Bac Maths 2025 Métropole Jour 1
17 juin 2025 — 4 exercices — 20 points — épreuve de spécialité
Correction rédigée par Maths Facile — 27 questions détaillées. Chaque résultat numérique de cette page a été recalculé indépendamment avec un moteur de calcul formel avant publication.
Énoncé : sujet officiel de l'épreuve de spécialité mathématiques, session 17 juin 2025.
Thèmes abordés
Exercice 1 — Probabilités — groupes sanguins (5 points)
On compte quatre groupes sanguins dans l'espèce humaine : A, B, AB et O.
Chaque groupe sanguin peut présenter un facteur rhésus. Lorsqu'il est présent, on dit que le rhésus est positif, sinon on dit qu'il est négatif.
Au sein de la population française, on sait que :
• des individus appartiennent au groupe A, et parmi eux sont de rhésus positif ;
• des individus appartiennent au groupe B, et parmi eux sont de rhésus positif ;
• des individus appartiennent au groupe AB, et parmi eux sont de rhésus positif.
On choisit au hasard une personne dans la population française. On désigne par , , et les évènements « la personne choisie est du groupe sanguin correspondant », et par l'évènement « la personne choisie a un facteur rhésus positif ».
Pour un évènement quelconque , on note l'évènement contraire et sa probabilité.
Chaque groupe sanguin peut présenter un facteur rhésus. Lorsqu'il est présent, on dit que le rhésus est positif, sinon on dit qu'il est négatif.
Au sein de la population française, on sait que :
• des individus appartiennent au groupe A, et parmi eux sont de rhésus positif ;
• des individus appartiennent au groupe B, et parmi eux sont de rhésus positif ;
• des individus appartiennent au groupe AB, et parmi eux sont de rhésus positif.
On choisit au hasard une personne dans la population française. On désigne par , , et les évènements « la personne choisie est du groupe sanguin correspondant », et par l'évènement « la personne choisie a un facteur rhésus positif ».
Pour un évènement quelconque , on note l'évènement contraire et sa probabilité.
Arbre pondéré.
1
Recopier l'arbre ci-contre en complétant les dix pointillés.
Afficher la correction
Les quatre groupes forment une partition de la population : leurs probabilités ont pour somme . On en déduit la branche manquante du premier niveau :
Sur chaque paire de branches du second niveau, les deux probabilités conditionnelles ont également pour somme :
Le réflexe : sur un arbre pondéré, la somme des probabilités partant d'un même nœud vaut toujours 1. C'est ce qui permet de compléter huit des dix pointillés sans le moindre calcul.
Sur chaque paire de branches du second niveau, les deux probabilités conditionnelles ont également pour somme :
| Groupe | |||
|---|---|---|---|
| A | |||
| B | |||
| AB | |||
| O | (question 3) |
Le réflexe : sur un arbre pondéré, la somme des probabilités partant d'un même nœud vaut toujours 1. C'est ce qui permet de compléter huit des dix pointillés sans le moindre calcul.
2
Montrer que . Interpréter ce résultat dans le contexte de l'exercice.
Afficher la correction
On multiplie les probabilités le long du chemin menant à puis à (formule des probabilités composées) :
Interprétation : de la population française est de groupe B et de rhésus positif — autrement dit, environ personnes sur sont B+.
Attention à ne pas confondre (une personne prise au hasard dans toute la population) et (une personne prise au hasard parmi les B).
Interprétation : de la population française est de groupe B et de rhésus positif — autrement dit, environ personnes sur sont B+.
Attention à ne pas confondre (une personne prise au hasard dans toute la population) et (une personne prise au hasard parmi les B).
3
On précise que . Montrer que .
Afficher la correction
Les évènements , , , forment une partition de l'univers : on applique la formule des probabilités totales.
Vérification : , et ✓
Vérification : , et ✓
4
On dit qu'un individu est « donneur universel » lorsque son sang peut être transfusé à toute personne sans risque d'incompatibilité. Le groupe O de rhésus négatif est le seul vérifiant cette caractéristique. Montrer que la probabilité qu'un individu choisi au hasard soit donneur universel est de .
