Bac Maths 2025 Centres étrangers Jour 2

13 juin 2025 — 4 exercices — 20 points — épreuve de spécialité

Correction rédigée par Maths Facile — 22 questions détaillées. Chaque résultat numérique de cette page a été recalculé indépendamment avec un moteur de calcul formel avant publication.

Énoncé : sujet officiel de l'épreuve de spécialité mathématiques, session 13 juin 2025.

Exercice 1 — Deux modèles d'évolution d'une population animale (6 points)

On compare l'évolution d'une population animale dans deux milieux distincts A et B.

Au 1ᵉʳ janvier 2025, on introduit 60006\,000 individus dans chacun des deux milieux.

Partie A — Le milieu A (modèle géométrique)

A.1
Dans le milieu A, l'évolution est modélisée par une suite géométrique (un)(u_n) de premier terme u0=6u_0 = 6 et de raison 0,930{,}93, où unu_n est la population (en milliers d'individus) au 1ᵉʳ janvier de l'année 2025+n2025 + n.

a. Donner la population au 1ᵉʳ janvier 2026.
b. Exprimer unu_n en fonction de nn.
c. Déterminer la limite de (un)(u_n) et l'interpréter.
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a. Population en 2026. L'année 20262026 correspond au rang n=1n = 1 :

u1=0,93×u0=0,93×6=5,58u_1 = 0{,}93 \times u_0 = 0{,}93 \times 6 = 5{,}58

5580 individus\boxed{5\,580 \text{ individus}}

Attention à l'unité : unu_n est exprimée en milliers. La réponse est 55805\,580 individus, pas 5,585{,}58.

b. Forme explicite. Pour une suite géométrique, un=u0×qnu_n = u_0 \times q^{\,n} :

un=6×0,93n\boxed{u_n = 6 \times 0{,}93^{\,n}}

c. Limite. La raison q=0,93q = 0{,}93 vérifie 1<q<1-1 < q < 1, donc :

limn+0,93n=0\lim_{n \to +\infty} 0{,}93^{\,n} = 0

limn+un=0\boxed{\lim_{n \to +\infty} u_n = 0}

Interprétation. Selon ce modèle, la population du milieu A s'éteint à long terme. Elle décroît de 7 %7\ \% chaque année, sans jamais se stabiliser : le milieu A n'est pas viable pour cette espèce.

Partie B — Le milieu B (modèle logistique)

B.1
Dans le milieu B, l'évolution est modélisée par la suite (vn)(v_n) définie par v0=6v_0 = 6 et
vn+1=0,05vn2+1,1vnv_{n+1} = -0{,}05\,v_n^{\,2} + 1{,}1\,v_n

a. Donner la population au 1ᵉʳ janvier 2026.
b. Soit ff définie sur [0;+[[0\,;+\infty[ par f(x)=0,05x2+1,1xf(x) = -0{,}05x^2 + 1{,}1x. Démontrer que ff est croissante sur [0;11][0\,;11].
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a. Population en 2026. On applique la relation avec v0=6v_0 = 6 :

v1=0,05×62+1,1×6=0,05×36+6,6=1,8+6,6v_1 = -0{,}05 \times 6^2 + 1{,}1 \times 6 = -0{,}05 \times 36 + 6{,}6 = -1{,}8 + 6{,}6

v1=4,8v_1 = 4{,}8

4800 individus\boxed{4\,800 \text{ individus}}

La population du milieu B chute plus vite que celle du milieu A la première année (48004\,800 contre 55805\,580). La partie C montrera que la tendance finit par s'inverser.

b. Croissance de ff sur [0;11][0\,;11]. On dérive :

f(x)=0,05×2x+1,1=0,1x+1,1f'(x) = -0{,}05 \times 2x + 1{,}1 = -0{,}1x + 1{,}1

Signe :

f(x)0    0,1x+1,10    0,1x1,1    x11f'(x) \geqslant 0 \iff -0{,}1x + 1{,}1 \geqslant 0 \iff 0{,}1x \leqslant 1{,}1 \iff x \leqslant 11

f0 sur [0;11]      f est croissante sur [0;11]\boxed{f' \geqslant 0 \text{ sur } [0\,;11] \ \implies \ f \text{ est croissante sur } [0\,;11]} \blacksquare

Interprétation : ff est une parabole tournée vers le bas, de sommet en x=11x = 11. Elle croît jusqu'à ce sommet, puis décroît. L'intervalle [0;11][0\,;11] est exactement sa branche croissante — et c'est ce qui rendra la récurrence possible à la question suivante.
B.2
Démontrer par récurrence que, pour tout entier naturel nn :
2vn+1vn62 \leqslant v_{n+1} \leqslant v_n \leqslant 6
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Notons P(n)\mathcal{P}(n) la propriété : « 2vn+1vn62 \leqslant v_{n+1} \leqslant v_n \leqslant 6 ».

Initialisation (n=0n = 0). On a v0=6v_0 = 6 et v1=4,8v_1 = 4{,}8 (question 1.a) :

24,8662 \leqslant 4{,}8 \leqslant 6 \leqslant 6 \qquad \checkmark

P(0)\mathcal{P}(0) est vraie.

Hérédité. Supposons P(n)\mathcal{P}(n) vraie pour un entier nn fixé : 2vn+1vn62 \leqslant v_{n+1} \leqslant v_n \leqslant 6.

Tous ces termes appartiennent à [0;11][0\,;11], intervalle sur lequel ff est croissante (question 1.b). Elle conserve donc l'ordre : on peut lui appliquer l'encadrement.

f(2)f(vn+1)f(vn)f(6)f(2) \leqslant f(v_{n+1}) \leqslant f(v_n) \leqslant f(6)

Or f(vn)=vn+1f(v_n) = v_{n+1} et f(vn+1)=vn+2f(v_{n+1}) = v_{n+2}, par définition de la suite. Calculons les deux bornes :

f(2)=0,05×4+1,1×2=0,2+2,2=2f(2) = -0{,}05 \times 4 + 1{,}1 \times 2 = -0{,}2 + 2{,}2 = \mathbf{2}

f(6)=0,05×36+1,1×6=4,8f(6) = -0{,}05 \times 36 + 1{,}1 \times 6 = \mathbf{4{,}8}

L'encadrement devient :

2vn+2vn+14,82 \leqslant v_{n+2} \leqslant v_{n+1} \leqslant 4{,}8

Il reste à recoller à la borne demandée : comme 4,864{,}8 \leqslant 6, on a a fortiori vn+16v_{n+1} \leqslant 6.

