Bac Maths 2025 Métropole Jour 1

17 juin 2025 — 4 exercices — 20 points — épreuve de spécialité

Correction rédigée par Maths Facile — 27 questions détaillées. Chaque résultat numérique de cette page a été recalculé indépendamment avec un moteur de calcul formel avant publication.

Énoncé : sujet officiel de l'épreuve de spécialité mathématiques, session 17 juin 2025.

Exercice 1 — Probabilités — groupes sanguins (5 points)

On compte quatre groupes sanguins dans l'espèce humaine : A, B, AB et O.

Chaque groupe sanguin peut présenter un facteur rhésus. Lorsqu'il est présent, on dit que le rhésus est positif, sinon on dit qu'il est négatif.

Au sein de la population française, on sait que :

45 %45\ \% des individus appartiennent au groupe A, et parmi eux 85 %85\ \% sont de rhésus positif ;
10 %10\ \% des individus appartiennent au groupe B, et parmi eux 84 %84\ \% sont de rhésus positif ;
3 %3\ \% des individus appartiennent au groupe AB, et parmi eux 82 %82\ \% sont de rhésus positif.

On choisit au hasard une personne dans la population française. On désigne par AA, BB, ABAB et OO les évènements « la personne choisie est du groupe sanguin correspondant », et par RR l'évènement « la personne choisie a un facteur rhésus positif ».

Pour un évènement quelconque EE, on note E\overline{E} l'évènement contraire et p(E)p(E) sa probabilité.
Arbre pondéré de probabilités — R : rhésus positif Arbre pondéré. R : rhésus positif. Branche A, probabilité 0,45 : R, probabilité 0,85 ; R̄, probabilité 0,15. Branche B, probabilité 0,10 : R, probabilité 0,84 ; R̄, probabilité 0,16. Branche AB, probabilité 0,03 : R, probabilité 0,82 ; R̄, probabilité 0,18. Branche O, probabilité 0,42 : R, probabilité 0,83 ; R̄, probabilité 0,17. 0,45 A 0,85 R 0,15 0,10 B 0,84 R 0,16 0,03 AB 0,82 R 0,18 0,42 O 0,83 R 0,17 R : rhésus positif

Arbre pondéré.

1
Recopier l'arbre ci-contre en complétant les dix pointillés.
Afficher la correction
Les quatre groupes forment une partition de la population : leurs probabilités ont pour somme 11. On en déduit la branche manquante du premier niveau :

p(O)=10,450,100,03=0,42p(O) = 1 - 0{,}45 - 0{,}10 - 0{,}03 = \boxed{0{,}42}

Sur chaque paire de branches du second niveau, les deux probabilités conditionnelles ont également pour somme 11 :

Groupepppgroupe(R)p_{\text{groupe}}(R)pgroupe(R)p_{\text{groupe}}(\overline{R})
A0,450{,}450,850{,}850,150{,}15
B0,100{,}100,840{,}840,160{,}16
AB0,030{,}030,820{,}820,180{,}18
O0,420{,}420,830{,}83 (question 3)0,170{,}17


Le réflexe : sur un arbre pondéré, la somme des probabilités partant d'un même nœud vaut toujours 1. C'est ce qui permet de compléter huit des dix pointillés sans le moindre calcul.
2
Montrer que p(BR)=0,084p(B \cap R) = 0{,}084. Interpréter ce résultat dans le contexte de l'exercice.
Afficher la correction
On multiplie les probabilités le long du chemin menant à BB puis à RR (formule des probabilités composées) :

p(BR)=p(B)×pB(R)=0,10×0,84p(B \cap R) = p(B) \times p_B(R) = 0{,}10 \times 0{,}84

p(BR)=0,084\boxed{p(B \cap R) = 0{,}084}

Interprétation : 8,4 %8{,}4\ \% de la population française est de groupe B et de rhésus positif — autrement dit, environ 8,48{,}4 personnes sur 100100 sont B+.

Attention à ne pas confondre p(BR)=0,084p(B \cap R) = 0{,}084 (une personne prise au hasard dans toute la population) et pB(R)=0,84p_B(R) = 0{,}84 (une personne prise au hasard parmi les B).
3
On précise que p(R)=0,8397p(R) = 0{,}8397. Montrer que pO(R)=0,83p_O(R) = 0{,}83.
Afficher la correction
Les évènements AA, BB, ABAB, OO forment une partition de l'univers : on applique la formule des probabilités totales.

p(R)=p(AR)+p(BR)+p(ABR)+p(OR)p(R) = p(A \cap R) + p(B \cap R) + p(AB \cap R) + p(O \cap R)

0,8397=0,45×0,850,3825+0,10×0,840,084+0,03×0,820,0246+0,42×pO(R)0{,}8397 = \underbrace{0{,}45 \times 0{,}85}_{0{,}3825} + \underbrace{0{,}10 \times 0{,}84}_{0{,}084} + \underbrace{0{,}03 \times 0{,}82}_{0{,}0246} + 0{,}42 \times p_O(R)

0,8397=0,4911+0,42×pO(R)0{,}8397 = 0{,}4911 + 0{,}42 \times p_O(R)

0,42×pO(R)=0,83970,4911=0,34860{,}42 \times p_O(R) = 0{,}8397 - 0{,}4911 = 0{,}3486

pO(R)=0,34860,42p_O(R) = \frac{0{,}3486}{0{,}42}

pO(R)=0,83\boxed{p_O(R) = 0{,}83}

Vérification : 0,42×0,83=0,34860{,}42 \times 0{,}83 = 0{,}3486, et 0,4911+0,3486=0,83970{,}4911 + 0{,}3486 = 0{,}8397
4
On dit qu'un individu est « donneur universel » lorsque son sang peut être transfusé à toute personne sans risque d'incompatibilité. Le groupe O de rhésus négatif est le seul vérifiant cette caractéristique. Montrer que la probabilité qu'un individu choisi au hasard soit donneur universel est de 0,07140{,}0714.
Afficher la correction
Être donneur universel, c'est réaliser l'évènement ORO \cap \overline{R}. On suit le chemin correspondant sur l'arbre :

p(OR)=p(O)×pO(R)p\left(O \cap \overline{R}\right) = p(O) \times p_O\left(\overline{R}\right)

D'après la question 3, pO(R)=0,83p_O(R) = 0{,}83, donc par événement contraire :

pO(R)=10,83=0,17p_O\left(\overline{R}\right) = 1 - 0{,}83 = 0{,}17

p(OR)=0,42×0,17p\left(O \cap \overline{R}\right) = 0{,}42 \times 0{,}17

p(OR)=0,0714\boxed{p\left(O \cap \overline{R}\right) = 0{,}0714}

Interprétation : environ 7,14 %7{,}14\ \% de la population française est donneur universel — soit à peine une personne sur quatorze. C'est ce qui explique la tension permanente sur les stocks de sang O négatif.
5
Lors d'une collecte, on choisit un échantillon de 100100 personnes dans la population d'une ville française. Cette population est suffisamment grande pour assimiler ce choix à un tirage avec remise. On note XX la variable aléatoire qui, à chaque échantillon de 100100 personnes, associe le nombre de donneurs universels.

a. Justifier que XX suit une loi binomiale dont on précisera les paramètres.
b. Déterminer à 10310^{-3} près la probabilité qu'il y ait au plus 7 donneurs universels dans cet échantillon.
c. Montrer que E(X)=7,14E(X) = 7{,}14 et que V(X)=6,63V(X) = 6{,}63 à 10210^{-2} près.
Afficher la correction
a. Reconnaître la loi binomiale. Il faut vérifier les trois conditions du schéma de Bernoulli :

• l'expérience est la répétition de n=100n = 100 épreuves identiques (choisir une personne) ;
• chaque épreuve n'a que deux issues : la personne est donneur universel (succès) ou non ;
• les épreuves sont indépendantes, car l'énoncé précise que le tirage est assimilé à un tirage avec remise. La probabilité de succès reste donc constante, égale à p=0,0714p = 0{,}0714.

