Bac Maths 2025 Nouvelle-Calédonie Jour 1

20 novembre 2025 — 4 exercices — 20 points — épreuve de spécialité

Correction rédigée par Maths Facile — 22 questions détaillées. Chaque résultat numérique de cette page a été recalculé indépendamment avec un moteur de calcul formel avant publication.

Énoncé : sujet officiel de l'épreuve de spécialité mathématiques, session 20 novembre 2025.

Exercice 1 — Sac, urnes et billets — jusqu'à la loi des grands nombres (5 points)

On dispose d'un sac et de deux urnes A et B.

• Le sac contient 44 boules : 11 boule « A » et 33 boules « B ».
• L'urne A contient 55 billets : 33 de 5050 € et 22 de 1010 €.
• L'urne B contient 44 billets : 11 de 5050 € et 33 de 1010 €.

Le joueur tire une boule dans le sac : si c'est « A », il tire un billet dans l'urne A ; si c'est « B », dans l'urne B.

On note AA : « le joueur obtient une boule A » et CC : « le joueur obtient un billet de 5050 € ».
Arbre pondéré de probabilités — C : billet de 50 € Arbre pondéré. C : billet de 50 €. Branche A, probabilité 1/4 : C, probabilité 3/5 ; C̄, probabilité 2/5. Branche B, probabilité 3/4 : C, probabilité 1/4 ; C̄, probabilité 3/4. 1/4 A 3/5 C 2/5 3/4 B 1/4 C 3/4 C : billet de 50 €

Arbre pondéré.

1
Recopier et compléter l'arbre pondéré représentant la situation.
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Premier niveau — le tirage de la boule. Le sac contient 11 boule A et 33 boules B, soit 44 boules :

P(A)=14P(B)=P(A)=34P(A) = \frac{1}{4} \qquad P(B) = P\left(\overline{A}\right) = \frac{3}{4}

Second niveau — le tirage du billet, qui dépend de l'urne.

Urne A (55 billets, dont 33 de 5050 €) :

PA(C)=35PA(C)=25P_A(C) = \frac{3}{5} \qquad P_A\left(\overline{C}\right) = \frac{2}{5}

Urne B (44 billets, dont 11 de 5050 €) :

PB(C)=14PB(C)=34P_B(C) = \frac{1}{4} \qquad P_B\left(\overline{C}\right) = \frac{3}{4}

P(A)=14, PA(C)=35P(B)=34, PB(C)=14\boxed{\begin{array}{l} P(A) = \tfrac{1}{4}, \ P_A(C) = \tfrac{3}{5} \\[4pt] P(B) = \tfrac{3}{4}, \ P_B(C) = \tfrac{1}{4} \end{array}}

Chaque probabilité conditionnelle est une simple proportion de billets de 5050 € dans l'urne concernée.
2
Quelle est la probabilité que le joueur obtienne une boule A et un billet de 5050 € ?
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Il s'agit de P(AC)P(A \cap C). On multiplie le long du chemin AA puis CC :

P(AC)=P(A)×PA(C)=14×35P(A \cap C) = P(A) \times P_A(C) = \frac{1}{4} \times \frac{3}{5}

P(AC)=320=0,15\boxed{P(A \cap C) = \frac{3}{20} = 0{,}15}

Interprétation : dans 15 %15\ \% des parties, le joueur tire une boule A puis un billet de 5050 €.
3
Démontrer que P(C)=0,3375P(C) = 0{,}3375.
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Les évènements AA et BB forment une partition de l'univers : on applique la formule des probabilités totales.

P(C)=P(AC)+P(BC)P(C) = P(A \cap C) + P(B \cap C)

Premier terme (question 2) : P(AC)=320P(A \cap C) = \dfrac{3}{20}.

Second terme :

P(BC)=P(B)×PB(C)=34×14=316P(B \cap C) = P(B) \times P_B(C) = \frac{3}{4} \times \frac{1}{4} = \frac{3}{16}

Somme — au même dénominateur 8080 :

P(C)=320+316=1280+1580=2780P(C) = \frac{3}{20} + \frac{3}{16} = \frac{12}{80} + \frac{15}{80} = \frac{27}{80}

P(C)=2780=0,3375\boxed{P(C) = \frac{27}{80} = 0{,}3375} \blacksquare

Cette valeur — la probabilité de gagner 5050 € — servira dans tout le reste de l'exercice, jusqu'à la loi des grands nombres.
4
Le joueur a obtenu un billet de 1010 €. L'affirmation « il y a plus de 80 %80\ \% de chances qu'il ait au préalable obtenu une boule B » est-elle vraie ?
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Attention au sens du conditionnement. On cherche PC(B)P_{\overline{C}}(B) — le billet est de 1010 €, on remonte vers la boule. C'est une probabilité inverse.