2vn+2vn+162 \leqslant v_{n+2} \leqslant v_{n+1} \leqslant 6

C'est exactement P(n+1)\mathcal{P}(n+1)

Conclusion. Par récurrence, P(n)\mathcal{P}(n) est vraie pour tout entier naturel nn. \blacksquare

Le fait remarquable : f(2)=2f(2) = 2 exactement. Le nombre 22 est un point fixe de ff — c'est ce qui fait que la borne inférieure est stable, et c'est déjà l'annonce de la limite trouvée en question 4.
B.3
a. En déduire que (vn)(v_n) converge vers une limite \ell.
b. Justifier que \ell vérifie f()=f(\ell) = \ell, puis en déduire la valeur de \ell. Interpréter.
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a. Convergence. L'encadrement démontré contient deux informations :

vn+1vnv_{n+1} \leqslant v_n pour tout nn : la suite est décroissante ;
vn2v_n \geqslant 2 pour tout nn : la suite est minorée par 22.

D'après le théorème de convergence monotone, toute suite décroissante et minorée converge.

(vn) converge vers une limite \boxed{(v_n) \text{ converge vers une limite } \ell}

Attention : ce théorème donne l'existence de la limite, pas sa valeur.

b. Détermination de \ell.

Pourquoi f()=f(\ell) = \ell ? La fonction ff est continue sur [0;+[[0\,;+\infty[ (c'est un polynôme). En passant à la limite dans la relation vn+1=f(vn)v_{n+1} = f(v_n) :

• le membre de gauche vn+1v_{n+1} \to \ell ;
• le membre de droite f(vn)f()f(v_n) \to f(\ell), par continuité.

=f()\boxed{\ell = f(\ell)}

Résolution.

=0,052+1,1    0,0520,1=0\ell = -0{,}05\,\ell^2 + 1{,}1\,\ell \iff 0{,}05\,\ell^2 - 0{,}1\,\ell = 0

(0,050,1)=0    =0ou=0,10,05=2\ell\,\left(0{,}05\,\ell - 0{,}1\right) = 0 \iff \ell = 0 \quad \text{ou} \quad \ell = \frac{0{,}1}{0{,}05} = 2

Il faut trancher. L'encadrement de la question 2 donne vn2v_n \geqslant 2 pour tout nn, donc par passage à la limite 2\ell \geqslant 2. La valeur =0\ell = 0 est donc impossible.

=2\boxed{\ell = 2}

Interprétation. Contrairement au milieu A, la population du milieu B ne s'éteint pas : elle se stabilise à 20002\,000 individus.

C'est toute la différence entre les deux modèles. Le milieu A suit une décroissance géométrique, qui mène inexorablement à zéro. Le milieu B suit un modèle logistique : le terme 0,05vn2-0{,}05v_n^2 freine la population quand elle est grande, mais s'estompe quand elle devient petite. Un équilibre s'installe — le milieu B a une capacité d'accueil de 20002\,000 individus.

Partie C — Comparaison des deux milieux

C.1
a. En résolvant une inéquation, déterminer l'année à partir de laquelle la population du milieu A sera strictement inférieure à 30003\,000 individus.
b. À l'aide de la calculatrice, déterminer l'année à partir de laquelle la population du milieu B sera strictement inférieure à 30003\,000 individus.
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a. Milieu A — résolution exacte. On cherche le plus petit nn tel que un<3u_n < 3 (rappel : en milliers).

6×0,93n<3    0,93n<0,56 \times 0{,}93^{\,n} < 3 \iff 0{,}93^{\,n} < 0{,}5

On compose par ln\ln, strictement croissante (le sens est conservé) :

nln(0,93)<ln(0,5)n\ln(0{,}93) < \ln(0{,}5)

Le point délicat : ln(0,93)<0\ln(0{,}93) < 0 (car 0,93<10{,}93 < 1). En divisant par ce nombre négatif, le sens de l'inégalité s'inverse :

n>ln(0,5)ln(0,93)=0,69310,07269,55n > \frac{\ln(0{,}5)}{\ln(0{,}93)} = \frac{-0{,}6931}{-0{,}0726} \approx 9{,}55

Comme nn est entier :

n=10n = 10

Vérification, indispensable :
0,9390,5204>0,50{,}93^{9} \approx 0{,}5204 > 0{,}5 : insuffisant ;
0,93100,4840<0,50{,}93^{10} \approx 0{,}4840 < 0{,}5

Aˋ partir de 2025+10=2035\boxed{\text{À partir de } 2025 + 10 = \mathbf{2035}}

b. Milieu B — par balayage. La relation vn+1=0,05vn2+1,1vnv_{n+1} = -0{,}05v_n^2 + 1{,}1v_n ne se résout pas ; on itère à la calculatrice :

nn00112233445566
vnv_n664,84{,}84,1284{,}1283,6893{,}6893,3773{,}3773,1443{,}1442,965\mathbf{2{,}965}


Le premier rang pour lequel vn<3v_n < 3 est n=6n = 6 :

Aˋ partir de 2025+6=2031\boxed{\text{À partir de } 2025 + 6 = \mathbf{2031}}

Comparaison, et elle surprend. Le milieu B passe sous les 30003\,000 individus dès 2031, alors que le milieu A tient jusqu'en 2035.

À court terme, le milieu B semble donc le pire des deux. La question suivante montre que c'est exactement l'inverse à long terme — c'est le cœur de l'exercice.
C.2
Justifier qu'à partir d'une certaine année, la population du milieu B dépassera celle du milieu A.
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Le raisonnement tient en deux limites.

D'après la partie A :

limn+un=0\lim_{n \to +\infty} u_n = 0

D'après la partie B :

limn+vn=2\lim_{n \to +\infty} v_n = 2

Conclusion. La suite (un)(u_n) tend vers 00, tandis que (vn)(v_n) tend vers 2>02 > 0 et reste toujours supérieure ou égale à 22 (encadrement de la question B.2).

Comme un0u_n \to 0, il existe un rang à partir duquel un<2u_n < 2. Or vn2v_n \geqslant 2 pour tout nn.

Aˋ partir de ce rang : vn2>un\boxed{\text{À partir de ce rang : } v_n \geqslant 2 > u_n}

La population du milieu B dépasse donc celle du milieu A à partir d'une certaine année. \blacksquare

L'enseignement de l'exercice, et il est contre-intuitif.

À court terme, le milieu B paraît nettement moins bon : sa population chute plus vite, et elle passe sous les 30003\,000 individus quatre ans avant celle du milieu A (2031 contre 2035).

Mais les deux modèles ne racontent pas la même histoire :

• le milieu A décline indéfiniment — il finira par se vider complètement ;
• le milieu B décline jusqu'à un équilibre — il conserve durablement 20002\,000 individus.