XB(100; 0,0714)\boxed{X \sim \mathcal{B}(100\,;\ 0{,}0714)}

C'est la mention « avec remise » qui débloque l'exercice : sans elle, la probabilité de succès changerait à chaque tirage et la loi ne serait pas binomiale.

b. Probabilité d'au plus 7 donneurs universels. « Au plus 77 » signifie X7X \leqslant 7, c'est-à-dire X=0X = 0 ou 11 ou … ou 77 :

P(X7)=k=07(100k)×0,0714k×0,9286100kP(X \leqslant 7) = \sum_{k=0}^{7} \binom{100}{k} \times 0{,}0714^{\,k} \times 0{,}9286^{\,100-k}

À la calculatrice (fonction binomFRép ou binomcdf) :

P(X7)0,577\boxed{P(X \leqslant 7) \approx 0{,}577}

c. Espérance et variance. Pour XB(n;p)X \sim \mathcal{B}(n\,;p), les formules du cours donnent E(X)=npE(X) = np et V(X)=np(1p)V(X) = np(1-p) :

E(X)=100×0,0714=7,14E(X) = 100 \times 0{,}0714 = \boxed{7{,}14}

V(X)=100×0,0714×(10,0714)=100×0,0714×0,9286=6,630...V(X) = 100 \times 0{,}0714 \times (1 - 0{,}0714) = 100 \times 0{,}0714 \times 0{,}9286 = 6{,}630...

V(X)6,63\boxed{V(X) \approx 6{,}63}

Cohérence : l'espérance vaut 7,147{,}14 et l'on trouve P(X7)0,577P(X \leqslant 7) \approx 0{,}577, soit un peu plus d'une chance sur deux d'être en dessous de la moyenne — normal, la loi binomiale est légèrement dissymétrique quand pp est petit.
6
Lors de la semaine nationale du don du sang, une collecte est organisée dans NN villes françaises. On note X1,X2,,XNX_1, X_2, \ldots, X_N les variables aléatoires donnant, pour chaque ville, le nombre de donneurs universels dans un échantillon de 100100 personnes. Ces variables sont indépendantes, de même espérance 7,147{,}14 et de même variance 6,636{,}63. On pose MN=X1+X2++XNNM_N = \dfrac{X_1 + X_2 + \cdots + X_N}{N}.

a. Que représente MNM_N dans le contexte de l'exercice ?
b. Calculer E(MN)E(M_N).
c. Montrer que V(MN)=6,63NV(M_N) = \dfrac{6{,}63}{N}.
d. Déterminer la plus petite valeur de NN pour laquelle l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev permet d'affirmer que P(7<MN<7,28)0,95P(7 < M_N < 7{,}28) \geqslant 0{,}95.
Afficher la correction
a. Interprétation. MNM_N est la moyenne, sur les NN villes, du nombre de donneurs universels trouvés dans un échantillon de 100100 personnes. C'est un nombre moyen de donneurs universels par échantillon de 100100 personnes.

b. Espérance. L'espérance est linéaire, et elle l'est sans aucune hypothèse d'indépendance :

E(MN)=1N(E(X1)++E(XN))=1N×N×7,14E(M_N) = \frac{1}{N}\Big(E(X_1) + \cdots + E(X_N)\Big) = \frac{1}{N} \times N \times 7{,}14

E(MN)=7,14\boxed{E(M_N) = 7{,}14}

La moyenne d'échantillonnage a la même espérance que chaque variable : c'est ce qui fait d'elle un bon estimateur.

c. Variance. Ici, en revanche, l'indépendance est indispensable : elle seule autorise V(X1++XN)=V(X1)++V(XN)V(X_1 + \cdots + X_N) = V(X_1) + \cdots + V(X_N). Avec V(aX)=a2V(X)V(aX) = a^2 V(X) :

V(MN)=V ⁣(1Ni=1NXi)=1N2×i=1NV(Xi)=1N2×N×6,63V(M_N) = V\!\left(\frac{1}{N}\sum_{i=1}^{N} X_i\right) = \frac{1}{N^2} \times \sum_{i=1}^{N} V(X_i) = \frac{1}{N^2} \times N \times 6{,}63

V(MN)=6,63N\boxed{V(M_N) = \frac{6{,}63}{N}}

C'est le cœur de la loi des grands nombres : la variance de la moyenne décroît en 1/N1/N. Plus on multiplie les villes, plus la moyenne se resserre autour de 7,147{,}14.

d. Application de Bienaymé-Tchebychev. L'inégalité s'écrit, pour tout δ>0\delta > 0 :

P(MNE(MN)δ)V(MN)δ2P\Big(\big|M_N - E(M_N)\big| \geqslant \delta\Big) \leqslant \frac{V(M_N)}{\delta^2}

Première étape : reconnaître l'intervalle. Il faut voir que l'intervalle ]7;7,28[]7\,;7{,}28[ est centré sur l'espérance 7,147{,}14 :

7,147=0,14et7,287,14=0,147{,}14 - 7 = 0{,}14 \qquad \text{et} \qquad 7{,}28 - 7{,}14 = 0{,}14

Donc 7<MN<7,287 < M_N < 7{,}28 équivaut exactement à MN7,14<0,14\big|M_N - 7{,}14\big| < 0{,}14. On prend δ=0,14\delta = 0{,}14.

Deuxième étape : passer à l'évènement contraire.

P(7<MN<7,28)=1P(MN7,140,14)1V(MN)0,142=16,63N×0,0196P\big(7 < M_N < 7{,}28\big) = 1 - P\Big(\big|M_N - 7{,}14\big| \geqslant 0{,}14\Big) \geqslant 1 - \frac{V(M_N)}{0{,}14^2} = 1 - \frac{6{,}63}{N \times 0{,}0196}

Troisième étape : résoudre. Il suffit que cette minoration atteigne 0,950{,}95 :

16,630,0196N0,95    6,630,0196N0,051 - \frac{6{,}63}{0{,}0196\,N} \geqslant 0{,}95 \iff \frac{6{,}63}{0{,}0196\,N} \leqslant 0{,}05

N6,630,0196×0,05=6,630,000986765,3N \geqslant \frac{6{,}63}{0{,}0196 \times 0{,}05} = \frac{6{,}63}{0{,}00098} \approx 6765{,}3

Comme NN est un entier :

N=6766\boxed{N = 6766}

Ce qu'il faut retenir : il faut près de sept mille villes pour garantir un encadrement à ±0,14\pm 0{,}14 avec 95 %95\ \% de confiance. Bienaymé-Tchebychev est valable pour n'importe quelle loi, ce qui la rend très générale — mais aussi très pessimiste. Une majoration adaptée à la loi binomiale donnerait un NN bien plus petit.