Afficher la correction
Être donneur universel, c'est réaliser l'évènement . On suit le chemin correspondant sur l'arbre :
D'après la question 3, , donc par événement contraire :
Interprétation : environ de la population française est donneur universel — soit à peine une personne sur quatorze. C'est ce qui explique la tension permanente sur les stocks de sang O négatif.
D'après la question 3, , donc par événement contraire :
Interprétation : environ de la population française est donneur universel — soit à peine une personne sur quatorze. C'est ce qui explique la tension permanente sur les stocks de sang O négatif.
5
Lors d'une collecte, on choisit un échantillon de personnes dans la population d'une ville française. Cette population est suffisamment grande pour assimiler ce choix à un tirage avec remise. On note la variable aléatoire qui, à chaque échantillon de personnes, associe le nombre de donneurs universels.
a. Justifier que suit une loi binomiale dont on précisera les paramètres.
b. Déterminer à près la probabilité qu'il y ait au plus 7 donneurs universels dans cet échantillon.
c. Montrer que et que à près.
a. Justifier que suit une loi binomiale dont on précisera les paramètres.
b. Déterminer à près la probabilité qu'il y ait au plus 7 donneurs universels dans cet échantillon.
c. Montrer que et que à près.
Afficher la correction
a. Reconnaître la loi binomiale. Il faut vérifier les trois conditions du schéma de Bernoulli :
• l'expérience est la répétition de épreuves identiques (choisir une personne) ;
• chaque épreuve n'a que deux issues : la personne est donneur universel (succès) ou non ;
• les épreuves sont indépendantes, car l'énoncé précise que le tirage est assimilé à un tirage avec remise. La probabilité de succès reste donc constante, égale à .
C'est la mention « avec remise » qui débloque l'exercice : sans elle, la probabilité de succès changerait à chaque tirage et la loi ne serait pas binomiale.
b. Probabilité d'au plus 7 donneurs universels. « Au plus » signifie , c'est-à-dire ou ou … ou :
À la calculatrice (fonction binomFRép ou binomcdf) :
c. Espérance et variance. Pour , les formules du cours donnent et :
Cohérence : l'espérance vaut et l'on trouve , soit un peu plus d'une chance sur deux d'être en dessous de la moyenne — normal, la loi binomiale est légèrement dissymétrique quand est petit.
• l'expérience est la répétition de épreuves identiques (choisir une personne) ;
• chaque épreuve n'a que deux issues : la personne est donneur universel (succès) ou non ;
• les épreuves sont indépendantes, car l'énoncé précise que le tirage est assimilé à un tirage avec remise. La probabilité de succès reste donc constante, égale à .
C'est la mention « avec remise » qui débloque l'exercice : sans elle, la probabilité de succès changerait à chaque tirage et la loi ne serait pas binomiale.
b. Probabilité d'au plus 7 donneurs universels. « Au plus » signifie , c'est-à-dire ou ou … ou :
À la calculatrice (fonction binomFRép ou binomcdf) :
c. Espérance et variance. Pour , les formules du cours donnent et :
Cohérence : l'espérance vaut et l'on trouve , soit un peu plus d'une chance sur deux d'être en dessous de la moyenne — normal, la loi binomiale est légèrement dissymétrique quand est petit.
6
Lors de la semaine nationale du don du sang, une collecte est organisée dans villes françaises. On note les variables aléatoires donnant, pour chaque ville, le nombre de donneurs universels dans un échantillon de personnes. Ces variables sont indépendantes, de même espérance et de même variance . On pose .
a. Que représente dans le contexte de l'exercice ?
b. Calculer .
c. Montrer que .
d. Déterminer la plus petite valeur de pour laquelle l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev permet d'affirmer que .
a. Que représente dans le contexte de l'exercice ?
b. Calculer .
c. Montrer que .
d. Déterminer la plus petite valeur de pour laquelle l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev permet d'affirmer que .