PC(B)=P(BC)P(C)P_{\overline{C}}(B) = \frac{P\left(B \cap \overline{C}\right)}{P\left(\overline{C}\right)}

Dénominateur — par événement contraire :

P(C)=1P(C)=10,3375=0,6625P\left(\overline{C}\right) = 1 - P(C) = 1 - 0{,}3375 = 0{,}6625

Numérateur — chemin BB puis C\overline{C} :

P(BC)=P(B)×PB(C)=34×34=916=0,5625P\left(B \cap \overline{C}\right) = P(B) \times P_B\left(\overline{C}\right) = \frac{3}{4} \times \frac{3}{4} = \frac{9}{16} = 0{,}5625

Quotient :

PC(B)=0,56250,6625=4553=0,8490P_{\overline{C}}(B) = \frac{0{,}5625}{0{,}6625} = \frac{45}{53} = 0{,}8490\ldots

PC(B)0,849>0,80\boxed{P_{\overline{C}}(B) \approx 0{,}849 > 0{,}80}

OUI, l’affirmation est VRAIE\boxed{\text{OUI, l'affirmation est VRAIE}}

Interprétation. Parmi les joueurs ayant obtenu un billet de 1010 €, environ 85 %85\ \% avaient tiré une boule B. C'est cohérent : les boules B sont majoritaires dans le sac (33 sur 44), et l'urne B contient surtout des petits billets.
5
On note X1X_1 la somme (en euros) obtenue lors d'une partie. Montrer que E(X1)=23,50E(X_1) = 23{,}50 et V(X1)=357,75V(X_1) = 357{,}75.
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Loi de X1X_1. Le joueur gagne soit 5050 € (avec probabilité P(C)=0,3375P(C) = 0{,}3375), soit 1010 € (le reste) :

xix_i50501010
P(X1=xi)P(X_1 = x_i)0,33750{,}33750,66250{,}6625


Espérance.

E(X1)=50×0,3375+10×0,6625=16,875+6,625E(X_1) = 50 \times 0{,}3375 + 10 \times 0{,}6625 = 16{,}875 + 6{,}625

E(X1)=23,50 euros\boxed{E(X_1) = 23{,}50 \ \text{euros}}

Variance. On utilise V(X1)=E(X12)[E(X1)]2V(X_1) = E\left(X_1^2\right) - \left[E(X_1)\right]^2.

Calcul de E(X12)E\left(X_1^2\right) :

E(X12)=502×0,3375+102×0,6625=2500×0,3375+100×0,6625E\left(X_1^2\right) = 50^2 \times 0{,}3375 + 10^2 \times 0{,}6625 = 2500 \times 0{,}3375 + 100 \times 0{,}6625

=843,75+66,25=910= 843{,}75 + 66{,}25 = 910

Variance :

V(X1)=91023,502=910552,25V(X_1) = 910 - 23{,}50^2 = 910 - 552{,}25

V(X1)=357,75\boxed{V(X_1) = 357{,}75} \blacksquare

Interprétation : en moyenne, une partie rapporte 23,5023{,}50 €. La variance élevée (357,75357{,}75, soit un écart-type de 357,7518,9\sqrt{357{,}75} \approx 18{,}9 €) traduit une forte dispersion — le gain oscille entre 1010 et 5050 €, deux valeurs très éloignées.
6
Le joueur remet tout en place et joue une deuxième partie, de gain X2X_2 (même loi que X1X_1, indépendante). On pose Y=X1+X2Y = X_1 + X_2.

a. Montrer que E(Y)=47E(Y) = 47.
b. Expliquer pourquoi V(Y)=V(X1)+V(X2)V(Y) = V(X_1) + V(X_2).
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a. Espérance de YY. L'espérance est additive, sans aucune hypothèse :

E(Y)=E(X1+X2)=E(X1)+E(X2)=23,50+23,50E(Y) = E(X_1 + X_2) = E(X_1) + E(X_2) = 23{,}50 + 23{,}50

E(Y)=47 euros\boxed{E(Y) = 47 \ \text{euros}}

Logique : deux parties rapportent en moyenne le double d'une seule.

b. Variance de YY. L'énoncé précise que le joueur remet la boule et le billet avant de rejouer. Les deux parties se déroulent donc dans des conditions identiques et sans influence l'une sur l'autre : les variables X1X_1 et X2X_2 sont indépendantes.

C’est cette INDEˊPENDANCE qui autorise V(X1+X2)=V(X1)+V(X2)\boxed{\text{C'est cette INDÉPENDANCE qui autorise } V(X_1 + X_2) = V(X_1) + V(X_2)}

Le point de méthode, essentiel. L'espérance est toujours additive, mais la variance ne l'est que sous hypothèse d'indépendance. La remise en place, mentionnée dans l'énoncé, n'est pas un détail : c'est la justification de l'additivité de la variance.

Ici, V(Y)=357,75+357,75=715,5V(Y) = 357{,}75 + 357{,}75 = 715{,}5.
7
Le joueur joue 100100 parties, de gains X1,X2,,X100X_1, X_2, \ldots, X_{100} (indépendantes, même loi). On pose Z=X1++X100Z = X_1 + \cdots + X_{100}.

Démontrer que P(Z]1950;2750[)0,75P\big(Z \in\, ]1\,950\,;2\,750[\big) \geqslant 0{,}75.
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Espérance et variance de ZZ.