Exercice 2 — Étude de fonction, convexité et calcul d'aire (6 points)

On considère une fonction ff définie et deux fois dérivable sur ]0;+[]0\,;+\infty[. On note ff' sa dérivée et ff'' sa dérivée seconde.

Dans un repère orthogonal, on a tracé ci-dessous :

• la courbe représentative de ff, notée Cf\mathcal{C}_f, sur l'intervalle ]0;3]]0\,;3] ;
• la droite TAT_A, tangente à Cf\mathcal{C}_f au point A(1;2)A(1\,;2) ;
• la droite TBT_B, tangente à Cf\mathcal{C}_f au point B(e;e)B(e\,;e).

On précise que la tangente TAT_A passe par le point C(3;0)C(3\,;0).
Courbe de f et tangentes T_A et T_BDans un repère, la courbe de f est tracée sur zéro exclu à trois. La tangente T_A passe par A de coordonnées un, deux et C de coordonnées trois, zéro. La tangente T_B touche la courbe en B de coordonnées e, e. Le domaine entre la courbe et T_B, de x égal à un à x égal à e, est hachuré. 0 0,2 1 2 e 3 −1 1 2 e 3 x y A B C 𝒞f TA TB 𝒜

Partie A — Lectures graphiques

A.1
Déterminer le nombre dérivé f(1)f'(1).
Afficher la correction
Le nombre dérivé f(1)f'(1) est le coefficient directeur de la tangente TAT_A au point d'abscisse 11.

Or TAT_A passe par deux points connus : A(1;2)A(1\,;2) et C(3;0)C(3\,;0). Son coefficient directeur est donc

f(1)=yCyAxCxA=0231=22f'(1) = \frac{y_C - y_A}{x_C - x_A} = \frac{0 - 2}{3 - 1} = \frac{-2}{2}

f(1)=1\boxed{f'(1) = -1}

Contrôle par le calcul (avec l'expression donnée en partie B) : f(1)=2(ln1)2+ln11=0+01=1f'(1) = 2(\ln 1)^2 + \ln 1 - 1 = 0 + 0 - 1 = -1
A.2
Combien de solutions l'équation f(x)=0f'(x) = 0 admet-elle dans l'intervalle ]0;3]]0\,;3] ?
Afficher la correction
f(x)=0f'(x) = 0 signifie que la tangente est horizontale. Graphiquement, cela se produit aux extremums locaux de la courbe.

Sur ]0;3]]0\,;3], la courbe présente un maximum local puis un minimum local : elle admet donc deux tangentes horizontales.

2 solutions\boxed{2 \text{ solutions}}

Contrôle par le calcul. Avec f(x)=2(lnx)2+lnx1f'(x) = 2(\ln x)^2 + \ln x - 1, on pose X=lnxX = \ln x :

2X2+X1=0    (2X1)(X+1)=0    X=12  ou  X=12X^2 + X - 1 = 0 \iff (2X - 1)(X + 1) = 0 \iff X = \tfrac{1}{2} \ \text{ ou } \ X = -1

d'où x=e1,65x = \sqrt{e} \approx 1{,}65 et x=e10,37x = e^{-1} \approx 0{,}37. Les deux appartiennent bien à ]0;3]]0\,;3]
A.3
Quel est le signe de f(0,2)f''(0{,}2) ?
Afficher la correction
Le signe de ff'' donne la convexité. Au voisinage de x=0,2x = 0{,}2, la courbe est tournée vers le bas (elle est concave : elle passe sous ses tangentes).

f(0,2)<0\boxed{f''(0{,}2) < 0}

Contrôle par le calcul (question B.3.a) : f(0,2)=10,2(4ln0,2+1)=5×(4×(1,609)+1)=5×(5,44)<0f''(0{,}2) = \dfrac{1}{0{,}2}\big(4\ln 0{,}2 + 1\big) = 5 \times (4 \times (-1{,}609) + 1) = 5 \times (-5{,}44) < 0

Partie B — Étude de la fonction ff

B.1
On admet que f(x)=x[2(lnx)23lnx+2]f(x) = x\left[2(\ln x)^2 - 3\ln x + 2\right] sur ]0;+[]0\,;+\infty[.

Résoudre dans R\mathbb{R} l'équation 2X23X+2=02X^2 - 3X + 2 = 0. En déduire que Cf\mathcal{C}_f ne coupe pas l'axe des abscisses.
Afficher la correction
Résolution du trinôme. On calcule le discriminant :

Δ=(3)24×2×2=916=7\Delta = (-3)^2 - 4 \times 2 \times 2 = 9 - 16 = -7

Δ<0    aucune solution reˊelle\Delta < 0 \implies \boxed{\text{aucune solution réelle}}

Conséquence sur le signe. Un trinôme sans racine réelle garde le signe de son coefficient dominant sur tout R\mathbb{R}. Ici a=2>0a = 2 > 0, donc

2X23X+2>0pour tout XR2X^2 - 3X + 2 > 0 \quad \text{pour tout } X \in \mathbb{R}

En particulier pour X=lnxX = \ln x, quel que soit x>0x > 0.

Conclusion. Sur ]0;+[]0\,;+\infty[, f(x)f(x) est le produit de x>0x > 0 et d'un crochet strictement positif :

f(x)=x>0×[2(lnx)23lnx+2]>0>0f(x) = \underbrace{x}_{>\,0} \times \underbrace{\left[2(\ln x)^2 - 3\ln x + 2\right]}_{>\,0} > 0

f(x)>0 pour tout x>0      Cf ne coupe pas l’axe des abscisses\boxed{f(x) > 0 \text{ pour tout } x > 0 \ \implies \ \mathcal{C}_f \text{ ne coupe pas l'axe des abscisses}}

L'astuce du sujet : le changement de variable X=lnxX = \ln x transforme une fonction compliquée en un simple trinôme dont on sait étudier le signe.
B.2
Déterminer, en justifiant, la limite de ff en ++\infty. (On admettra que la limite de ff en 00 est égale à 00.)
Afficher la correction
Quand x+x \to +\infty, on a lnx+\ln x \to +\infty. Posons X=lnxX = \ln x : le crochet devient le trinôme 2X23X+22X^2 - 3X + 2, qui tend vers ++\infty (le terme en X2X^2 l'emporte).

limx+[2(lnx)23lnx+2]=+\lim_{x \to +\infty} \left[2(\ln x)^2 - 3\ln x + 2\right] = +\infty

Et x+x \to +\infty. Par produit de deux facteurs tendant vers ++\inftyil n'y a pas d'indétermination :

limx+f(x)=+\boxed{\lim_{x \to +\infty} f(x) = +\infty}

Remarque : la limite en 0+0^+ vaut 00 (admise). Elle se démontrerait par croissance comparée, x(lnx)20x(\ln x)^2 \to 0.
B.3
On admet que pour tout x>0x > 0, f(x)=2(lnx)2+lnx1f'(x) = 2(\ln x)^2 + \ln x - 1.

a. Montrer que f(x)=1x(4lnx+1)f''(x) = \dfrac{1}{x}\left(4\ln x + 1\right).
b. Étudier la convexité de ff sur ]0;+[]0\,;+\infty[ et préciser la valeur exacte de l'abscisse du point d'inflexion.
c. Montrer que Cf\mathcal{C}_f est au-dessus de la tangente TBT_B sur ]1;+[]1\,;+\infty[.
Afficher la correction
a. Calcul de ff''. On dérive f(x)=2(lnx)2+lnx1f'(x) = 2(\ln x)^2 + \ln x - 1 terme à terme.