Afficher la correction
a. Interprétation. est la moyenne, sur les villes, du nombre de donneurs universels trouvés dans un échantillon de personnes. C'est un nombre moyen de donneurs universels par échantillon de personnes.
b. Espérance. L'espérance est linéaire, et elle l'est sans aucune hypothèse d'indépendance :
La moyenne d'échantillonnage a la même espérance que chaque variable : c'est ce qui fait d'elle un bon estimateur.
c. Variance. Ici, en revanche, l'indépendance est indispensable : elle seule autorise . Avec :
C'est le cœur de la loi des grands nombres : la variance de la moyenne décroît en . Plus on multiplie les villes, plus la moyenne se resserre autour de .
d. Application de Bienaymé-Tchebychev. L'inégalité s'écrit, pour tout :
Première étape : reconnaître l'intervalle. Il faut voir que l'intervalle est centré sur l'espérance :
Donc équivaut exactement à . On prend .
Deuxième étape : passer à l'évènement contraire.
Troisième étape : résoudre. Il suffit que cette minoration atteigne :
Comme est un entier :
Ce qu'il faut retenir : il faut près de sept mille villes pour garantir un encadrement à avec de confiance. Bienaymé-Tchebychev est valable pour n'importe quelle loi, ce qui la rend très générale — mais aussi très pessimiste. Une majoration adaptée à la loi binomiale donnerait un bien plus petit.
b. Espérance. L'espérance est linéaire, et elle l'est sans aucune hypothèse d'indépendance :
La moyenne d'échantillonnage a la même espérance que chaque variable : c'est ce qui fait d'elle un bon estimateur.
c. Variance. Ici, en revanche, l'indépendance est indispensable : elle seule autorise . Avec :
C'est le cœur de la loi des grands nombres : la variance de la moyenne décroît en . Plus on multiplie les villes, plus la moyenne se resserre autour de .
d. Application de Bienaymé-Tchebychev. L'inégalité s'écrit, pour tout :
Première étape : reconnaître l'intervalle. Il faut voir que l'intervalle est centré sur l'espérance :
Donc équivaut exactement à . On prend .
Deuxième étape : passer à l'évènement contraire.
Troisième étape : résoudre. Il suffit que cette minoration atteigne :
Comme est un entier :
Ce qu'il faut retenir : il faut près de sept mille villes pour garantir un encadrement à avec de confiance. Bienaymé-Tchebychev est valable pour n'importe quelle loi, ce qui la rend très générale — mais aussi très pessimiste. Une majoration adaptée à la loi binomiale donnerait un bien plus petit.
Exercice 2 — Étude de fonction, convexité et calcul d'aire (6 points)
On considère une fonction définie et deux fois dérivable sur . On note sa dérivée et sa dérivée seconde.
Dans un repère orthogonal, on a tracé ci-dessous :
• la courbe représentative de , notée , sur l'intervalle ;
• la droite , tangente à au point ;
• la droite , tangente à au point .
On précise que la tangente passe par le point .
Dans un repère orthogonal, on a tracé ci-dessous :
• la courbe représentative de , notée , sur l'intervalle ;
• la droite , tangente à au point ;
• la droite , tangente à au point .
On précise que la tangente passe par le point .
Partie A — Lectures graphiques
A.1
Déterminer le nombre dérivé .
Afficher la correction
Le nombre dérivé est le coefficient directeur de la tangente au point d'abscisse .
Or passe par deux points connus : et . Son coefficient directeur est donc
Contrôle par le calcul (avec l'expression donnée en partie B) : ✓
Or passe par deux points connus : et . Son coefficient directeur est donc
Contrôle par le calcul (avec l'expression donnée en partie B) : ✓
A.2
Combien de solutions l'équation admet-elle dans l'intervalle ?
Afficher la correction
signifie que la tangente est horizontale. Graphiquement, cela se produit aux extremums locaux de la courbe.
Sur , la courbe présente un maximum local puis un minimum local : elle admet donc deux tangentes horizontales.
Contrôle par le calcul. Avec , on pose :
d'où et . Les deux appartiennent bien à ✓
Sur , la courbe présente un maximum local puis un minimum local : elle admet donc deux tangentes horizontales.
Contrôle par le calcul. Avec , on pose :
d'où et . Les deux appartiennent bien à ✓
A.3
Quel est le signe de ?
Afficher la correction
Le signe de donne la convexité. Au voisinage de , la courbe est tournée vers le bas (elle est concave : elle passe sous ses tangentes).
Contrôle par le calcul (question B.3.a) : ✓
Contrôle par le calcul (question B.3.a) : ✓
Partie B — Étude de la fonction
B.1
On admet que sur .