Espérance — par additivité :

E(Z)=100×E(X1)=100×23,50=2350E(Z) = 100 \times E(X_1) = 100 \times 23{,}50 = 2\,350

Variance — les 100100 parties étant indépendantes, la variance est additive :

V(Z)=100×V(X1)=100×357,75=35775V(Z) = 100 \times V(X_1) = 100 \times 357{,}75 = 35\,775

Inégalité de Bienaymé-Tchebychev. Elle s'écrit, pour δ>0\delta > 0 :

P(ZE(Z)δ)V(Z)δ2P\Big(\left|Z - E(Z)\right| \geqslant \delta\Big) \leqslant \frac{V(Z)}{\delta^2}

Reconnaître l'intervalle. L'intervalle ]1950;2750[]1\,950\,;2\,750[ est centré sur E(Z)=2350E(Z) = 2\,350 :

23501950=400et27502350=4002\,350 - 1\,950 = 400 \qquad \text{et} \qquad 2\,750 - 2\,350 = 400

Donc « Z]1950;2750[Z \in\, ]1\,950\,;2\,750[ » équivaut à « Z2350<400\left|Z - 2\,350\right| < 400 ». On prend δ=400\delta = 400.

Passer à l'évènement contraire :

P(1950<Z<2750)=1P(Z2350400)1V(Z)4002P\big(1\,950 < Z < 2\,750\big) = 1 - P\Big(\left|Z - 2\,350\right| \geqslant 400\Big) \geqslant 1 - \frac{V(Z)}{400^2}

Calcul :

135775160000=10,2236=0,77641 - \frac{35\,775}{160\,000} = 1 - 0{,}2236\ldots = 0{,}7764\ldots

P(Z]1950;2750[)0,776>0,75\boxed{P\big(Z \in\, ]1\,950\,;2\,750[\big) \geqslant 0{,}776 > 0{,}75} \blacksquare

Interprétation. Sur 100100 parties, le joueur a plus de 75 %75\ \% de chances de gagner un total compris entre 19501\,950 € et 27502\,750 €. C'est une illustration de la loi des grands nombres : le gain total se concentre autour de son espérance 23502\,350 €, et cette concentration se resserre à mesure qu'on joue davantage de parties.

Exercice 2 — Pyramide dans l'espace — distances et volume (4 points)

L'espace est rapporté à un repère orthonormé (O;ı,ȷ,k)\left(O\,;\vec{\imath},\vec{\jmath},\vec{k}\right). On considère les points

A(4;4;4)B(5;3;2)C(6;2;3)D(5;1;1)A(4\,;-4\,;4) \qquad B(5\,;-3\,;2) \qquad C(6\,;-2\,;3) \qquad D(5\,;1\,;1)
1
Démontrer que le triangle ABCABC est rectangle en BB.
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Le triangle est rectangle en BB si et seulement si BA\vec{BA} et BC\vec{BC} sont orthogonaux.

BA=AB=(454(3)42)=(112)\vec{BA} = A - B = \begin{pmatrix}4-5\\-4-(-3)\\4-2\end{pmatrix} = \begin{pmatrix}-1\\-1\\2\end{pmatrix}

BC=CB=(652(3)32)=(111)\vec{BC} = C - B = \begin{pmatrix}6-5\\-2-(-3)\\3-2\end{pmatrix} = \begin{pmatrix}1\\1\\1\end{pmatrix}

Produit scalaire :

BABC=(1)×1+(1)×1+2×1=11+2=0\vec{BA} \cdot \vec{BC} = (-1) \times 1 + (-1) \times 1 + 2 \times 1 = -1 - 1 + 2 = 0

BABC=0      ABC est rectangle en B\boxed{\vec{BA} \cdot \vec{BC} = 0 \ \implies \ ABC \text{ est rectangle en } B} \blacksquare
2
Justifier qu'une équation cartésienne du plan (ABC)(ABC) est xy8=0x - y - 8 = 0.
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Trouver un vecteur normal. Le vecteur n(1;1;0)\vec{n}(1\,;-1\,;0) (coefficients de l'équation proposée) doit être orthogonal à deux vecteurs non colinéaires du plan.

nBA=1×(1)+(1)×(1)+0×2=1+1=0\vec{n} \cdot \vec{BA} = 1 \times (-1) + (-1) \times (-1) + 0 \times 2 = -1 + 1 = 0 \qquad \checkmark

nBC=1×1+(1)×1+0×1=11=0\vec{n} \cdot \vec{BC} = 1 \times 1 + (-1) \times 1 + 0 \times 1 = 1 - 1 = 0 \qquad \checkmark

n\vec{n} est bien normal au plan (ABC)(ABC).

Équation. Elle est de la forme xy+d=0x - y + d = 0. On détermine dd avec le point A(4;4;4)A(4\,;-4\,;4) :

4(4)+d=0    8+d=0    d=84 - (-4) + d = 0 \iff 8 + d = 0 \iff d = -8

(ABC): xy8=0\boxed{(ABC) : \ x - y - 8 = 0} \blacksquare

Vérifications :

B(5;3;2): 5(3)8=0 C(6;2;3): 6(2)8=0 B(5\,;-3\,;2) : \ 5 - (-3) - 8 = 0 \ \checkmark \qquad C(6\,;-2\,;3) : \ 6 - (-2) - 8 = 0 \ \checkmark
3
On note dd la droite passant par DD et orthogonale au plan (ABC)(ABC).

a. Déterminer une représentation paramétrique de dd.
b. On note HH le projeté orthogonal de DD sur (ABC)(ABC). Déterminer les coordonnées de HH.
c. Montrer que DH=22DH = 2\sqrt{2}.
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a. Représentation paramétrique de dd. La droite est orthogonale au plan, donc son vecteur directeur est le vecteur normal n(1;1;0)\vec{n}(1\,;-1\,;0). Elle passe par D(5;1;1)D(5\,;1\,;1) :

d: {x=5+ty=1tz=1tR\boxed{d : \ \left\{\begin{array}{l} x = 5 + t \\ y = 1 - t \\ z = 1 \end{array}\right. \qquad t \in \mathbb{R}}