Pour le premier terme, c'est une composée de la forme u2u^2 avec u=lnxu = \ln x et u=1xu' = \dfrac{1}{x} :

[2(lnx)2]=2×2×1x×lnx=4lnxx\left[2(\ln x)^2\right]' = 2 \times 2 \times \frac{1}{x} \times \ln x = \frac{4\ln x}{x}

Pour le deuxième : (lnx)=1x(\ln x)' = \dfrac{1}{x}. La constante 1-1 disparaît.

f(x)=4lnxx+1x=4lnx+1xf''(x) = \frac{4\ln x}{x} + \frac{1}{x} = \frac{4\ln x + 1}{x}

f(x)=1x(4lnx+1)\boxed{f''(x) = \frac{1}{x}\left(4\ln x + 1\right)}

b. Convexité. Sur ]0;+[]0\,;+\infty[, on a 1x>0\dfrac{1}{x} > 0 : le signe de ff'' est donc celui de 4lnx+14\ln x + 1.

4lnx+10    lnx14    xe1/44\ln x + 1 \geqslant 0 \iff \ln x \geqslant -\frac{1}{4} \iff x \geqslant e^{-1/4}

xx00e1/4e^{-1/4}++\infty
signe de f(x)f''(x)-00++
convexité de ffconcaveconvexe


ff'' s'annule en changeant de signe en x=e1/4x = e^{-1/4} : la courbe y change de convexité.

Point d’inflexion d’abscisse x=e1/40,78\boxed{\text{Point d'inflexion d'abscisse } x = e^{-1/4} \approx 0{,}78}

ff est concave sur ]0;e1/4]\left]0\,;e^{-1/4}\right] et convexe sur [e1/4;+[\left[e^{-1/4}\,;+\infty\right[.

Cela confirme la lecture graphique de la question A.3 : 0,2<e1/40{,}2 < e^{-1/4}, donc f(0,2)<0f''(0{,}2) < 0

c. Position par rapport à la tangente TBT_B. C'est une application directe de la convexité — aucun calcul n'est nécessaire.

D'après la question b, ff est convexe sur [e1/4;+[\left[e^{-1/4}\,;+\infty\right[. Or e1/40,78<1e^{-1/4} \approx 0{,}78 < 1, donc

]1;+[  [e1/4;+[]1\,;+\infty[\ \subset\ \left[e^{-1/4}\,;+\infty\right[

ff est donc convexe sur ]1;+[]1\,;+\infty[. Et une propriété du cours dit qu'une fonction convexe a sa courbe au-dessus de toutes ses tangentes.

Comme B(e;e)B(e\,;e) appartient à cet intervalle (e2,72>1e \approx 2{,}72 > 1) :

Cf est au-dessus de TB sur ]1;+[\boxed{\mathcal{C}_f \text{ est au-dessus de } T_B \text{ sur } ]1\,;+\infty[}

C'est le piège de la question : on est tenté d'étudier le signe de f(x)(2xe)f(x) - (2x - e), calcul long et pénible. Le sujet attend l'argument de convexité, qui tient en deux lignes.

Partie C — Calcul d'aire

C.1
Justifier que la tangente TBT_B a pour équation réduite y=2xey = 2x - e.
Afficher la correction
L'équation de la tangente au point d'abscisse aa est y=f(a)(xa)+f(a)y = f'(a)(x - a) + f(a). Ici a=ea = e.

Calcul de f(e)f(e). Comme lne=1\ln e = 1 :

f(e)=e[2×123×1+2]=e×1=ef(e) = e\left[2 \times 1^2 - 3 \times 1 + 2\right] = e \times 1 = e

Cohérent avec l'énoncé, qui place BB en (e;e)(e\,;e)

Calcul de f(e)f'(e).

f(e)=2(lne)2+lne1=2+11=2f'(e) = 2(\ln e)^2 + \ln e - 1 = 2 + 1 - 1 = 2

Équation de la tangente.

y=2(xe)+e=2x2e+ey = 2(x - e) + e = 2x - 2e + e

TB: y=2xe\boxed{T_B : \ y = 2x - e}
C.2
À l'aide d'une intégration par parties, montrer que 1exlnxdx=e2+14\displaystyle\int_1^{e} x\ln x\,\mathrm{d}x = \dfrac{e^2 + 1}{4}.
Afficher la correction
Choix des fonctions. La règle : on dérive le logarithme (il disparaît) et on primitive le polynôme.

u(x)=lnxu(x)=1xu(x) = \ln x \quad \Rightarrow \quad u'(x) = \frac{1}{x}
v(x)=xv(x)=x22v'(x) = x \quad \Rightarrow \quad v(x) = \frac{x^2}{2}

Application de la formule abuv=[uv]ababuv\displaystyle\int_a^b u v' = \Big[uv\Big]_a^b - \int_a^b u'v :

1exlnxdx=[x22lnx]1e1e1x×x22dx\int_1^{e} x\ln x\,\mathrm{d}x = \left[\frac{x^2}{2}\ln x\right]_1^{e} - \int_1^{e} \frac{1}{x} \times \frac{x^2}{2}\,\mathrm{d}x

Terme tout intégré :

[x22lnx]1e=e22lne=112ln1=0=e22\left[\frac{x^2}{2}\ln x\right]_1^{e} = \frac{e^2}{2}\underbrace{\ln e}_{=\,1} - \frac{1}{2}\underbrace{\ln 1}_{=\,0} = \frac{e^2}{2}

Intégrale restante — le 1x\frac{1}{x} simplifie le x2x^2, c'est tout l'intérêt de la manœuvre :

1ex2dx=[x24]1e=e2414\int_1^{e} \frac{x}{2}\,\mathrm{d}x = \left[\frac{x^2}{4}\right]_1^{e} = \frac{e^2}{4} - \frac{1}{4}

Conclusion :

1exlnxdx=e22e24+14=2e2e2+14\int_1^{e} x\ln x\,\mathrm{d}x = \frac{e^2}{2} - \frac{e^2}{4} + \frac{1}{4} = \frac{2e^2 - e^2 + 1}{4}

1exlnxdx=e2+142,097\boxed{\int_1^{e} x\ln x\,\mathrm{d}x = \frac{e^2 + 1}{4} \approx 2{,}097}
C.3
On note A\mathcal{A} l'aire du domaine hachuré, délimité par Cf\mathcal{C}_f, la tangente TBT_B et les droites d'équation x=1x = 1 et x=ex = e. On admet que 1ex(lnx)2dx=e214\displaystyle\int_1^{e} x(\ln x)^2\,\mathrm{d}x = \dfrac{e^2 - 1}{4}.