Résoudre dans l'équation . En déduire que ne coupe pas l'axe des abscisses.
Résoudre dans l'équation . En déduire que ne coupe pas l'axe des abscisses.
Afficher la correction
Résolution du trinôme. On calcule le discriminant :
Conséquence sur le signe. Un trinôme sans racine réelle garde le signe de son coefficient dominant sur tout . Ici , donc
En particulier pour , quel que soit .
Conclusion. Sur , est le produit de et d'un crochet strictement positif :
L'astuce du sujet : le changement de variable transforme une fonction compliquée en un simple trinôme dont on sait étudier le signe.
Conséquence sur le signe. Un trinôme sans racine réelle garde le signe de son coefficient dominant sur tout . Ici , donc
En particulier pour , quel que soit .
Conclusion. Sur , est le produit de et d'un crochet strictement positif :
L'astuce du sujet : le changement de variable transforme une fonction compliquée en un simple trinôme dont on sait étudier le signe.
B.2
Déterminer, en justifiant, la limite de en . (On admettra que la limite de en est égale à .)
Afficher la correction
Quand , on a . Posons : le crochet devient le trinôme , qui tend vers (le terme en l'emporte).
Et . Par produit de deux facteurs tendant vers — il n'y a pas d'indétermination :
Remarque : la limite en vaut (admise). Elle se démontrerait par croissance comparée, .
Et . Par produit de deux facteurs tendant vers — il n'y a pas d'indétermination :
Remarque : la limite en vaut (admise). Elle se démontrerait par croissance comparée, .
B.3
On admet que pour tout , .
a. Montrer que .
b. Étudier la convexité de sur et préciser la valeur exacte de l'abscisse du point d'inflexion.
c. Montrer que est au-dessus de la tangente sur .
a. Montrer que .
b. Étudier la convexité de sur et préciser la valeur exacte de l'abscisse du point d'inflexion.
c. Montrer que est au-dessus de la tangente sur .
Afficher la correction
a. Calcul de . On dérive terme à terme.
Pour le premier terme, c'est une composée de la forme avec et :
Pour le deuxième : . La constante disparaît.
b. Convexité. Sur , on a : le signe de est donc celui de .
s'annule en changeant de signe en : la courbe y change de convexité.
est concave sur et convexe sur .
Cela confirme la lecture graphique de la question A.3 : , donc ✓
c. Position par rapport à la tangente . C'est une application directe de la convexité — aucun calcul n'est nécessaire.
D'après la question b, est convexe sur . Or , donc
est donc convexe sur . Et une propriété du cours dit qu'une fonction convexe a sa courbe au-dessus de toutes ses tangentes.
Comme appartient à cet intervalle () :
C'est le piège de la question : on est tenté d'étudier le signe de , calcul long et pénible. Le sujet attend l'argument de convexité, qui tient en deux lignes.
Pour le premier terme, c'est une composée de la forme avec et :
Pour le deuxième : . La constante disparaît.
b. Convexité. Sur , on a : le signe de est donc celui de .
| signe de | |||||
| convexité de | concave | convexe |
s'annule en changeant de signe en : la courbe y change de convexité.
est concave sur et convexe sur .
Cela confirme la lecture graphique de la question A.3 : , donc ✓
c. Position par rapport à la tangente . C'est une application directe de la convexité — aucun calcul n'est nécessaire.
D'après la question b, est convexe sur . Or , donc
est donc convexe sur . Et une propriété du cours dit qu'une fonction convexe a sa courbe au-dessus de toutes ses tangentes.
Comme appartient à cet intervalle () :
C'est le piège de la question : on est tenté d'étudier le signe de , calcul long et pénible. Le sujet attend l'argument de convexité, qui tient en deux lignes.
Partie C — Calcul d'aire
C.1
Justifier que la tangente a pour équation réduite .
Afficher la correction
L'équation de la tangente au point d'abscisse est . Ici .
Calcul de . Comme :
Cohérent avec l'énoncé, qui place en ✓
Calcul de .
Équation de la tangente.
Calcul de . Comme :
Cohérent avec l'énoncé, qui place en ✓
Calcul de .