La coordonnée zz est constante, car la troisième composante de n\vec{n} est nulle.

b. Coordonnées de HH. Le point HH est l'intersection de dd et du plan (ABC)(ABC). On injecte le point courant de dd dans l'équation xy8=0x - y - 8 = 0 :

(5+t)(1t)8=0(5 + t) - (1 - t) - 8 = 0

5+t1+t8=0    2t4=0    t=25 + t - 1 + t - 8 = 0 \iff 2t - 4 = 0 \iff t = 2

On reporte t=2t = 2 dans la représentation paramétrique :

x=5+2=7y=12=1z=1x = 5 + 2 = 7 \qquad y = 1 - 2 = -1 \qquad z = 1

H(7;1;1)\boxed{H(7\,;-1\,;1)}

Contrôle : HH appartient bien au plan — 7(1)8=07 - (-1) - 8 = 0

c. Distance DHDH.

DH=HD=(751111)=(220)\vec{DH} = H - D = \begin{pmatrix}7-5\\-1-1\\1-1\end{pmatrix} = \begin{pmatrix}2\\-2\\0\end{pmatrix}

DH=22+(2)2+02=4+4=8DH = \sqrt{2^2 + (-2)^2 + 0^2} = \sqrt{4 + 4} = \sqrt{8}

DH=22\boxed{DH = 2\sqrt{2}} \blacksquare

DHDH est la distance de DD au plan (ABC)(ABC) : c'est la hauteur de la pyramide ABCDABCD relative à la base ABCABC, qui servira à la question 4.
4
a. Montrer que le volume de la pyramide ABCDABCD est égal à 22.
b. On admet que l'aire du triangle BCDBCD est 422\dfrac{\sqrt{42}}{2}. En déduire la distance du point AA au plan (BCD)(BCD).
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a. Volume de la pyramide. On prend ABCABC comme base et DHDH comme hauteur (question 3.c).

Aire de la base ABCABC — le triangle étant rectangle en BB (question 1), son aire est un demi-produit des deux côtés de l'angle droit :

BA=(1)2+(1)2+22=6BC=12+12+12=3\left\|\vec{BA}\right\| = \sqrt{(-1)^2 + (-1)^2 + 2^2} = \sqrt{6} \qquad \left\|\vec{BC}\right\| = \sqrt{1^2 + 1^2 + 1^2} = \sqrt{3}

AABC=12×6×3=182=322\mathcal{A}_{ABC} = \frac{1}{2} \times \sqrt{6} \times \sqrt{3} = \frac{\sqrt{18}}{2} = \frac{3\sqrt{2}}{2}

Volume — avec la formule donnée et h=DH=22h = DH = 2\sqrt{2} :

V=13×AABC×DH=13×322×22V = \frac{1}{3} \times \mathcal{A}_{ABC} \times DH = \frac{1}{3} \times \frac{3\sqrt{2}}{2} \times 2\sqrt{2}

=13×3×2×222=13×3×2×22=13×3×2=2= \frac{1}{3} \times 3 \times \frac{\sqrt{2} \times 2\sqrt{2}}{2} = \frac{1}{3} \times 3 \times \frac{2 \times 2}{2} = \frac{1}{3} \times 3 \times 2 = 2

V=2\boxed{V = 2} \blacksquare

b. Distance de AA au plan (BCD)(BCD). L'astuce : le volume de la même pyramide se calcule aussi en prenant BCDBCD comme base et la distance d(A;(BCD))d(A\,;(BCD)) comme hauteur.

V=13×ABCD×d(A;(BCD))V = \frac{1}{3} \times \mathcal{A}_{BCD} \times d(A\,;(BCD))

On isole la distance, avec V=2V = 2 et ABCD=422\mathcal{A}_{BCD} = \dfrac{\sqrt{42}}{2} :

d(A;(BCD))=3VABCD=3×2422=6×242=1242d(A\,;(BCD)) = \frac{3V}{\mathcal{A}_{BCD}} = \frac{3 \times 2}{\frac{\sqrt{42}}{2}} = \frac{6 \times 2}{\sqrt{42}} = \frac{12}{\sqrt{42}}

On rationalise :

d(A;(BCD))=1242=124242=2427d(A\,;(BCD)) = \frac{12}{\sqrt{42}} = \frac{12\sqrt{42}}{42} = \frac{2\sqrt{42}}{7}

d(A;(BCD))=24271,85\boxed{d(A\,;(BCD)) = \frac{2\sqrt{42}}{7} \approx 1{,}85}

L'idée à retenir : un même volume, calculé avec deux bases différentes, donne une équation dont la distance cherchée est la seule inconnue. C'est bien plus rapide que de trouver l'équation du plan (BCD)(BCD) puis d'appliquer la formule de distance.