En déduire la valeur exacte de A\mathcal{A} en unité d'aire.
Afficher la correction
Mise en place. D'après la question B.3.c, Cf\mathcal{C}_f est au-dessus de TBT_B sur ]1;e]]1\,;e]. L'aire entre les deux courbes s'écrit donc, sans valeur absolue :

A=1e[f(x)au-dessus(2xe)en dessous]dx\mathcal{A} = \int_1^{e} \Big[\underbrace{f(x)}_{\text{au-dessus}} - \underbrace{(2x - e)}_{\text{en dessous}}\Big]\,\mathrm{d}x

C'est là que la question B.3.c sert : sans elle, on ne saurait pas dans quel ordre soustraire.

Développement de ff.

f(x)=x[2(lnx)23lnx+2]=2x(lnx)23xlnx+2xf(x) = x\left[2(\ln x)^2 - 3\ln x + 2\right] = 2x(\ln x)^2 - 3x\ln x + 2x

Calcul de 1ef\displaystyle\int_1^e f, en utilisant les deux intégrales fournies :

1ef=2×e214x(lnx)23×e2+14xlnx+2×[x22]1e= e212\int_1^{e} f = 2 \times \underbrace{\frac{e^2-1}{4}}_{\int x(\ln x)^2} - 3 \times \underbrace{\frac{e^2+1}{4}}_{\int x\ln x} + 2 \times \underbrace{\left[\frac{x^2}{2}\right]_1^{e}}_{=\ \frac{e^2-1}{2}}

=e2123e2+34+(e21)=2(e21)3(e2+3)11+4(e21)4= \frac{e^2-1}{2} - \frac{3e^2+3}{4} + \left(e^2 - 1\right) = \frac{2(e^2-1) - 3(e^2+3) \cdot \tfrac{1}{1} + 4(e^2-1)}{4}

Reprenons proprement, tout sur 44 :

1ef=2(e21)3(e2+1)+4(e21)4=2e223e23+4e244=3e294\int_1^{e} f = \frac{2\left(e^2-1\right) - 3\left(e^2+1\right) + 4\left(e^2-1\right)}{4} = \frac{2e^2 - 2 - 3e^2 - 3 + 4e^2 - 4}{4} = \frac{3e^2 - 9}{4}

Calcul de 1e(2xe)\displaystyle\int_1^e (2x - e) :

1e(2xe)dx=[x2ex]1e=(e2e2)(1e)=e1\int_1^{e} (2x - e)\,\mathrm{d}x = \Big[x^2 - ex\Big]_1^{e} = \left(e^2 - e^2\right) - \left(1 - e\right) = e - 1

Conclusion :

A=3e294(e1)=3e294e+44\mathcal{A} = \frac{3e^2 - 9}{4} - (e - 1) = \frac{3e^2 - 9 - 4e + 4}{4}

A=3e24e54 u.a.1,57 u.a.\boxed{\mathcal{A} = \frac{3e^2 - 4e - 5}{4} \ \text{u.a.} \approx 1{,}57 \ \text{u.a.}}

Contrôle de vraisemblance : le domaine hachuré est un « croissant » entre x=1x=1 et x=e2,72x=e \approx 2{,}72, d'une largeur d'environ 1,71{,}7 et d'une hauteur maximale de l'ordre de 11. Une aire d'environ 1,61{,}6 u.a. est cohérente — et surtout elle est positive, ce qui confirme le sens de la soustraction.

Exercice 3 — Vrai / Faux — géométrie dans l'espace (4 points)

Pour chacune des affirmations suivantes, indiquer si elle est vraie ou fausse. Justifier chaque réponse. Une réponse non justifiée ne rapporte aucun point.

L'espace est muni d'un repère orthonormé (O;ı,ȷ,k)\left(O\,;\vec{\imath},\vec{\jmath},\vec{k}\right).
1
On considère les points A(1;0;5)A(-1\,;0\,;5) et B(3;2;1)B(3\,;2\,;-1).

Affirmation 1 : une représentation paramétrique de la droite (AB)(AB) est
{x=32ty=2tz=1+3tavec tR.\left\{\begin{array}{l} x = 3 - 2t \\ y = 2 - t \\ z = -1 + 3t \end{array}\right. \quad \text{avec } t \in \mathbb{R}.
Afficher la correction
VRAIE\boxed{\textbf{VRAIE}}

Pour qu'une représentation paramétrique soit celle de (AB)(AB), deux conditions doivent être réunies : le vecteur directeur doit être colinéaire à AB\vec{AB}, et la droite doit passer par AA ou BB.

Condition 1 — le vecteur directeur.

AB(3(1)2015)=(426)\vec{AB}\begin{pmatrix} 3-(-1) \\ 2-0 \\ -1-5\end{pmatrix} = \begin{pmatrix} 4 \\ 2 \\ -6\end{pmatrix}

La représentation proposée a pour vecteur directeur u(213)\vec{u}\begin{pmatrix}-2\\-1\\3\end{pmatrix}. Or

AB=2ucar(426)=2(213)\vec{AB} = -2\,\vec{u} \qquad \text{car} \qquad \begin{pmatrix}4\\2\\-6\end{pmatrix} = -2\begin{pmatrix}-2\\-1\\3\end{pmatrix}

Les vecteurs sont colinéaires

Condition 2 — un point commun. Pour t=0t = 0, on obtient le point de coordonnées (3;2;1)(3\,;2\,;-1), c'est-à-dire exactement le point BB

Les deux conditions sont remplies : c'est bien une représentation paramétrique de (AB)(AB).

Piège classique : un vecteur directeur colinéaire ne suffit pas — il faut aussi vérifier qu'un point de la droite est atteint, sinon on décrit une parallèle à (AB)(AB), pas (AB)(AB).
2
Affirmation 2 : le vecteur n(521)\vec{n}\begin{pmatrix}5\\-2\\1\end{pmatrix} est normal au plan (OAB)(OAB).
Afficher la correction
FAUSSE\boxed{\textbf{FAUSSE}}

Un vecteur est normal au plan (OAB)(OAB) s'il est orthogonal à deux vecteurs non colinéaires de ce plan, par exemple OA\vec{OA} et OB\vec{OB}. Il faut donc que les deux produits scalaires soient nuls.

Premier produit scalaire, avec OA(105)\vec{OA}\begin{pmatrix}-1\\0\\5\end{pmatrix} :

nOA=5×(1)+(2)×0+1×5=5+0+5=0\vec{n} \cdot \vec{OA} = 5 \times (-1) + (-2) \times 0 + 1 \times 5 = -5 + 0 + 5 = 0

Celui-ci est bien nul — et c'est précisément ce qui rend l'affirmation piégeuse.