Équation de la tangente.
C.2
À l'aide d'une intégration par parties, montrer que .
Afficher la correction
Choix des fonctions. La règle : on dérive le logarithme (il disparaît) et on primitive le polynôme.
Application de la formule :
Terme tout intégré :
Intégrale restante — le simplifie le , c'est tout l'intérêt de la manœuvre :
Conclusion :
Application de la formule :
Terme tout intégré :
Intégrale restante — le simplifie le , c'est tout l'intérêt de la manœuvre :
Conclusion :
C.3
On note l'aire du domaine hachuré, délimité par , la tangente et les droites d'équation et . On admet que .
En déduire la valeur exacte de en unité d'aire.
En déduire la valeur exacte de en unité d'aire.
Afficher la correction
Mise en place. D'après la question B.3.c, est au-dessus de sur . L'aire entre les deux courbes s'écrit donc, sans valeur absolue :
C'est là que la question B.3.c sert : sans elle, on ne saurait pas dans quel ordre soustraire.
Développement de .
Calcul de , en utilisant les deux intégrales fournies :
Reprenons proprement, tout sur :
Calcul de :
Conclusion :
Contrôle de vraisemblance : le domaine hachuré est un « croissant » entre et , d'une largeur d'environ et d'une hauteur maximale de l'ordre de . Une aire d'environ u.a. est cohérente — et surtout elle est positive, ce qui confirme le sens de la soustraction.
C'est là que la question B.3.c sert : sans elle, on ne saurait pas dans quel ordre soustraire.
Développement de .
Calcul de , en utilisant les deux intégrales fournies :
Reprenons proprement, tout sur :
Calcul de :
Conclusion :
Contrôle de vraisemblance : le domaine hachuré est un « croissant » entre et , d'une largeur d'environ et d'une hauteur maximale de l'ordre de . Une aire d'environ u.a. est cohérente — et surtout elle est positive, ce qui confirme le sens de la soustraction.
Exercice 3 — Vrai / Faux — géométrie dans l'espace (4 points)
Pour chacune des affirmations suivantes, indiquer si elle est vraie ou fausse. Justifier chaque réponse. Une réponse non justifiée ne rapporte aucun point.
L'espace est muni d'un repère orthonormé .
L'espace est muni d'un repère orthonormé .
1
On considère les points et .
Affirmation 1 : une représentation paramétrique de la droite est
Affirmation 1 : une représentation paramétrique de la droite est
Afficher la correction
Pour qu'une représentation paramétrique soit celle de , deux conditions doivent être réunies : le vecteur directeur doit être colinéaire à , et la droite doit passer par ou .
Condition 1 — le vecteur directeur.
La représentation proposée a pour vecteur directeur . Or
Les vecteurs sont colinéaires ✓
Condition 2 — un point commun. Pour , on obtient le point de coordonnées , c'est-à-dire exactement le point ✓
Les deux conditions sont remplies : c'est bien une représentation paramétrique de .
Piège classique : un vecteur directeur colinéaire ne suffit pas — il faut aussi vérifier qu'un point de la droite est atteint, sinon on décrit une parallèle à , pas .
2
Affirmation 2 : le vecteur est normal au plan .
Afficher la correction
Un vecteur est normal au plan s'il est orthogonal à deux vecteurs non colinéaires de ce plan, par exemple et . Il faut donc que les deux produits scalaires soient nuls.
Premier produit scalaire, avec :
Celui-ci est bien nul — et c'est précisément ce qui rend l'affirmation piégeuse.
Second produit scalaire, avec :
n'est pas orthogonal à , donc il n'est pas normal au plan .
La leçon : vérifier un seul produit scalaire ne prouve rien. Ici, s'arrêter après conduisait tout droit à la mauvaise réponse.
3
On considère la droite de représentation paramétrique avec , et la droite de représentation paramétrique avec .
Affirmation 3 : les droites et ne sont pas coplanaires.
Affirmation 3 : les droites et ne sont pas coplanaires.
Afficher la correction
Méthode. Deux droites sont non coplanaires lorsqu'elles ne sont ni parallèles, ni sécantes. Il faut donc chercher un point d'intersection : si le système admet une solution, elles sont sécantes, donc coplanaires.