Exercice 3 — Suite d'intégrales un=01xne1xdxu_n = \int_0^1 x^n e^{1-x}\,\mathrm{d}x (6 points)

Pour tout entier n1n \geqslant 1, on considère la fonction fnf_n définie sur [0;1][0\,;1] par

fn(x)=xne1xf_n(x) = x^{\,n}\,e^{1-x}

Partie A — Le cas n=1n = 1

A.1
On étudie f1(x)=xe1xf_1(x) = x\,e^{1-x}. Montrer que f1(x)f_1'(x) est strictement positive pour tout xx de [0;1[[0\,;1[.
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Dérivation. C'est un produit u=xu = x et v=e1xv = e^{1-x}, avec u=1u' = 1 et v=e1xv' = -e^{1-x} :

f1(x)=1×e1x+x×(e1x)f_1'(x) = 1 \times e^{1-x} + x \times \left(-e^{1-x}\right)

On factorise par e1xe^{1-x} :

f1(x)=(1x)e1x\boxed{f_1'(x) = (1 - x)\,e^{1-x}}

Signe sur [0;1[[0\,;1[. Le facteur e1xe^{1-x} est toujours strictement positif. Quant à (1x)(1 - x) :

1x>0    x<11 - x > 0 \iff x < 1

Sur [0;1[[0\,;1[, on a bien x<1x < 1, donc 1x>01 - x > 0 :

f1(x)>0pour tout x[0;1[f_1'(x) > 0 \quad \text{pour tout } x \in [0\,;1[ \blacksquare

Remarque : en x=1x = 1, on a f1(1)=0f_1'(1) = 0 — c'est pourquoi l'énoncé exclut cette borne de l'intervalle de stricte positivité.
A.2
En déduire le tableau de variations de f1f_1 sur [0;1][0\,;1].
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D'après la question 1, f10f_1' \geqslant 0 sur [0;1][0\,;1] (strictement positive sur [0;1[[0\,;1[, nulle en 11). La fonction f1f_1 est donc strictement croissante sur [0;1][0\,;1].

Valeurs aux bornes :

f1(0)=0×e1=0f_1(0) = 0 \times e^{1} = 0

f1(1)=1×e11=1×e0=1f_1(1) = 1 \times e^{1-1} = 1 \times e^{0} = 1

xx0011
signe de f1(x)f_1'(x)++00
variations de f1f_100\nearrow11


f1 croıˆt strictement de 0 aˋ 1 sur [0;1]\boxed{f_1 \text{ croît strictement de } 0 \text{ à } 1 \text{ sur } [0\,;1]}
A.3
En déduire que l'équation f1(x)=0,1f_1(x) = 0{,}1 admet une unique solution dans [0;1][0\,;1].
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On applique le corollaire du théorème des valeurs intermédiaires :

f1f_1 est continue sur [0;1][0\,;1] (produit de fonctions continues) ;
f1f_1 est strictement croissante sur [0;1][0\,;1] (question 2) ;
f1(0)=0f_1(0) = 0 et f1(1)=1f_1(1) = 1.

Or la valeur 0,10{,}1 est comprise strictement entre 00 et 11 :

0<0,1<10 < 0{,}1 < 1

L’eˊquation f1(x)=0,1 admet une UNIQUE solution dans [0;1]\boxed{\text{L'équation } f_1(x) = 0{,}1 \text{ admet une UNIQUE solution dans } [0\,;1]} \blacksquare

La continuité donne l'existence, la stricte croissance donne l'unicité : les deux conditions sont indispensables.

Partie B — La suite (un)(u_n)

B.1
On pose un=01xne1xdxu_n = \displaystyle\int_0^1 x^{\,n}\,e^{1-x}\,\mathrm{d}x. On admet u1=e2u_1 = e - 2.

a. Justifier que pour tout x[0;1]x \in [0\,;1] et tout n1n \geqslant 1 : 0xn+1xn0 \leqslant x^{\,n+1} \leqslant x^{\,n}.
b. En déduire que 0un+1un0 \leqslant u_{n+1} \leqslant u_n.
c. Montrer que (un)(u_n) est convergente.
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a. Encadrement des puissances. Soit x[0;1]x \in [0\,;1].

Positivité : x0x \geqslant 0, donc toute puissance xn0x^{\,n} \geqslant 0.
Décroissance en nn : partons de 0x10 \leqslant x \leqslant 1 et multiplions les trois membres par xn0x^{\,n} \geqslant 0 (ce qui conserve le sens des inégalités) :

0×xnx×xn1×xn0 \times x^{\,n} \leqslant x \times x^{\,n} \leqslant 1 \times x^{\,n}

0xn+1xn\boxed{0 \leqslant x^{\,n+1} \leqslant x^{\,n}} \blacksquare

Intuitivement : sur [0;1][0\,;1], multiplier par xx (un nombre 1\leqslant 1) fait diminuer — d'où xn+1xnx^{\,n+1} \leqslant x^{\,n}.

b. Encadrement des intégrales. On multiplie l'encadrement précédent par e1xe^{1-x}, qui est positif (le sens est conservé) :

0xn+1e1xxne1x0 \leqslant x^{\,n+1}\,e^{1-x} \leqslant x^{\,n}\,e^{1-x}

Puis on intègre sur [0;1][0\,;1] — l'intégration conserve les inégalités entre fonctions (positivité de l'intégrale) :

010dx01xn+1e1xdx01xne1xdx\int_0^1 0\,\mathrm{d}x \leqslant \int_0^1 x^{\,n+1}e^{1-x}\,\mathrm{d}x \leqslant \int_0^1 x^{\,n}e^{1-x}\,\mathrm{d}x

0un+1un\boxed{0 \leqslant u_{n+1} \leqslant u_n} \blacksquare

c. Convergence. L'encadrement contient deux informations :

un+1unu_{n+1} \leqslant u_n pour tout nn : la suite est décroissante ;
un0u_n \geqslant 0 pour tout nn : la suite est minorée par 00.