Second produit scalaire, avec OB(321)\vec{OB}\begin{pmatrix}3\\2\\-1\end{pmatrix} :

nOB=5×3+(2)×2+1×(1)=1541=10\vec{n} \cdot \vec{OB} = 5 \times 3 + (-2) \times 2 + 1 \times (-1) = 15 - 4 - 1 = 10

nOB=100\boxed{\vec{n} \cdot \vec{OB} = 10 \neq 0}

n\vec{n} n'est pas orthogonal à OB\vec{OB}, donc il n'est pas normal au plan (OAB)(OAB).

La leçon : vérifier un seul produit scalaire ne prouve rien. Ici, s'arrêter après nOA=0\vec{n}\cdot\vec{OA} = 0 conduisait tout droit à la mauvaise réponse.
3
On considère la droite dd de représentation paramétrique {x=15+ky=8kz=6+2k\left\{\begin{array}{l} x = 15 + k \\ y = 8 - k \\ z = -6 + 2k\end{array}\right. avec kRk \in \mathbb{R}, et la droite dd' de représentation paramétrique {x=1+4sy=2+4sz=16s\left\{\begin{array}{l} x = 1 + 4s \\ y = 2 + 4s \\ z = 1 - 6s\end{array}\right. avec sRs \in \mathbb{R}.

Affirmation 3 : les droites dd et dd' ne sont pas coplanaires.
Afficher la correction
FAUSSE\boxed{\textbf{FAUSSE}}

Méthode. Deux droites sont non coplanaires lorsqu'elles ne sont ni parallèles, ni sécantes. Il faut donc chercher un point d'intersection : si le système admet une solution, elles sont sécantes, donc coplanaires.

Les vecteurs directeurs sont u(112)\vec{u}\begin{pmatrix}1\\-1\\2\end{pmatrix} et v(446)\vec{v}\begin{pmatrix}4\\4\\-6\end{pmatrix}. Ils ne sont pas colinéaires (41=4\frac{4}{1} = 4 mais 41=4\frac{4}{-1} = -4), donc les droites ne sont pas parallèles.

Recherche d'un point d'intersection. On résout :

{15+k=1+4s8k=2+4s6+2k=16s\left\{\begin{array}{l} 15 + k = 1 + 4s \\ 8 - k = 2 + 4s \\ -6 + 2k = 1 - 6s\end{array}\right.

Les deux premières équations donnent k=14+4sk = -14 + 4s et k=64sk = 6 - 4s. En les égalant :

14+4s=64s    8s=20    s=2,5-14 + 4s = 6 - 4s \iff 8s = 20 \iff s = 2{,}5

d'où k=64×2,5=4k = 6 - 4 \times 2{,}5 = -4.

Vérification indispensable dans la troisième équation — c'est elle qui décide :

6+2×(4)=14et16×2,5=115=14-6 + 2 \times (-4) = -14 \qquad \text{et} \qquad 1 - 6 \times 2{,}5 = 1 - 15 = -14

14=14-14 = -14 \quad \checkmark

Le système est compatible : les droites se coupent au point obtenu pour k=4k = -4, soit

I(11;12;14)\boxed{I(11\,;12\,;-14)}

Elles sont donc sécantes, et deux droites sécantes sont toujours coplanaires. L'affirmation est fausse.

Le point de bascule : si la troisième équation avait été contradictoire, les droites auraient été non coplanaires et l'affirmation aurait été vraie. Il ne faut jamais faire l'économie de cette vérification.
4
On considère le plan P\mathcal{P} d'équation xy+z+1=0x - y + z + 1 = 0.

Affirmation 4 : la distance du point C(2;1;2)C(2\,;-1\,;2) au plan P\mathcal{P} est égale à 232\sqrt{3}.
Afficher la correction
VRAIE\boxed{\textbf{VRAIE}}

On applique la formule de la distance d'un point à un plan d'équation ax+by+cz+d=0ax + by + cz + d = 0 :

d(C;P)=axC+byC+czC+da2+b2+c2d(C\,;\mathcal{P}) = \frac{\left|a\,x_C + b\,y_C + c\,z_C + d\right|}{\sqrt{a^2 + b^2 + c^2}}

Ici a=1a = 1, b=1b = -1, c=1c = 1, d=1d = 1, et C(2;1;2)C(2\,;-1\,;2).

Numérateur :

1×2+(1)×(1)+1×2+1=2+1+2+1=6\left|1 \times 2 + (-1) \times (-1) + 1 \times 2 + 1\right| = \left|2 + 1 + 2 + 1\right| = 6

Dénominateur :

12+(1)2+12=3\sqrt{1^2 + (-1)^2 + 1^2} = \sqrt{3}

Conclusion :

d(C;P)=63=633d(C\,;\mathcal{P}) = \frac{6}{\sqrt{3}} = \frac{6\sqrt{3}}{3}

d(C;P)=233,46\boxed{d(C\,;\mathcal{P}) = 2\sqrt{3} \approx 3{,}46}

Ne pas oublier la valeur absolue : une distance est toujours positive. Et penser à rationaliser 63\frac{6}{\sqrt{3}} pour reconnaître la forme attendue.

Exercice 4 — Suites et équation différentielle — la posidonie (5 points)

Une équipe de biologistes étudie l'évolution de la superficie recouverte par une algue marine appelée posidonie, sur le fond de la baie de l'Alycastre, près de l'île de Porquerolles.

La zone étudiée a une superficie totale de 2020 hectares (ha), et au premier juillet 2024, la posidonie recouvrait 11 ha de cette zone.

Partie A — Étude d'un modèle discret

A.1
Pour tout entier naturel nn, on note unu_n la superficie, en hectare, recouverte par la posidonie au premier juillet de l'année 2024+n2024 + n. Ainsi u0=1u_0 = 1. Une étude a établi que pour tout entier naturel nn :

un+1=0,02un2+1,3unu_{n+1} = -0{,}02\,u_n^2 + 1{,}3\,u_n

Calculer la superficie que devrait recouvrir la posidonie au premier juillet 2025.
Afficher la correction
Le premier juillet 2025 correspond au rang n=1n = 1. On applique la relation de récurrence avec u0=1u_0 = 1 :

u1=0,02×12+1,3×1=0,02+1,3u_1 = -0{,}02 \times 1^2 + 1{,}3 \times 1 = -0{,}02 + 1{,}3

u1=1,28 ha\boxed{u_1 = 1{,}28 \ \text{ha}}

La posidonie recouvrirait donc 1,281{,}28 hectare au premier juillet 2025, soit une progression de 28 %28\ \% en un an.
A.2
On note hh la fonction définie sur [0;20][0\,;20] par h(x)=0,02x2+1,3xh(x) = -0{,}02x^2 + 1{,}3x. On admet que hh est croissante sur [0;20][0\,;20].

a. Démontrer que pour tout entier naturel nn : 1unun+1201 \leqslant u_n \leqslant u_{n+1} \leqslant 20.
b. En déduire que la suite (un)(u_n) converge. On note LL sa limite.
c. Justifier que L=15L = 15.
Afficher la correction
a. Démonstration par récurrence. Notons P(n)\mathcal{P}(n) la propriété : « 1unun+1201 \leqslant u_n \leqslant u_{n+1} \leqslant 20 ».