Juger un modèle sur ses premières années est donc trompeur : c'est le comportement asymptotique qui décide.
C.3
On considère le programme Python ci-contre.

n = 0
u = 6
v = 6
while ...... :
u = ......
v = ......
n = n + 1
print(2025 + n)

a. Recopier et compléter ce programme afin qu'il affiche l'année à partir de laquelle la population du milieu B est strictement supérieure à celle du milieu A.
b. Déterminer l'année affichée.
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a. Complétion du programme. On avance d'une année à chaque tour de boucle, tant que le milieu B n'a pas dépassé le milieu A — c'est-à-dire tant que vuv \leqslant u.

À chaque tour, on met à jour les deux populations avec leurs relations de récurrence respectives.

n = 0
u = 6
v = 6
while v <= u :
u = 0.93 * u
v = -0.05 * v**2 + 1.1 * v
n = n + 1
print(2025 + n)

Attention à la condition d'arrêt. On sort de la boucle quand v>uv > u strictement. La condition de continuation est donc v <= u, et non v < u : au départ u=v=6u = v = 6, et il ne faut surtout pas s'arrêter immédiatement.

b. Année affichée. On itère :

nnunu_n (milieu A)vnv_n (milieu B)v>uv > u ?
006666non (égaux)
554,1744{,}1743,1443{,}144non
10102,9042{,}9042,5332{,}533non
12122,5122{,}5122,4062{,}406non
13132,336\mathbf{2{,}336}2,358\mathbf{2{,}358}OUI


Le croisement se produit au rang n=13n = 13 :

Le programme affiche 2025+13=2038\boxed{\text{Le programme affiche } 2025 + 13 = \mathbf{2038}}

Lecture. Il faut treize ans pour que le milieu B rattrape et dépasse le milieu A. À partir de 2038, malgré son mauvais départ, le milieu B héberge davantage d'individus — et l'écart ne fera que se creuser, puisque le milieu A tend vers zéro tandis que le milieu B se maintient à 20002\,000.

Exercice 2 — Fonction logistique — identification et valeur moyenne (6 points)

On considère la fonction ff définie sur [0;+[[0\,;+\infty[ par

f(x)=1a+ebxf(x) = \frac{1}{a + e^{-bx}}

aa et bb sont deux constantes réelles strictement positives. On admet que ff est dérivable.

La courbe Cf\mathcal{C}_f passe par A(0;0,5)A(0\,;0{,}5), et la droite (AB)(AB), avec B(10;1)B(10\,;1), est tangente à Cf\mathcal{C}_f au point AA.

Partie A — Identification de aa et bb

A.1
a. On admet que limx+f(x)=1\lim\limits_{x \to +\infty} f(x) = 1. Donner une interprétation graphique de ce résultat.
b. Justifier que a=1a = 1.
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a. Interprétation graphique.

La droite d’eˊquation y=1 est ASYMPTOTE HORIZONTALE aˋ Cf en +\boxed{\text{La droite d'équation } y = 1 \text{ est ASYMPTOTE HORIZONTALE à } \mathcal{C}_f \text{ en } +\infty}

La courbe se rapproche indéfiniment de la droite y=1y = 1 sans jamais l'atteindre.

b. Détermination de aa. Calculons la limite à partir de l'expression de ff.

Quand x+x \to +\infty, on a bx-bx \to -\infty (car b>0b > 0), donc :

ebx0e^{-bx} \longrightarrow 0

Le dénominateur tend alors vers a+0=aa + 0 = a :

limx+f(x)=1a\lim_{x \to +\infty} f(x) = \frac{1}{a}

Identification avec la limite donnée :

1a=1\frac{1}{a} = 1

a=1\boxed{a = 1}

Contrôle avec le point A(0;0,5)A(0\,;0{,}5) :

f(0)=11+e0=11+1=12=0,5f(0) = \frac{1}{1 + e^{0}} = \frac{1}{1 + 1} = \frac{1}{2} = 0{,}5 \qquad \checkmark

Cohérent : la courbe passe bien par AA.
A.2
a. Déterminer le coefficient directeur de la droite (AB)(AB).
b. Déterminer l'expression de f(x)f'(x) en fonction de xx et de bb.
c. En déduire la valeur de bb.
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a. Coefficient directeur de (AB)(AB). Avec A(0;0,5)A(0\,;0{,}5) et B(10;1)B(10\,;1) :

m=yByAxBxA=10,5100=0,510m = \frac{y_B - y_A}{x_B - x_A} = \frac{1 - 0{,}5}{10 - 0} = \frac{0{,}5}{10}

m=0,05\boxed{m = 0{,}05}

b. Dérivée de ff. Avec a=1a = 1, on a f(x)=11+ebxf(x) = \dfrac{1}{1 + e^{-bx}}, de la forme 1u\dfrac{1}{u} dont la dérivée est uu2-\dfrac{u'}{u^2}.

Ici u=1+ebxu = 1 + e^{-bx}, donc u=bebxu' = -b\,e^{-bx} (dérivée de ekxe^{kx} : kekxk\,e^{kx}).

f(x)=bebx(1+ebx)2f'(x) = -\frac{-b\,e^{-bx}}{\left(1 + e^{-bx}\right)^2}

Les deux signes moins s'annulent :

f(x)=bebx(1+ebx)2\boxed{f'(x) = \frac{b\,e^{-bx}}{\left(1 + e^{-bx}\right)^2}}

Au passage : cette expression est strictement positive (numérateur et dénominateur le sont), donc ff est strictement croissante — cohérent avec la courbe.

c. Détermination de bb. L'énoncé précise que (AB)(AB) est tangente à Cf\mathcal{C}_f au point AA, d'abscisse 00. Or le coefficient directeur d'une tangente est le nombre dérivé :

f(0)=m=0,05f'(0) = m = 0{,}05

Calcul de f(0)f'(0), avec e0=1e^{0} = 1 :

f(0)=b×1(1+1)2=b4f'(0) = \frac{b \times 1}{(1 + 1)^2} = \frac{b}{4}

Équation à résoudre :

b4=0,05    b=0,2\frac{b}{4} = 0{,}05 \iff b = 0{,}2

b=0,2\boxed{b = 0{,}2}

Expression finale :

f(x)=11+e0,2xf(x) = \frac{1}{1 + e^{-0{,}2x}}

C'est la fonction sigmoïde (ou logistique) — la même que celle qui sert de fonction d'activation dans les réseaux de neurones.