D'après le théorème de convergence monotone, toute suite décroissante et minorée converge.

(un) est convergente\boxed{(u_n) \text{ est convergente}}

Le théorème donne l'existence de la limite ; la partie B.3 en déterminera la valeur.
B.2
a. À l'aide d'une intégration par parties, démontrer que pour tout n1n \geqslant 1 : un+1=(n+1)un1u_{n+1} = (n+1)\,u_n - 1.
b. Compléter le script Python pour que suite() renvoie 01x8e1xdx\displaystyle\int_0^1 x^{8}\,e^{1-x}\,\mathrm{d}x.

from math import exp
def suite():
u = ......
for n in range(1, ......):
u = ......
return ......
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a. Intégration par parties de un+1u_{n+1}. On pose

un+1=01xn+1e1xdxu_{n+1} = \int_0^1 x^{\,n+1}\,e^{1-x}\,\mathrm{d}x

On dérive la puissance et on primitive l'exponentielle :

U(x)=xn+1U(x)=(n+1)xnU(x) = x^{\,n+1} \quad \Rightarrow \quad U'(x) = (n+1)\,x^{\,n}
V(x)=e1xV(x)=e1xV'(x) = e^{1-x} \quad \Rightarrow \quad V(x) = -e^{1-x}

Formule abUV=[UV]ababUV\displaystyle\int_a^b UV' = \Big[UV\Big]_a^b - \int_a^b U'V :

un+1=[xn+1e1x]0101(n+1)xn×(e1x)dxu_{n+1} = \Big[-x^{\,n+1}\,e^{1-x}\Big]_0^1 - \int_0^1 (n+1)\,x^{\,n} \times \left(-e^{1-x}\right)\mathrm{d}x

un+1=[xn+1e1x]01+(n+1)01xne1xdxu_{n+1} = \Big[-x^{\,n+1}\,e^{1-x}\Big]_0^1 + (n+1)\int_0^1 x^{\,n}\,e^{1-x}\,\mathrm{d}x

Terme tout intégré :

[xn+1e1x]01=1n+1×e0(0×e1)=10=1\Big[-x^{\,n+1}\,e^{1-x}\Big]_0^1 = -1^{\,n+1} \times e^{0} - \left(-0 \times e^{1}\right) = -1 - 0 = -1

L'intégrale restante est exactement unu_n :

un+1=1+(n+1)unu_{n+1} = -1 + (n+1)\,u_n

un+1=(n+1)un1\boxed{u_{n+1} = (n+1)\,u_n - 1} \blacksquare

b. Script Python. On part de u1=e2u_1 = e - 2 et on applique la relation de récurrence jusqu'à u8u_8. Pour passer de u1u_1 à u8u_8, il faut 7 itérations (calculer u2,u3,,u8u_2, u_3, \ldots, u_8).

from math import exp
def suite():
u = exp(1) - 2
for n in range(1, 8):
u = (n + 1) * u - 1
return u

Pourquoi range(1, 8) ? Cette boucle prend les valeurs n=1,2,,7n = 1, 2, \ldots, 7, soit 7 tours. À chaque tour, l'affectation u = (n+1)*u - 1 transforme unu_n en un+1u_{n+1} :
• tour n=1n=1 : u1u2u_1 \to u_2 ;
• tour n=7n=7 : u7u8u_7 \to u_8.

En sortie, u contient bien u8=01x8e1xdx0,1233u_8 = \displaystyle\int_0^1 x^8 e^{1-x}\,\mathrm{d}x \approx 0{,}1233.

Le piège classique : range(1, 8) s'arrête à 77, pas à 88. Il faut 77 itérations pour aller de l'indice 11 à l'indice 88.
B.3
a. Démontrer que pour tout n1n \geqslant 1 : unen+1u_n \leqslant \dfrac{e}{n+1}.
b. En déduire la limite de (un)(u_n).
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a. Majoration de unu_n. On part d'un encadrement de la fonction intégrée sur [0;1][0\,;1].

Pour x[0;1]x \in [0\,;1], on a 1x[0;1]1 - x \in [0\,;1], donc

e1xe1=ee^{1-x} \leqslant e^{1} = e

(l'exponentielle est croissante, et 1x11-x \leqslant 1)

On multiplie par xn0x^{\,n} \geqslant 0 (le sens est conservé) :

xne1xe×xnx^{\,n}\,e^{1-x} \leqslant e \times x^{\,n}

On intègre sur [0;1][0\,;1] :

un=01xne1xdx01e×xndx=e×[xn+1n+1]01u_n = \int_0^1 x^{\,n}\,e^{1-x}\,\mathrm{d}x \leqslant \int_0^1 e \times x^{\,n}\,\mathrm{d}x = e \times \left[\frac{x^{\,n+1}}{n+1}\right]_0^1

une×1n+1u_n \leqslant e \times \frac{1}{n+1}

unen+1\boxed{u_n \leqslant \frac{e}{n+1}} \blacksquare

b. Limite. On dispose d'un encadrement — le théorème des gendarmes va conclure. D'après la partie B.1.b, un0u_n \geqslant 0 ; et l'on vient de montrer unen+1u_n \leqslant \dfrac{e}{n+1} :