Les vecteurs directeurs sont et . Ils ne sont pas colinéaires ( mais ), donc les droites ne sont pas parallèles.
Recherche d'un point d'intersection. On résout :
Les deux premières équations donnent et . En les égalant :
d'où .
Vérification indispensable dans la troisième équation — c'est elle qui décide :
Le système est compatible : les droites se coupent au point obtenu pour , soit
Elles sont donc sécantes, et deux droites sécantes sont toujours coplanaires. L'affirmation est fausse.
Le point de bascule : si la troisième équation avait été contradictoire, les droites auraient été non coplanaires et l'affirmation aurait été vraie. Il ne faut jamais faire l'économie de cette vérification.
4
On considère le plan d'équation .
Affirmation 4 : la distance du point au plan est égale à .
Affirmation 4 : la distance du point au plan est égale à .
Afficher la correction
On applique la formule de la distance d'un point à un plan d'équation :
Ici , , , , et .
Numérateur :
Dénominateur :
Conclusion :
Ne pas oublier la valeur absolue : une distance est toujours positive. Et penser à rationaliser pour reconnaître la forme attendue.
Exercice 4 — Suites et équation différentielle — la posidonie (5 points)
Une équipe de biologistes étudie l'évolution de la superficie recouverte par une algue marine appelée posidonie, sur le fond de la baie de l'Alycastre, près de l'île de Porquerolles.
La zone étudiée a une superficie totale de hectares (ha), et au premier juillet 2024, la posidonie recouvrait ha de cette zone.
La zone étudiée a une superficie totale de hectares (ha), et au premier juillet 2024, la posidonie recouvrait ha de cette zone.
Partie A — Étude d'un modèle discret
A.1
Pour tout entier naturel , on note la superficie, en hectare, recouverte par la posidonie au premier juillet de l'année . Ainsi . Une étude a établi que pour tout entier naturel :
Calculer la superficie que devrait recouvrir la posidonie au premier juillet 2025.
Calculer la superficie que devrait recouvrir la posidonie au premier juillet 2025.
Afficher la correction
Le premier juillet 2025 correspond au rang . On applique la relation de récurrence avec :
La posidonie recouvrirait donc hectare au premier juillet 2025, soit une progression de en un an.
La posidonie recouvrirait donc hectare au premier juillet 2025, soit une progression de en un an.
A.2
On note la fonction définie sur par . On admet que est croissante sur .
a. Démontrer que pour tout entier naturel : .
b. En déduire que la suite converge. On note sa limite.
c. Justifier que .
a. Démontrer que pour tout entier naturel : .
b. En déduire que la suite converge. On note sa limite.
c. Justifier que .
Afficher la correction
a. Démonstration par récurrence. Notons la propriété : « ».
Initialisation. et (question 1). On a bien
est vraie ✓
Hérédité. Supposons vraie pour un entier fixé, c'est-à-dire .
La fonction étant croissante sur , elle conserve l'ordre. On peut donc lui appliquer l'encadrement :
Or et par définition de la suite. Calculons les deux bornes :
L'encadrement devient :
Comme et , on en déduit a fortiori :
C'est exactement ✓
Conclusion. Par récurrence, est vraie pour tout entier naturel .
b. Convergence. L'encadrement démontré contient deux informations :
• pour tout : la suite est croissante ;
• pour tout : la suite est majorée par .
D'après le théorème de convergence monotone, toute suite croissante et majorée converge.
Attention : ce théorème donne l'existence de la limite, pas sa valeur. C'est l'objet de la question suivante.
c. Détermination de . La fonction est continue sur (c'est un polynôme), et . En passant à la limite dans cette égalité, la limite est nécessairement un point fixe de :
Il faut trancher entre les deux. La suite est croissante et , donc pour tout , d'où . La valeur est donc impossible.
Interprétation : à très long terme, la posidonie recouvrira hectares sur les de la zone — et pas la zone entière. Le modèle prévoit une saturation à .
Initialisation. et (question 1). On a bien
est vraie ✓
Hérédité. Supposons vraie pour un entier fixé, c'est-à-dire .