Partie B — Étude de ff

B.1
On admet désormais que f(x)=11+e0,2xf(x) = \dfrac{1}{1 + e^{-0{,}2x}} sur [0;+[[0\,;+\infty[.

a. Étudier les variations de ff.
b. Montrer qu'il existe un unique réel α\alpha positif tel que f(α)=0,97f(\alpha) = 0{,}97.
c. Donner un encadrement de α\alpha par deux entiers consécutifs. Interpréter.
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a. Variations. D'après la question A.2.b, avec b=0,2b = 0{,}2 :

f(x)=0,2e0,2x(1+e0,2x)2f'(x) = \frac{0{,}2\,e^{-0{,}2x}}{\left(1 + e^{-0{,}2x}\right)^2}

• le numérateur 0,2e0,2x0{,}2\,e^{-0{,}2x} est strictement positif (une exponentielle ne s'annule jamais) ;
• le dénominateur est un carré, strictement positif.

f(x)>0pour tout x0f'(x) > 0 \quad \text{pour tout } x \geqslant 0

f est STRICTEMENT CROISSANTE sur [0;+[\boxed{f \text{ est STRICTEMENT CROISSANTE sur } [0\,;+\infty[}

Elle croît de f(0)=0,5f(0) = 0{,}5 vers sa limite 11, sans jamais l'atteindre.

b. Unicité de α\alpha. On applique le corollaire du théorème des valeurs intermédiaires :

ff est continue sur [0;+[[0\,;+\infty[ (elle y est dérivable) ;
ff est strictement croissante (question a) ;
f(0)=0,5f(0) = 0{,}5 et limx+f(x)=1\lim\limits_{x \to +\infty} f(x) = 1.

Or 0,970{,}97 est compris strictement entre 0,50{,}5 et 11 :

0,5<0,97<10{,}5 < 0{,}97 < 1

L’eˊquation f(x)=0,97 admet une unique solution α sur [0;+[\boxed{\text{L'équation } f(x) = 0{,}97 \text{ admet une unique solution } \alpha \text{ sur } [0\,;+\infty[} \blacksquare

Remarquer que 0,97<10{,}97 < 1 est essentiel : la fonction n'atteint jamais la valeur 11. Si l'on avait cherché f(x)=1f(x) = 1, il n'y aurait aucune solution.

c. Encadrement de α\alpha. Par balayage à la calculatrice :

f(17)0,9677<0,97f(18)0,9734>0,97f(17) \approx 0{,}9677 < 0{,}97 \qquad f(18) \approx 0{,}9734 > 0{,}97

17<α<18\boxed{17 < \alpha < 18}

(valeur exacte : α=5ln(973)17,38\alpha = 5\ln\left(\frac{97}{3}\right) \approx 17{,}38)

Interprétation. La fonction ff modélise une grandeur qui croît de 0,50{,}5 vers 11 (une proportion, un taux de saturation…). Le seuil de 97 %97\ \% est franchi entre les valeurs 1717 et 1818 de la variable.

Autrement dit : il faut attendre entre 17 et 18 unités pour que le phénomène atteigne 97 %97\ \% de son niveau final. La convergence vers 11 est lente — caractéristique des courbes logistiques, dont la « queue » s'aplatit progressivement.

Partie C — Valeur moyenne

C.1
a. Montrer que, pour tout x[0;+[x \in [0\,;+\infty[ :
f(x)=e0,2x1+e0,2xf(x) = \frac{e^{0{,}2x}}{1 + e^{0{,}2x}}
b. En déduire une primitive de ff sur [0;+[[0\,;+\infty[.
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a. Transformation de l'expression. L'astuce consiste à multiplier le numérateur et le dénominateur par e0,2xe^{0{,}2x} — quantité non nulle, donc la valeur du quotient ne change pas.

f(x)=11+e0,2x=1×e0,2x(1+e0,2x)×e0,2xf(x) = \frac{1}{1 + e^{-0{,}2x}} = \frac{1 \times e^{0{,}2x}}{\left(1 + e^{-0{,}2x}\right) \times e^{0{,}2x}}

Développement du dénominateur, en utilisant e0,2x×e0,2x=e0=1e^{-0{,}2x} \times e^{0{,}2x} = e^{0} = 1 :

(1+e0,2x)×e0,2x=e0,2x+e0,2x×e0,2x= 1=e0,2x+1\left(1 + e^{-0{,}2x}\right) \times e^{0{,}2x} = e^{0{,}2x} + \underbrace{e^{-0{,}2x} \times e^{0{,}2x}}_{=\ 1} = e^{0{,}2x} + 1

f(x)=e0,2x1+e0,2x\boxed{f(x) = \frac{e^{0{,}2x}}{1 + e^{0{,}2x}}} \blacksquare

Pourquoi cette transformation ? Sous cette forme, on reconnaît une structure uu\dfrac{u'}{u} — et c'est exactement ce qu'il faut pour primitiver.

b. Recherche d'une primitive. Posons

u(x)=1+e0,2xalorsu(x)=0,2e0,2xu(x) = 1 + e^{0{,}2x} \qquad \text{alors} \qquad u'(x) = 0{,}2\,e^{0{,}2x}

Le numérateur e0,2xe^{0{,}2x} vaut donc u(x)0,2=5u(x)\dfrac{u'(x)}{0{,}2} = 5\,u'(x). D'où :

f(x)=5u(x)u(x)=5×u(x)u(x)f(x) = \frac{5\,u'(x)}{u(x)} = 5 \times \frac{u'(x)}{u(x)}

Or une primitive de uu\dfrac{u'}{u} est lnu\ln|u| — et ici u=1+e0,2x>0u = 1 + e^{0{,}2x} > 0, donc la valeur absolue est inutile :

F(x)=5ln(1+e0,2x)\boxed{F(x) = 5\ln\left(1 + e^{0{,}2x}\right)}

Vérification, indispensable :

F(x)=5×0,2e0,2x1+e0,2x=e0,2x1+e0,2x=f(x)F'(x) = 5 \times \frac{0{,}2\,e^{0{,}2x}}{1 + e^{0{,}2x}} = \frac{e^{0{,}2x}}{1 + e^{0{,}2x}} = f(x) \qquad \checkmark

Toute la question a était une préparation : sous la forme initiale 11+e0,2x\frac{1}{1+e^{-0{,}2x}}, aucune structure uu\frac{u'}{u} n'était visible.
C.2
Calculer la valeur moyenne de ff sur [0;40][0\,;40], c'est-à-dire
I=14004011+e0,2xdxI = \frac{1}{40}\int_0^{40} \frac{1}{1 + e^{-0{,}2x}}\,\mathrm{d}x
(valeur exacte et valeur approchée au millième)
Afficher la correction
Calcul de l'intégrale. On utilise la primitive F(x)=5ln(1+e0,2x)F(x) = 5\ln\left(1 + e^{0{,}2x}\right) trouvée à la question précédente :