0unen+10 \leqslant u_n \leqslant \frac{e}{n+1}

Les deux bornes tendent vers 00 :

limn+0=0etlimn+en+1=0\lim_{n \to +\infty} 0 = 0 \qquad \text{et} \qquad \lim_{n \to +\infty} \frac{e}{n+1} = 0

D'après le théorème des gendarmes :

limn+un=0\boxed{\lim_{n \to +\infty} u_n = 0}

Interprétation. L'aire sous la courbe de xne1xx^{\,n}e^{1-x} sur [0;1][0\,;1] tend vers 00. C'est logique : quand nn grandit, xnx^{\,n} s'écrase vers 00 sur presque tout [0;1[[0\,;1[ (seul le voisinage de x=1x = 1 résiste), et l'aire finit par disparaître.

Exercice 4 — Vrai / Faux — limites, équa diff, convexité et anagrammes (5 points)

Pour chacune des cinq affirmations, indiquer si elle est vraie ou fausse, en justifiant. Une réponse non justifiée n'est pas prise en compte.
1
On considère f(x)=ln(x)x2f(x) = \ln(x) - x^2 sur ]0;+[]0\,;+\infty[.

Affirmation 1 : limx+f(x)=\lim\limits_{x \to +\infty} f(x) = -\infty.
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VRAIE\boxed{\textbf{VRAIE}}

Forme indéterminée \infty - \infty. On factorise par le terme dominant. Ici x2x^2 l'emporte largement sur lnx\ln x ; on factorise donc par x2x^2 :

f(x)=lnxx2=x2(lnxx21)f(x) = \ln x - x^2 = x^2\left(\frac{\ln x}{x^2} - 1\right)

Limite de la parenthèse. Par croissance comparée, la puissance l'emporte sur le logarithme :

lnxx2x+0donclnxx211\frac{\ln x}{x^2} \xrightarrow[x \to +\infty]{} 0 \qquad \text{donc} \qquad \frac{\ln x}{x^2} - 1 \longrightarrow -1

Produit :

f(x)=x2+×(lnxx21)1f(x) = \underbrace{x^2}_{\to\,+\infty} \times \underbrace{\left(\frac{\ln x}{x^2} - 1\right)}_{\to\,-1}

limx+f(x)=\boxed{\lim_{x \to +\infty} f(x) = -\infty}

L'affirmation est vraie.

Sans la factorisation, on reste bloqué sur « \infty - \infty ». C'est le terme en x2x^2, dominant, qui impose le signe -\infty.
2
On considère l'équation différentielle (E):2y+3y=sinx+8cosx(E) : -2y' + 3y = \sin x + 8\cos x, et la fonction f(x)=2cosxsinxf(x) = 2\cos x - \sin x.

Affirmation 2 : ff est solution de (E)(E).
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VRAIE\boxed{\textbf{VRAIE}}

Il suffit de calculer 2f+3f-2f' + 3f et de vérifier qu'on retombe sur le second membre.

Dérivée de ff. Avec (cosx)=sinx(\cos x)' = -\sin x et (sinx)=cosx(\sin x)' = \cos x :

f(x)=2×(sinx)cosx=2sinxcosxf'(x) = 2 \times (-\sin x) - \cos x = -2\sin x - \cos x

Calcul de 2f-2f' :

2f(x)=2(2sinxcosx)=4sinx+2cosx-2f'(x) = -2\left(-2\sin x - \cos x\right) = 4\sin x + 2\cos x

Calcul de 3f3f :

3f(x)=3(2cosxsinx)=6cosx3sinx3f(x) = 3\left(2\cos x - \sin x\right) = 6\cos x - 3\sin x

Somme :

2f(x)+3f(x)=(4sinx+2cosx)+(6cosx3sinx)-2f'(x) + 3f(x) = \left(4\sin x + 2\cos x\right) + \left(6\cos x - 3\sin x\right)

On regroupe les sin\sin et les cos\cos :

=(43)=1sinx+(2+6)=8cosx=sinx+8cosx= \underbrace{(4 - 3)}_{=\,1}\sin x + \underbrace{(2 + 6)}_{=\,8}\cos x = \sin x + 8\cos x

C'est exactement le second membre de (E)(E) :

2f+3f=sinx+8cosx\boxed{-2f' + 3f = \sin x + 8\cos x}

ff est bien solution de (E)(E) : l'affirmation est vraie.
3
On considère g(x)=ln(3x+1)+8g(x) = \ln(3x + 1) + 8 sur ]0;+[]0\,;+\infty[, et la suite (un)(u_n) définie par u0=25u_0 = 25 et un+1=g(un)u_{n+1} = g(u_n) (on admet (un)(u_n) strictement positive).

Affirmation 3 : la suite (un)(u_n) est décroissante.
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VRAIE\boxed{\textbf{VRAIE}}

Étape 1 — gg est croissante. Sa dérivée :

g(x)=33x+1g'(x) = \frac{3}{3x + 1}

Sur ]0;+[]0\,;+\infty[, le dénominateur est positif, donc g(x)>0g'(x) > 0 : gg est strictement croissante.