Initialisation. u0=1u_0 = 1 et u1=1,28u_1 = 1{,}28 (question 1). On a bien

111,28201 \leqslant 1 \leqslant 1{,}28 \leqslant 20

P(0)\mathcal{P}(0) est vraie

Hérédité. Supposons P(n)\mathcal{P}(n) vraie pour un entier nn fixé, c'est-à-dire 1unun+1201 \leqslant u_n \leqslant u_{n+1} \leqslant 20.

La fonction hh étant croissante sur [0;20][0\,;20], elle conserve l'ordre. On peut donc lui appliquer l'encadrement :

h(1)h(un)h(un+1)h(20)h(1) \leqslant h(u_n) \leqslant h(u_{n+1}) \leqslant h(20)

Or h(un)=un+1h(u_n) = u_{n+1} et h(un+1)=un+2h(u_{n+1}) = u_{n+2} par définition de la suite. Calculons les deux bornes :

h(1)=0,02+1,3=1,28eth(20)=0,02×400+26=8+26=18h(1) = -0{,}02 + 1{,}3 = 1{,}28 \qquad \text{et} \qquad h(20) = -0{,}02 \times 400 + 26 = -8 + 26 = 18

L'encadrement devient :

1,28un+1un+2181{,}28 \leqslant u_{n+1} \leqslant u_{n+2} \leqslant 18

Comme 11,281 \leqslant 1{,}28 et 182018 \leqslant 20, on en déduit a fortiori :

1un+1un+2201 \leqslant u_{n+1} \leqslant u_{n+2} \leqslant 20

C'est exactement P(n+1)\mathcal{P}(n+1)

Conclusion. Par récurrence, P(n)\mathcal{P}(n) est vraie pour tout entier naturel nn. \blacksquare

b. Convergence. L'encadrement démontré contient deux informations :

unun+1u_n \leqslant u_{n+1} pour tout nn : la suite est croissante ;
un20u_n \leqslant 20 pour tout nn : la suite est majorée par 2020.

D'après le théorème de convergence monotone, toute suite croissante et majorée converge.

(un) converge vers une limite L\boxed{(u_n) \text{ converge vers une limite } L}

Attention : ce théorème donne l'existence de la limite, pas sa valeur. C'est l'objet de la question suivante.

c. Détermination de LL. La fonction hh est continue sur [0;20][0\,;20] (c'est un polynôme), et un+1=h(un)u_{n+1} = h(u_n). En passant à la limite dans cette égalité, la limite LL est nécessairement un point fixe de hh :

L=h(L)    L=0,02L2+1,3LL = h(L) \iff L = -0{,}02L^2 + 1{,}3L

0,02L20,3L=0    L(0,02L0,3)=00{,}02L^2 - 0{,}3L = 0 \iff L\left(0{,}02L - 0{,}3\right) = 0

L=0ouL=0,30,02=15L = 0 \qquad \text{ou} \qquad L = \frac{0{,}3}{0{,}02} = 15

Il faut trancher entre les deux. La suite est croissante et u0=1u_0 = 1, donc un1u_n \geqslant 1 pour tout nn, d'où L1L \geqslant 1. La valeur L=0L = 0 est donc impossible.

L=15\boxed{L = 15}

Interprétation : à très long terme, la posidonie recouvrira 1515 hectares sur les 2020 de la zone — et pas la zone entière. Le modèle prévoit une saturation à 75 %75\ \%.
A.3
Les biologistes souhaitent savoir au bout de combien de temps la surface recouverte dépassera les 1414 hectares.

a. Sans aucun calcul, justifier que, d'après ce modèle, cela se produira.
b. Recopier et compléter l'algorithme suivant pour qu'en fin d'exécution il affiche la réponse.

def seuil():
n = 0
u = 1
while ...... :
n = ......
u = ......
return n
Afficher la correction
a. Justification sans calcul. La suite (un)(u_n) converge vers 1515, et 15>1415 > 14.

Par définition de la limite, tout intervalle ouvert contenant 1515 contient tous les termes de la suite à partir d'un certain rang. En particulier l'intervalle ]14;16[]14\,;16[ : il existe donc un rang à partir duquel un>14u_n > 14.

Le seuil de 14 ha sera deˊpasseˊ\boxed{\text{Le seuil de } 14 \text{ ha sera dépassé}}

Le point clé : c'est parce que la limite est strictement supérieure au seuil que le dépassement est garanti. Si la limite avait été 1414 exactement, la suite croissante serait restée en dessous pour toujours.

b. Algorithme. On répète le calcul tant que le seuil n'est pas atteint :

def seuil():
n = 0
u = 1
while u <= 14 :
n = n + 1
u = -0.02*u**2 + 1.3*u
return n

Comment lire l'algorithme. À chaque tour de boucle, on avance d'une année (nn augmente de 11) et on calcule la superficie de l'année suivante avec la relation de récurrence. On sort de la boucle dès que uu dépasse 1414, et nn contient alors le nombre d'années écoulées.

Résultat de l'exécution : l'algorithme renvoie

n=18\boxed{n = 18}

Le seuil de 1414 ha est franchi au rang 1818 (avec u1814,12u_{18} \approx 14{,}12 ha), c'est-à-dire au premier juillet 2042.

Erreur fréquente : écrire while u < 14 au lieu de u <= 14. Ici les deux donnent le même résultat car unu_n ne vaut jamais exactement 1414 — mais la condition « tant qu'on n'a pas dépassé 1414 » se traduit bien par u14u \leqslant 14.

Partie B — Étude d'un modèle continu

B.1
On décrit maintenant la superficie par une fonction ff définie sur [0;+[[0\,;+\infty[, où tt est la durée en années écoulée depuis le premier juillet 2024. La fonction ff vérifie : f(0)=1f(0) = 1 ; ff ne s'annule pas ; ff est dérivable ; et ff est solution de l'équation différentielle

(E1):y=0,02y(15y)(E_1) : \quad y' = 0{,}02\,y\,(15 - y)

Soit gg la fonction définie sur [0;+[[0\,;+\infty[ par g(t)=1f(t)g(t) = \dfrac{1}{f(t)}. Montrer que gg est solution de l'équation différentielle

(E2):y=0,3y+0,02(E_2) : \quad y' = -0{,}3\,y + 0{,}02
Afficher la correction
Pourquoi ce changement de fonction ? L'équation (E1)(E_1) n'est pas de la forme y=ay+by' = ay + b : le terme y(15y)y(15-y) contient un y2y^2, et ce type d'équation n'est pas au programme. Le passage à g=1fg = \dfrac{1}{f} est l'astuce qui ramène le problème à une équation connue.