040f(x)dx=[5ln(1+e0,2x)]040=F(40)F(0)\int_0^{40} f(x)\,\mathrm{d}x = \Big[5\ln\left(1 + e^{0{,}2x}\right)\Big]_0^{40} = F(40) - F(0)

En x=40x = 40 — noter que 0,2×40=80{,}2 \times 40 = 8 :

F(40)=5ln(1+e8)F(40) = 5\ln\left(1 + e^{8}\right)

En x=0x = 0 — avec e0=1e^{0} = 1 :

F(0)=5ln(1+1)=5ln2F(0) = 5\ln\left(1 + 1\right) = 5\ln 2

Différence :

040f(x)dx=5ln(1+e8)5ln2=5ln(1+e82)\int_0^{40} f(x)\,\mathrm{d}x = 5\ln\left(1 + e^{8}\right) - 5\ln 2 = 5\ln\left(\frac{1 + e^{8}}{2}\right)

(on a regroupé grâce à lnalnb=lnab\ln a - \ln b = \ln\frac{a}{b})

Valeur moyenne — on divise par la longueur de l'intervalle :

I=140×5ln(1+e82)I = \frac{1}{40} \times 5\ln\left(\frac{1 + e^{8}}{2}\right)

I=18ln(1+e82)\boxed{I = \frac{1}{8}\ln\left(\frac{1 + e^{8}}{2}\right)}

Valeur approchée. Avec e82980,96e^{8} \approx 2\,980{,}96 :

1+2980,9621490,98ln(1490,98)7,307\frac{1 + 2\,980{,}96}{2} \approx 1\,490{,}98 \qquad \ln(1\,490{,}98) \approx 7{,}307

I7,30780,9134I \approx \frac{7{,}307}{8} \approx 0{,}9134

I0,913\boxed{I \approx 0{,}913}

Contrôle de vraisemblance. Sur [0;40][0\,;40], la fonction ff croît de 0,50{,}5 à f(40)0,9997f(40) \approx 0{,}9997. Sa valeur moyenne doit donc être comprise entre 0,50{,}5 et 11 — et plutôt proche de 11, puisque la courbe grimpe vite puis reste longtemps au voisinage de sa limite. Trouver 0,9130{,}913 est parfaitement cohérent

Exercice 3 — Dénombrement et transmission — le codage base64 (4 points)

Le codage « base64 », utilisé en informatique, permet de représenter des messages et des données à l'aide de 64 caractères : les 26 lettres majuscules, les 26 lettres minuscules, les chiffres de 00 à 99, et deux caractères spéciaux.

Les parties A, B et C sont indépendantes.

Partie A — Dénombrement

A.1
On s'intéresse aux séquences de 4 caractères en base64. L'ordre compte : « m5C2 » et « 5C2m » ne sont pas identiques.

a. Déterminer le nombre de séquences possibles.
b. Déterminer le nombre de séquences dont les 4 caractères sont différents deux à deux.
Afficher la correction
a. Toutes les séquences. Il s'agit de choisir 44 caractères ordonnés, avec répétition possible (rien n'interdit « aaaa »).

Pour chacune des 44 positions, on dispose des 6464 caractères, indépendamment des autres :

64×64×64×64=64464 \times 64 \times 64 \times 64 = 64^{4}

644=16777216 seˊquences\boxed{64^{4} = 16\,777\,216 \text{ séquences}}

C'est le principe multiplicatif : c'est une 44-liste (ou « pp-uplet ») de l'ensemble des 6464 caractères.

b. Séquences à caractères deux à deux différents. Cette fois, chaque caractère utilisé est retiré du choix suivant :

6464 possibilités pour le premier caractère ;
6363 pour le deuxième (celui du premier est exclu) ;
6262 pour le troisième ;
6161 pour le quatrième.

64×63×62×6164 \times 63 \times 62 \times 61

15249024 seˊquences\boxed{15\,249\,024 \text{ séquences}}

C'est un arrangement de 44 éléments parmi 6464 : ordre pris en compte, sans répétition.

Comparaison. Sur les 16,816{,}8 millions de séquences possibles, plus de 15,215{,}2 millions ont leurs quatre caractères distincts — soit plus de 90 %90\ \%. Avec 6464 caractères disponibles pour seulement 44 positions, les répétitions restent rares.
A.2
a. Déterminer le nombre de séquences ne comportant pas de lettre « A » majuscule.
b. En déduire le nombre de séquences comportant au moins une lettre « A » majuscule.
c. Déterminer le nombre de séquences comportant exactement une fois la lettre « A ».
d. Déterminer le nombre de séquences comportant exactement deux fois la lettre « A ».
Afficher la correction
a. Aucune lettre « A ». Chacune des 44 positions doit être occupée par l'un des 641=6364 - 1 = 63 autres caractères :

63×63×63×63=63463 \times 63 \times 63 \times 63 = 63^{4}

634=15752961 seˊquences\boxed{63^{4} = 15\,752\,961 \text{ séquences}}

b. Au moins une lettre « A ». Réflexe : « au moins un » est le contraire de « aucun ».

(au moins un A)=(total)(aucun A)\text{(au moins un A)} = \text{(total)} - \text{(aucun A)}

644634=167772161575296164^{4} - 63^{4} = 16\,777\,216 - 15\,752\,961

1024255 seˊquences\boxed{1\,024\,255 \text{ séquences}}

Calculer directement « au moins un A » imposerait d'additionner les cas « exactement 1 », « exactement 2 », « exactement 3 » et « exactement 4 » — quatre calculs au lieu d'une soustraction.

c. Exactement une lettre « A ». On procède en deux temps :

1. choisir la position du « A » parmi les 44 : il y a (41)=4\dbinom{4}{1} = 4 façons ;
2. remplir les 33 autres positions avec des caractères différents de « A » : 63363^{3} façons.

(41)×633=4×250047\binom{4}{1} \times 63^{3} = 4 \times 250\,047

1000188 seˊquences\boxed{1\,000\,188 \text{ séquences}}

Le point à ne pas rater : les trois autres caractères doivent être choisis parmi 6363, pas parmi 6464 — sinon on autoriserait un second « A », et la séquence n'en comporterait plus « exactement un ».

d. Exactement deux lettres « A ». Même méthode :

1. choisir les 22 positions des « A » parmi les 44 : (42)=6\dbinom{4}{2} = 6 façons ;
2. remplir les 22 autres positions avec des caractères différents de « A » : 63263^{2} façons.