La fonction étant croissante sur , elle conserve l'ordre. On peut donc lui appliquer l'encadrement :
Or et par définition de la suite. Calculons les deux bornes :
L'encadrement devient :
Comme et , on en déduit a fortiori :
C'est exactement ✓
Conclusion. Par récurrence, est vraie pour tout entier naturel .
b. Convergence. L'encadrement démontré contient deux informations :
• pour tout : la suite est croissante ;
• pour tout : la suite est majorée par .
D'après le théorème de convergence monotone, toute suite croissante et majorée converge.
Attention : ce théorème donne l'existence de la limite, pas sa valeur. C'est l'objet de la question suivante.
c. Détermination de . La fonction est continue sur (c'est un polynôme), et . En passant à la limite dans cette égalité, la limite est nécessairement un point fixe de :
Il faut trancher entre les deux. La suite est croissante et , donc pour tout , d'où . La valeur est donc impossible.
Interprétation : à très long terme, la posidonie recouvrira hectares sur les de la zone — et pas la zone entière. Le modèle prévoit une saturation à .
A.3
Les biologistes souhaitent savoir au bout de combien de temps la surface recouverte dépassera les hectares.
a. Sans aucun calcul, justifier que, d'après ce modèle, cela se produira.
b. Recopier et compléter l'algorithme suivant pour qu'en fin d'exécution il affiche la réponse.
a. Sans aucun calcul, justifier que, d'après ce modèle, cela se produira.
b. Recopier et compléter l'algorithme suivant pour qu'en fin d'exécution il affiche la réponse.
def seuil(): n = 0 u = 1 while ...... : n = ...... u = ...... return nAfficher la correction
a. Justification sans calcul. La suite converge vers , et .
Par définition de la limite, tout intervalle ouvert contenant contient tous les termes de la suite à partir d'un certain rang. En particulier l'intervalle : il existe donc un rang à partir duquel .
Le point clé : c'est parce que la limite est strictement supérieure au seuil que le dépassement est garanti. Si la limite avait été exactement, la suite croissante serait restée en dessous pour toujours.
b. Algorithme. On répète le calcul tant que le seuil n'est pas atteint :
Comment lire l'algorithme. À chaque tour de boucle, on avance d'une année ( augmente de ) et on calcule la superficie de l'année suivante avec la relation de récurrence. On sort de la boucle dès que dépasse , et contient alors le nombre d'années écoulées.
Résultat de l'exécution : l'algorithme renvoie
Le seuil de ha est franchi au rang (avec ha), c'est-à-dire au premier juillet 2042.
Erreur fréquente : écrire
Par définition de la limite, tout intervalle ouvert contenant contient tous les termes de la suite à partir d'un certain rang. En particulier l'intervalle : il existe donc un rang à partir duquel .
Le point clé : c'est parce que la limite est strictement supérieure au seuil que le dépassement est garanti. Si la limite avait été exactement, la suite croissante serait restée en dessous pour toujours.
b. Algorithme. On répète le calcul tant que le seuil n'est pas atteint :
def seuil(): n = 0 u = 1 while u <= 14 : n = n + 1 u = -0.02*u**2 + 1.3*u return nComment lire l'algorithme. À chaque tour de boucle, on avance d'une année ( augmente de ) et on calcule la superficie de l'année suivante avec la relation de récurrence. On sort de la boucle dès que dépasse , et contient alors le nombre d'années écoulées.
Résultat de l'exécution : l'algorithme renvoie
Le seuil de ha est franchi au rang (avec ha), c'est-à-dire au premier juillet 2042.
Erreur fréquente : écrire
while u < 14 au lieu de u <= 14. Ici les deux donnent le même résultat car ne vaut jamais exactement — mais la condition « tant qu'on n'a pas dépassé » se traduit bien par .Partie B — Étude d'un modèle continu
B.1
On décrit maintenant la superficie par une fonction définie sur , où est la durée en années écoulée depuis le premier juillet 2024. La fonction vérifie : ; ne s'annule pas ; est dérivable ; et est solution de l'équation différentielle
Soit la fonction définie sur par . Montrer que est solution de l'équation différentielle
Soit la fonction définie sur par . Montrer que est solution de l'équation différentielle
Afficher la correction
Pourquoi ce changement de fonction ? L'équation n'est pas de la forme : le terme contient un , et ce type d'équation n'est pas au programme. Le passage à est l'astuce qui ramène le problème à une équation connue.