Dérivation de gg. g=1fg = \dfrac{1}{f} est de la forme 1u\dfrac{1}{u}, dont la dérivée est uu2-\dfrac{u'}{u^2}. C'est licite car ff ne s'annule pas (hypothèse de l'énoncé — elle sert exactement à cela) :

g(t)=f(t)f(t)2g'(t) = -\frac{f'(t)}{f(t)^2}

Utilisation de (E1)(E_1). On remplace ff' par son expression f=0,02f(15f)f' = 0{,}02\,f\,(15 - f) :

g(t)=0,02f(t)(15f(t))f(t)2=0,02(15f(t))f(t)g'(t) = -\frac{0{,}02\,f(t)\,\big(15 - f(t)\big)}{f(t)^2} = -\frac{0{,}02\,\big(15 - f(t)\big)}{f(t)}

On développe, et le 1f\dfrac{1}{f} fait réapparaître gg :

g(t)=0,02×15f(t)+0,02×f(t)f(t)=0,3×1f(t)= g(t)+0,02g'(t) = -\frac{0{,}02 \times 15}{f(t)} + \frac{0{,}02 \times f(t)}{f(t)} = -0{,}3 \times \underbrace{\frac{1}{f(t)}}_{=\ g(t)} + 0{,}02

g(t)=0,3g(t)+0,02\boxed{g'(t) = -0{,}3\,g(t) + 0{,}02}

gg est bien solution de (E2)(E_2), qui est cette fois de la forme y=ay+by' = ay + b avec a=0,3a = -0{,}3 et b=0,02b = 0{,}02. \blacksquare
B.2
Donner les solutions de l'équation différentielle (E2)(E_2).
Afficher la correction
L'équation y=ay+by' = ay + b avec a=0,3a = -0{,}3 et b=0,02b = 0{,}02 a pour solutions, d'après le cours :

y(t)=Ceatbaavec CRy(t) = C\,e^{at} - \frac{b}{a} \qquad \text{avec } C \in \mathbb{R}

Ici :

ba=0,020,3=0,020,3=230=115-\frac{b}{a} = -\frac{0{,}02}{-0{,}3} = \frac{0{,}02}{0{,}3} = \frac{2}{30} = \frac{1}{15}

y(t)=Ce0,3t+115,CR\boxed{y(t) = C\,e^{-0{,}3t} + \frac{1}{15}, \qquad C \in \mathbb{R}}

Contrôle : la solution constante y=115y = \frac{1}{15} doit annuler yy'. En effet 0,3×115+0,02=0,02+0,02=0-0{,}3 \times \frac{1}{15} + 0{,}02 = -0{,}02 + 0{,}02 = 0
B.3
En déduire que pour tout t[0;+[t \in [0\,;+\infty[ : f(t)=1514e0,3t+1f(t) = \dfrac{15}{14\,e^{-0{,}3t} + 1}.
Afficher la correction
Détermination de la constante CC. On utilise la condition initiale. Comme f(0)=1f(0) = 1 :

g(0)=1f(0)=11=1g(0) = \frac{1}{f(0)} = \frac{1}{1} = 1

En reportant dans l'expression de gg :

g(0)=Ce0+115=C+115=1g(0) = C\,e^{0} + \frac{1}{15} = C + \frac{1}{15} = 1

C=1115=1415C = 1 - \frac{1}{15} = \frac{14}{15}

D'où :

g(t)=1415e0,3t+115=14e0,3t+115g(t) = \frac{14}{15}e^{-0{,}3t} + \frac{1}{15} = \frac{14\,e^{-0{,}3t} + 1}{15}

Retour à ff. Puisque g=1fg = \dfrac{1}{f}, on a f=1gf = \dfrac{1}{g} :

f(t)=1514e0,3t+1\boxed{f(t) = \frac{15}{14\,e^{-0{,}3t} + 1}}

Vérification de la condition initiale :

f(0)=1514×1+1=1515=1f(0) = \frac{15}{14 \times 1 + 1} = \frac{15}{15} = 1 \quad \checkmark
B.4
Déterminer la limite de ff en ++\infty.
Afficher la correction
Quand t+t \to +\infty, on a 0,3t-0{,}3t \to -\infty, donc

e0,3t0e^{-0{,}3t} \longrightarrow 0

Le dénominateur tend alors vers 14×0+1=114 \times 0 + 1 = 1 :

limt+f(t)=151=15\boxed{\lim_{t \to +\infty} f(t) = \frac{15}{1} = 15}

Le modèle continu retrouve exactement la limite du modèle discret (L=15L = 15, question A.2.c). Les deux approches convergent vers la même saturation : 1515 hectares sur 2020.

Graphiquement, la droite d'équation y=15y = 15 est asymptote horizontale à la courbe de ff en ++\infty. C'est la forme caractéristique d'une croissance logistique : démarrage lent, accélération, puis saturation.
B.5
Résoudre dans [0;+[[0\,;+\infty[ l'inéquation f(t)>14f(t) > 14. Interpréter le résultat dans le contexte de l'exercice.
Afficher la correction
Résolution. Le dénominateur 14e0,3t+114e^{-0{,}3t} + 1 est strictement positif (somme d'une exponentielle positive et de 11) : on peut multiplier les deux membres par lui sans changer le sens de l'inégalité.

1514e0,3t+1>14    15>14(14e0,3t+1)\frac{15}{14e^{-0{,}3t} + 1} > 14 \iff 15 > 14\left(14e^{-0{,}3t} + 1\right)

15>196e0,3t+14    1>196e0,3t    e0,3t<119615 > 196\,e^{-0{,}3t} + 14 \iff 1 > 196\,e^{-0{,}3t} \iff e^{-0{,}3t} < \frac{1}{196}

On compose par ln\ln, strictement croissante (le sens est conservé) :

0,3t<ln(1196)=ln(196)-0{,}3t < \ln\left(\frac{1}{196}\right) = -\ln(196)

On divise par 0,3-0{,}3, qui est négatif : le sens de l'inégalité change !

t>ln1960,3t > \frac{\ln 196}{0{,}3}

Comme 196=142196 = 14^2, on a ln196=2ln14\ln 196 = 2\ln 14 :

t>2ln140,3=20ln14317,59 ans\boxed{t > \frac{2\ln 14}{0{,}3} = \frac{20\ln 14}{3} \approx 17{,}59 \ \text{ans}}

Interprétation. Le temps tt est compté depuis le premier juillet 2024. La superficie dépassera 1414 hectares au bout d'environ 17,617{,}6 années, soit courant 2042.

La cohérence des deux modèles est remarquable : le modèle discret donnait le seuil au rang n=18n = 18, soit au premier juillet 2042 ; le modèle continu le donne à t17,6t \approx 17{,}6 ans, soit début 2042. Deux modélisations très différentes — une suite récurrente et une équation différentielle — aboutissent à la même prévision. C'est précisément ce que le sujet cherche à faire constater.

Le piège de la question : oublier de changer le sens de l'inégalité en divisant par 0,3-0{,}3. On obtiendrait alors t<17,59t < 17{,}59, c'est-à-dire l'exact contraire — et une interprétation absurde, puisque la superficie est croissante.

Réviser les notions de ce sujet

Ce sujet mobilise 9 notions du programme de Terminale. Chacune dispose d'un cours complet, d'une fiche de révision et d'exercices corrigés :