(42)×632=6×3969\binom{4}{2} \times 63^{2} = 6 \times 3\,969

23814 seˊquences\boxed{23\,814 \text{ séquences}}

Ordre de grandeur. Passer de « exactement un A » (1\approx 1 million) à « exactement deux A » (24000\approx 24\,000) divise le nombre par 4242. C'est logique : chaque « A » supplémentaire impose une position et retire un facteur 6363 de liberté.

Partie B — Transmission d'une séquence

B.1
On transmet une séquence de 250250 caractères. La probabilité qu'un caractère soit mal transmis est 0,010{,}01, et les transmissions sont indépendantes. On note XX le nombre de caractères mal transmis.

a. On admet que XX suit une loi binomiale. Donner ses paramètres.
b. Déterminer la probabilité que tous les caractères soient bien transmis. (Expression exacte, puis valeur approchée à 10310^{-3}.)
Afficher la correction
a. Paramètres. On répète n=250n = 250 fois, de façon indépendante (l'énoncé le précise), une épreuve à deux issues — caractère mal transmis (succès) ou bien transmis — de probabilité constante p=0,01p = 0{,}01.

XB(250; 0,01)\boxed{X \sim \mathcal{B}(250\,;\ 0{,}01)}

b. Tous les caractères bien transmis. Cela signifie aucun caractère mal transmis, soit X=0X = 0 :

P(X=0)=(2500)×0,010×0,99250P(X = 0) = \binom{250}{0} \times 0{,}01^{\,0} \times 0{,}99^{\,250}

P(X=0)=0,99250\boxed{P(X = 0) = 0{,}99^{\,250}}

Interprétation directe : les 250250 caractères doivent tous passer, chacun avec probabilité 0,990{,}99.

Valeur approchée :

0,99250=0,081060{,}99^{\,250} = 0{,}08106\ldots

P(X=0)0,081\boxed{P(X = 0) \approx 0{,}081}

Ce résultat est frappant. Chaque caractère a 99 %99\ \% de chances de passer — un taux d'erreur qui semble minuscule. Et pourtant, sur une séquence de 250250 caractères, il n'y a que 8 %8\ \% de chances que la transmission soit parfaite. Dans plus de 99 cas sur 1010, au moins un caractère est corrompu.

C'est pourquoi les protocoles de transmission réels intègrent des codes correcteurs d'erreurs : compter sur une transmission parfaite serait déraisonnable.
B.2
Que pensez-vous de l'affirmation suivante : « La probabilité que plus de 16 caractères soient mal transmis est négligeable » ?
Afficher la correction
L’affirmation est VRAIE\boxed{\textbf{L'affirmation est VRAIE}}

Un premier repère : l'espérance.

E(X)=np=250×0,01=2,5E(X) = np = 250 \times 0{,}01 = 2{,}5

En moyenne, on attend 2,52{,}5 caractères mal transmis. La valeur 1616 est donc plus de six fois la moyenne — on s'attend intuitivement à ce que ce soit très rare. Mais il faut le quantifier.

Calcul. « Plus de 1616 » signifie X>16X > 16, c'est-à-dire X17X \geqslant 17. On passe par l'évènement contraire :

P(X>16)=1P(X16)P(X > 16) = 1 - P(X \leqslant 16)

À la calculatrice (binomFRép / binomcdf) :

P(X16)0,999999999P(X \leqslant 16) \approx 0{,}999999999

P(X>16)1,0×109\boxed{P(X > 16) \approx 1{,}0 \times 10^{-9}}

Conclusion. La probabilité vaut environ une chance sur un milliard.

Oui, cette probabiliteˊ est parfaitement neˊgligeable\boxed{\text{Oui, cette probabilité est parfaitement négligeable}}

Mise en perspective. Si l'on transmettait une séquence de 250250 caractères par seconde, il faudrait attendre en moyenne plus de 30 ans pour observer une seule fois plus de 1616 caractères corrompus.

À noter : « négligeable » n'est pas un terme mathématique précis — il faut donc argumenter en donnant l'ordre de grandeur, et non se contenter d'affirmer.

Et le contraste avec la question précédente est instructif : la transmission parfaite est improbable (8 %8\ \%), mais une transmission catastrophique est quasi impossible. Les erreurs sont fréquentes, mais elles restent peu nombreuses.

Partie C — Quatre séquences

C.1
On transmet maintenant 4 séquences de 250250 caractères. On note X1X_1, X2X_2, X3X_3, X4X_4 les nombres de caractères mal transmis lors de chaque transmission. Ces variables sont indépendantes et suivent la même loi que XX.

On pose S=X1+X2+X3+X4S = X_1 + X_2 + X_3 + X_4.

Déterminer, en justifiant, l'espérance et la variance de SS.
Afficher la correction
Espérance et variance de chaque XiX_i. Chacune suit B(250;0,01)\mathcal{B}(250\,;0{,}01), donc :

E(Xi)=np=250×0,01=2,5E(X_i) = np = 250 \times 0{,}01 = 2{,}5

V(Xi)=np(1p)=250×0,01×0,99=2,475V(X_i) = np(1-p) = 250 \times 0{,}01 \times 0{,}99 = 2{,}475

---

Espérance de SS. L'espérance est additive, et cela sans aucune hypothèse — l'indépendance n'est pas nécessaire ici :

E(S)=E(X1)+E(X2)+E(X3)+E(X4)=4×2,5E(S) = E(X_1) + E(X_2) + E(X_3) + E(X_4) = 4 \times 2{,}5

E(S)=10\boxed{E(S) = 10}

---

Variance de SS. Ici, en revanche, l'indépendance est indispensable. C'est elle — et elle seule — qui autorise :

V(X1+X2+X3+X4)=V(X1)+V(X2)+V(X3)+V(X4)V(X_1 + X_2 + X_3 + X_4) = V(X_1) + V(X_2) + V(X_3) + V(X_4)

L'énoncé précise bien que les variables sont indépendantes entre elles : la condition est remplie.

V(S)=4×2,475V(S) = 4 \times 2{,}475

V(S)=9,9\boxed{V(S) = 9{,}9}

---

Le point de méthode, essentiel. C'est la distinction du chapitre :

Additive ?Hypothèse nécessaire
Espérancetoujoursaucune
Varianceseulement si…indépendance


Une justification qui ne mentionne pas l'indépendance pour la variance est incomplète — et le sujet demande explicitement de « justifier ».

Contrôle par une autre voie. SS compte les caractères mal transmis sur 4×250=10004 \times 250 = 1\,000 caractères, tous indépendants et de même probabilité 0,010{,}01. Donc SB(1000;0,01)S \sim \mathcal{B}(1\,000\,;0{,}01), d'où :

E(S)=1000×0,01=10E(S) = 1\,000 \times 0{,}01 = 10 \qquad \checkmark
V(S)=1000×0,01×0,99=9,9V(S) = 1\,000 \times 0{,}01 \times 0{,}99 = 9{,}9 \qquad \checkmark

Les deux méthodes concordent.