Étape 2 — premiers termes.

u0=25u1=g(25)=ln(76)+84,33+8=12,33u_0 = 25 \qquad u_1 = g(25) = \ln(76) + 8 \approx 4{,}33 + 8 = 12{,}33

On constate u1<u0u_1 < u_0.

Étape 3 — récurrence. Montrons que un+1unu_{n+1} \leqslant u_n pour tout nn.

Initialisation : u112,3325=u0u_1 \approx 12{,}33 \leqslant 25 = u_0

Hérédité : supposons un+1unu_{n+1} \leqslant u_n. La fonction gg étant croissante, elle conserve l'ordre :

g(un+1)g(un)    un+2un+1g(u_{n+1}) \leqslant g(u_n) \iff u_{n+2} \leqslant u_{n+1} \qquad \checkmark

Par récurrence, (un)(u_n) est décroissante.

L’affirmation est VRAIE\boxed{\text{L'affirmation est VRAIE}}

Pour comprendre le comportement. La suite décroît de 2525 vers le point fixe de gg, solution de g()=g(\ell) = \ell, soit ln(3+1)+8=\ln(3\ell + 1) + 8 = \ell. Numériquement 11,58\ell \approx 11{,}58. La suite se stabilise donc autour de 11,5811{,}58 :

u0=25u112,33u211,64u311,58u_0 = 25 \to u_1 \approx 12{,}33 \to u_2 \approx 11{,}64 \to u_3 \approx 11{,}58 \to \cdots

Le raisonnement clé est « gg croissante conserve l'ordre » : une fois la première inégalité u1<u0u_1 < u_0 établie, la récurrence la propage à tous les rangs.
4
On considère une fonction affine hh définie sur R\mathbb{R}, et k(x)=x4+x2+h(x)k(x) = x^4 + x^2 + h(x).

Affirmation 4 : la fonction kk est convexe sur R\mathbb{R}.
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VRAIE\boxed{\textbf{VRAIE}}

Une fonction est convexe si sa dérivée seconde est positive. Calculons kk''.

hh est affine : h(x)=ax+bh(x) = ax + b pour certains réels aa et bb. Donc h(x)=ah'(x) = a et h(x)=0h''(x) = 0.

Dérivée première :

k(x)=4x3+2x+ak'(x) = 4x^3 + 2x + a

Dérivée seconde :

k(x)=12x2+2k''(x) = 12x^2 + 2

(le terme aa, constant, disparaît en dérivant — c'est pourquoi la nature précise de hh n'a aucune importance)

Signe de kk''. Pour tout réel xx :

12x20donck(x)=12x2+22>012x^2 \geqslant 0 \qquad \text{donc} \qquad k''(x) = 12x^2 + 2 \geqslant 2 > 0

k(x)>0 pour tout x      k est convexe sur R\boxed{k''(x) > 0 \text{ pour tout } x \ \implies \ k \text{ est convexe sur } \mathbb{R}}

L'affirmation est vraie.

Le point de fond. Ajouter une fonction affine à une fonction ne change jamais sa convexité, puisque la dérivée seconde d'une fonction affine est nulle. Ici kk a la même convexité que x4+x2x^4 + x^2 — qui est convexe, comme somme de deux fonctions convexes.

C'est pourquoi l'énoncé peut laisser hh totalement indéterminée : le résultat ne dépend pas d'elle.
5
Une anagramme d'un mot est une permutation de ses lettres. (Exemple : BAC possède 66 anagrammes.)

Affirmation 5 : le mot EULER possède 120120 anagrammes.
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FAUSSE\boxed{\textbf{FAUSSE}}

Le piège de l'exercice, et il est redoutable. L'exemple donné (BAC, 3!=63! = 6 anagrammes) porte sur un mot à lettres toutes distinctes. On est tenté d'appliquer la même formule à EULER, qui a 55 lettres : 5!=1205! = 120.

MAIS le mot EULER contient DEUX lettres E :

 U  L  E  R\text{E} \ - \ \text{U} \ - \ \text{L} \ - \ \text{E} \ - \ \text{R}

Pourquoi cela change tout. Si l'on comptait 5!=1205! = 120 permutations, on compterait deux fois chaque anagramme. En effet, échanger les deux E entre eux redonne le même mot — ils sont indiscernables. Chaque anagramme est donc obtenue de 2!=22! = 2 façons dans le décompte de 120120.

Le nombre réel d'anagrammes est donc

5!2!=1202=60\frac{5!}{2!} = \frac{120}{2} = 60

EULER posseˋde 60 anagrammes, et non 120\boxed{\text{EULER possède } 60 \text{ anagrammes, et non } 120}

L'affirmation est fausse.

La formule générale. Pour un mot de nn lettres dont une lettre est répétée kk fois (les autres distinctes), le nombre d'anagrammes est n!k!\dfrac{n!}{k!}. Ici n=5n = 5, la lettre E est répétée k=2k = 2 fois, d'où 5!2!=60\dfrac{5!}{2!} = 60.

La leçon : ne jamais appliquer n!n! sans vérifier d'abord que toutes les lettres sont distinctes. C'est exactement le contrôle que l'exemple « BAC » invite à négliger — d'où le piège.

Un exemple pour bien comprendre : le mot ANANAS (66 lettres, avec trois A et deux N) possède 6!3!2!=72012=60\dfrac{6!}{3!\,2!} = \dfrac{720}{12} = 60 anagrammes seulement.

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