Dérivation de . est de la forme , dont la dérivée est . C'est licite car ne s'annule pas (hypothèse de l'énoncé — elle sert exactement à cela) :
Utilisation de . On remplace par son expression :
On développe, et le fait réapparaître :
est bien solution de , qui est cette fois de la forme avec et .
Dérivation de . est de la forme , dont la dérivée est . C'est licite car ne s'annule pas (hypothèse de l'énoncé — elle sert exactement à cela) :
Utilisation de . On remplace par son expression :
On développe, et le fait réapparaître :
est bien solution de , qui est cette fois de la forme avec et .
B.2
Donner les solutions de l'équation différentielle .
Afficher la correction
L'équation avec et a pour solutions, d'après le cours :
Ici :
Contrôle : la solution constante doit annuler . En effet ✓
Ici :
Contrôle : la solution constante doit annuler . En effet ✓
B.3
En déduire que pour tout : .
Afficher la correction
Détermination de la constante . On utilise la condition initiale. Comme :
En reportant dans l'expression de :
D'où :
Retour à . Puisque , on a :
Vérification de la condition initiale :
En reportant dans l'expression de :
D'où :
Retour à . Puisque , on a :
Vérification de la condition initiale :
B.4
Déterminer la limite de en .
Afficher la correction
Quand , on a , donc
Le dénominateur tend alors vers :
Le modèle continu retrouve exactement la limite du modèle discret (, question A.2.c). Les deux approches convergent vers la même saturation : hectares sur .
Graphiquement, la droite d'équation est asymptote horizontale à la courbe de en . C'est la forme caractéristique d'une croissance logistique : démarrage lent, accélération, puis saturation.
Le dénominateur tend alors vers :
Le modèle continu retrouve exactement la limite du modèle discret (, question A.2.c). Les deux approches convergent vers la même saturation : hectares sur .
Graphiquement, la droite d'équation est asymptote horizontale à la courbe de en . C'est la forme caractéristique d'une croissance logistique : démarrage lent, accélération, puis saturation.
B.5
Résoudre dans l'inéquation . Interpréter le résultat dans le contexte de l'exercice.
Afficher la correction
Résolution. Le dénominateur est strictement positif (somme d'une exponentielle positive et de ) : on peut multiplier les deux membres par lui sans changer le sens de l'inégalité.
On compose par , strictement croissante (le sens est conservé) :
On divise par , qui est négatif : le sens de l'inégalité change !
Comme , on a :
Interprétation. Le temps est compté depuis le premier juillet 2024. La superficie dépassera hectares au bout d'environ années, soit courant 2042.
La cohérence des deux modèles est remarquable : le modèle discret donnait le seuil au rang , soit au premier juillet 2042 ; le modèle continu le donne à ans, soit début 2042. Deux modélisations très différentes — une suite récurrente et une équation différentielle — aboutissent à la même prévision. C'est précisément ce que le sujet cherche à faire constater.
Le piège de la question : oublier de changer le sens de l'inégalité en divisant par . On obtiendrait alors , c'est-à-dire l'exact contraire — et une interprétation absurde, puisque la superficie est croissante.
On compose par , strictement croissante (le sens est conservé) :
On divise par , qui est négatif : le sens de l'inégalité change !
Comme , on a :
Interprétation. Le temps est compté depuis le premier juillet 2024. La superficie dépassera hectares au bout d'environ années, soit courant 2042.
La cohérence des deux modèles est remarquable : le modèle discret donnait le seuil au rang , soit au premier juillet 2042 ; le modèle continu le donne à ans, soit début 2042. Deux modélisations très différentes — une suite récurrente et une équation différentielle — aboutissent à la même prévision. C'est précisément ce que le sujet cherche à faire constater.
Le piège de la question : oublier de changer le sens de l'inégalité en divisant par . On obtiendrait alors , c'est-à-dire l'exact contraire — et une interprétation absurde, puisque la superficie est croissante.
Réviser les notions de ce sujet
Ce sujet mobilise 9 notions du programme de Terminale. Chacune dispose d'un cours complet, d'une fiche de révision et d'exercices corrigés :