Exercice 4 — Trois plans en faisceau (4 points)

On se place dans un repère orthonormé (O;ı,ȷ,k)\left(O\,;\vec{\imath},\vec{\jmath},\vec{k}\right) de l'espace.

On considère les points A(1;0;3)A(1\,;0\,;3), B(2;1;2)B(-2\,;1\,;2) et C(0;3;2)C(0\,;3\,;2).
1
a. Montrer que les points AA, BB et CC ne sont pas alignés.
b. Soit n(114)\vec{n}\begin{pmatrix}-1\\1\\4\end{pmatrix}. Vérifier que n\vec{n} est orthogonal au plan (ABC)(ABC).
c. En déduire que (ABC)(ABC) admet pour équation cartésienne x+y+4z11=0-x + y + 4z - 11 = 0.
Afficher la correction
a. Les points ne sont pas alignés. Ils le sont si et seulement si AB\vec{AB} et AC\vec{AC} sont colinéaires.

AB=BA=(211023)=(311)AC=CA=(013023)=(131)\vec{AB} = B - A = \begin{pmatrix}-2-1\\1-0\\2-3\end{pmatrix} = \begin{pmatrix}-3\\1\\-1\end{pmatrix} \qquad \vec{AC} = C - A = \begin{pmatrix}0-1\\3-0\\2-3\end{pmatrix} = \begin{pmatrix}-1\\3\\-1\end{pmatrix}

Test de colinéarité — on compare les rapports :

31=3mais133\frac{-3}{-1} = 3 \qquad \text{mais} \qquad \frac{1}{3} \neq 3

Les rapports diffèrent : les vecteurs ne sont pas colinéaires.

A,B,C ne sont pas aligneˊs — ils deˊfinissent donc un plan\boxed{A, B, C \text{ ne sont pas alignés — ils définissent donc un plan}} \blacksquare

b. n\vec{n} est normal au plan (ABC)(ABC). Il faut vérifier que n\vec{n} est orthogonal à deux vecteurs non colinéaires du plan — c'est-à-dire à AB\vec{AB} et à AC\vec{AC}. Un seul ne suffirait pas.

nAB=(1)×(3)+1×1+4×(1)=3+14=0\vec{n} \cdot \vec{AB} = (-1) \times (-3) + 1 \times 1 + 4 \times (-1) = 3 + 1 - 4 = 0 \qquad \checkmark

nAC=(1)×(1)+1×3+4×(1)=1+34=0\vec{n} \cdot \vec{AC} = (-1) \times (-1) + 1 \times 3 + 4 \times (-1) = 1 + 3 - 4 = 0 \qquad \checkmark

Les deux produits scalaires sont nuls, et AB\vec{AB}, AC\vec{AC} ne sont pas colinéaires (question a) :

n est orthogonal au plan (ABC)\boxed{\vec{n} \text{ est orthogonal au plan } (ABC)} \blacksquare

c. Équation cartésienne. Un plan de vecteur normal n(a;b;c)\vec{n}(a\,;b\,;c) a une équation de la forme ax+by+cz+d=0ax + by + cz + d = 0. Avec n(1;1;4)\vec{n}(-1\,;1\,;4) :

x+y+4z+d=0-x + y + 4z + d = 0

Détermination de dd — le plan passe par A(1;0;3)A(1\,;0\,;3), dont les coordonnées vérifient l'équation :

1+0+4×3+d=0    1+12+d=0    d=11-1 + 0 + 4 \times 3 + d = 0 \iff -1 + 12 + d = 0 \iff d = -11

(ABC): x+y+4z11=0\boxed{(ABC) : \ -x + y + 4z - 11 = 0} \blacksquare

Vérification avec B(2;1;2)B(-2\,;1\,;2) :

(2)+1+4×211=2+1+811=0-(-2) + 1 + 4 \times 2 - 11 = 2 + 1 + 8 - 11 = 0 \qquad \checkmark

Et avec C(0;3;2)C(0\,;3\,;2) :

0+3+811=00 + 3 + 8 - 11 = 0 \qquad \checkmark
2
On considère le plan P\mathcal{P} d'équation 3x3y+2z9=03x - 3y + 2z - 9 = 0 et le plan P\mathcal{P}' d'équation xyz+2=0x - y - z + 2 = 0.

a. Démontrer que P\mathcal{P} et P\mathcal{P}' sont sécants. On note (d)(d) leur droite d'intersection.
b. Déterminer si P\mathcal{P} et P\mathcal{P}' sont perpendiculaires.
Afficher la correction
Les deux vecteurs normaux se lisent sur les coefficients des équations :

nP(332)nP(111)\vec{n_{\mathcal{P}}}\begin{pmatrix}3\\-3\\2\end{pmatrix} \qquad \vec{n_{\mathcal{P}'}}\begin{pmatrix}1\\-1\\-1\end{pmatrix}

a. Les plans sont sécants. Deux plans sont parallèles si et seulement si leurs vecteurs normaux sont colinéaires. Testons :

31=331=3mais21=2\frac{3}{1} = 3 \qquad \frac{-3}{-1} = 3 \qquad \text{mais} \qquad \frac{2}{-1} = -2

Les deux premiers rapports coïncident, le troisième non. Les vecteurs ne sont donc pas colinéaires.

P et P sont SEˊCANTS : leur intersection est une droite (d)\boxed{\mathcal{P} \text{ et } \mathcal{P}' \text{ sont SÉCANTS : leur intersection est une droite } (d)} \blacksquare

Le piège : voir que 31=31=3\frac{3}{1} = \frac{-3}{-1} = 3 et conclure trop vite à la colinéarité. Les trois rapports doivent être égaux — c'est la troisième coordonnée qui tranche.

b. Sont-ils perpendiculaires ? Deux plans sont perpendiculaires si et seulement si leurs vecteurs normaux sont orthogonaux.

nPnP=3×1+(3)×(1)+2×(1)=3+32\vec{n_{\mathcal{P}}} \cdot \vec{n_{\mathcal{P}'}} = 3 \times 1 + (-3) \times (-1) + 2 \times (-1) = 3 + 3 - 2

nPnP=40\boxed{\vec{n_{\mathcal{P}}} \cdot \vec{n_{\mathcal{P}'}} = 4 \neq 0}

Le produit scalaire n'est pas nul :

P et P ne sont PAS perpendiculaires\boxed{\mathcal{P} \text{ et } \mathcal{P}' \text{ ne sont PAS perpendiculaires}}

Ils sont sécants, mais selon un angle qui n'est pas droit.
3
Montrer que la droite (d)(d) est dirigée par le vecteur u(110)\vec{u}\begin{pmatrix}1\\1\\0\end{pmatrix}.
Afficher la correction
Le raisonnement. La droite (d)(d) est l'intersection de P\mathcal{P} et P\mathcal{P}'. Elle est donc contenue dans les deux plans à la fois.

Or un vecteur directeur d'une droite contenue dans un plan est nécessairement orthogonal au vecteur normal de ce plan.

Il suffit donc de vérifier que u\vec{u} est orthogonal aux DEUX vecteurs normaux.

unP=1×3+1×(3)+0×2=33+0=0\vec{u} \cdot \vec{n_{\mathcal{P}}} = 1 \times 3 + 1 \times (-3) + 0 \times 2 = 3 - 3 + 0 = 0 \qquad \checkmark

unP=1×1+1×(1)+0×(1)=110=0\vec{u} \cdot \vec{n_{\mathcal{P}'}} = 1 \times 1 + 1 \times (-1) + 0 \times (-1) = 1 - 1 - 0 = 0 \qquad \checkmark

Conclusion. u\vec{u} est orthogonal à nP\vec{n_{\mathcal{P}}} et à nP\vec{n_{\mathcal{P}'}}. Il est donc parallèle aux deux plans, donc parallèle à leur droite d'intersection.

Comme u0\vec{u} \neq \vec{0} :

u est un vecteur directeur de (d)\boxed{\vec{u} \text{ est un vecteur directeur de } (d)} \blacksquare

Cette méthode évite entièrement de résoudre le système des deux équations de plans — calcul long et propice aux erreurs. On se contente de vérifier le vecteur proposé.
4
Montrer que le point M(2;1;3)M(2\,;1\,;3) appartient aux plans P\mathcal{P} et P\mathcal{P}'. En déduire une représentation paramétrique de la droite (d)(d).
Afficher la correction
MM appartient-il à P\mathcal{P} ? On injecte M(2;1;3)M(2\,;1\,;3) dans l'équation 3x3y+2z9=03x - 3y + 2z - 9 = 0 :

3×23×1+2×39=63+69=03 \times 2 - 3 \times 1 + 2 \times 3 - 9 = 6 - 3 + 6 - 9 = 0 \qquad \checkmark

MM appartient-il à P\mathcal{P}' ? Dans l'équation xyz+2=0x - y - z + 2 = 0 :

213+2=02 - 1 - 3 + 2 = 0 \qquad \checkmark

MPP=(d)\boxed{M \in \mathcal{P} \cap \mathcal{P}' = (d)}

Représentation paramétrique. Une droite est entièrement déterminée par un point et un vecteur directeur. On dispose des deux :

• point : M(2;1;3)M(2\,;1\,;3) ;
• vecteur directeur : u(110)\vec{u}\begin{pmatrix}1\\1\\0\end{pmatrix} (question 3).

Tout point de (d)(d) s'écrit M+tuM + t\,\vec{u} :

(d): {x=2+ty=1+tz=3tR\boxed{(d) : \ \left\{\begin{array}{l} x = 2 + t \\ y = 1 + t \\ z = 3 \end{array}\right. \qquad t \in \mathbb{R}}

Remarquer que zz est constant : la troisième coordonnée de u\vec{u} étant nulle, la droite (d)(d) est horizontale — contenue dans le plan d'équation z=3z = 3.

Contrôle — le point obtenu pour t=1t = 1, soit (3;2;3)(3\,;2\,;3), doit vérifier les deux équations :

P: 96+69=0P: 323+2=0\mathcal{P} : \ 9 - 6 + 6 - 9 = 0 \quad \checkmark \qquad \mathcal{P}' : \ 3 - 2 - 3 + 2 = 0 \quad \checkmark
5
Montrer que la droite (d)(d) est aussi incluse dans le plan (ABC)(ABC).

Que peut-on dire des trois plans (ABC)(ABC), P\mathcal{P} et P\mathcal{P}' ?
Afficher la correction
Une droite est incluse dans un plan si et seulement si DEUX conditions sont réunies :

1. un point de la droite appartient au plan ;
2. le vecteur directeur de la droite est orthogonal au vecteur normal du plan.

Une seule des deux ne suffit pas : la première seule donnerait une droite sécante, la seconde seule une droite parallèle.

---

Condition 1 : M(2;1;3)M(2\,;1\,;3) appartient-il à (ABC)(ABC) ? On l'injecte dans l'équation x+y+4z11=0-x + y + 4z - 11 = 0 :

2+1+4×311=2+1+1211=0-2 + 1 + 4 \times 3 - 11 = -2 + 1 + 12 - 11 = 0 \qquad \checkmark

Condition 2 : u\vec{u} est-il orthogonal à n\vec{n} ? Avec u(1;1;0)\vec{u}(1\,;1\,;0) et n(1;1;4)\vec{n}(-1\,;1\,;4) :

un=1×(1)+1×1+0×4=1+1+0=0\vec{u} \cdot \vec{n} = 1 \times (-1) + 1 \times 1 + 0 \times 4 = -1 + 1 + 0 = 0 \qquad \checkmark

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Les deux conditions sont remplies :

(d)(ABC)\boxed{(d) \subset (ABC)} \blacksquare

Que peut-on dire des trois plans ?

Nous avons établi que la droite (d)(d) est contenue simultanément dans les trois plans :

(d)P,(d)P,(d)(ABC)(d) \subset \mathcal{P}, \qquad (d) \subset \mathcal{P}', \qquad (d) \subset (ABC)

Les trois plans sont SEˊCANTS SELON LA MEˆME DROITE (d)Ils forment un FAISCEAU de plans\boxed{\begin{array}{l} \text{Les trois plans sont SÉCANTS SELON LA MÊME DROITE } (d) \\[6pt] \text{Ils forment un FAISCEAU de plans} \end{array}}

Ce que cela signifie géométriquement. Imaginez les pages d'un livre ouvert : chaque page est un plan, et elles partagent toutes la même reliure — la droite (d)(d). Les trois plans « pivotent » autour de cet axe commun.

C'est une configuration remarquable. En général, trois plans deux à deux sécants se coupent en un seul point (comme trois faces d'un coin de pièce). Ici, l'intersection des trois plans n'est pas un point mais une droite entière — cas particulier qui traduit une dépendance entre les trois équations.

Vérification de cette dépendance : on peut d'ailleurs constater que l'équation de (ABC)(ABC) s'obtient par combinaison linéaire de celles de P\mathcal{P} et P\mathcal{P}' — c'est exactement la caractérisation algébrique d'un faisceau de plans.

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