Bac Maths 2025 Polynésie Septembre

2 septembre 2025 — 4 exercices — 20 points — épreuve de spécialité

Correction rédigée par Maths Facile — 23 questions détaillées. Chaque résultat numérique de cette page a été recalculé indépendamment avec un moteur de calcul formel avant publication.

Énoncé : sujet officiel de l'épreuve de spécialité mathématiques, session 2 septembre 2025.

Exercice 1 — Permis de conduire — conduite accompagnée ou formation classique (5 points)

En France, il existe deux formules pour obtenir le permis de conduire : la conduite accompagnée (dès 15 ans) et la formation classique (dès 17 ans).

Parmi les jeunes qui suivent une formation au permis :

16 %16\ \% choisissent la conduite accompagnée, et parmi eux 74,7 %74{,}7\ \% réussissent dès la première tentative ;
• en formation classique, le taux de réussite à la première tentative n'est que de 56,8 %56{,}8\ \%.

On choisit au hasard un jeune ayant déjà passé l'examen. On note :

AA : « le jeune a suivi la formation de conduite accompagnée » ;
RR : « le jeune a eu le permis dès sa première tentative ».

Les résultats seront arrondis à 10310^{-3} près si nécessaire.
Arbre pondéré de probabilités — R : permis dès la 1ʳᵉ tentative Arbre pondéré. R : permis dès la 1ʳᵉ tentative. Branche A, probabilité 0,16 : R, probabilité 0,747 ; R̄, probabilité 0,253. Branche Ā, probabilité 0,84 : R, probabilité 0,568 ; R̄, probabilité 0,432. 0,16 A 0,747 R 0,253 0,84 Ā 0,568 R 0,432 R : permis dès la 1ʳᵉ tentative

Arbre pondéré.

Partie A

A.1
Dresser un arbre de probabilités modélisant cette situation, puis démontrer que P(R)=0,59664P(R) = 0{,}59664.

Donner ce résultat en pourcentage et l'interpréter.
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Traduction de l'énoncé.

P(A)=0,16doncP(A)=0,84P(A) = 0{,}16 \quad \text{donc} \quad P\left(\overline{A}\right) = 0{,}84

PA(R)=0,747PA(R)=0,568P_A(R) = 0{,}747 \qquad P_{\overline{A}}(R) = 0{,}568

Formule des probabilités totales. Les évènements AA et A\overline{A} forment une partition de l'univers :

P(R)=P(AR)+P(AR)P(R) = P(A \cap R) + P\left(\overline{A} \cap R\right)

P(R)=0,16×0,7470,11952+0,84×0,5680,47712P(R) = \underbrace{0{,}16 \times 0{,}747}_{0{,}11952} + \underbrace{0{,}84 \times 0{,}568}_{0{,}47712}

P(R)=0,596640,597\boxed{P(R) = 0{,}59664 \approx 0{,}597} \blacksquare

Interprétation. Environ 59,7 %59{,}7\ \% des jeunes obtiennent leur permis dès la première tentative, toutes formations confondues.

Autrement dit, près de 44 jeunes sur 1010 échouent à leur premier passage.

Une remarque qui prépare la question 3. Le taux global (59,7 %59{,}7\ \%) est bien plus proche du taux de la formation classique (56,8 %56{,}8\ \%) que de celui de la conduite accompagnée (74,7 %74{,}7\ \%). C'est logique : la conduite accompagnée ne représente que 16 %16\ \% des jeunes, son excellent taux pèse donc peu dans la moyenne.
A.2
On choisit un jeune ayant eu son permis dès sa première tentative. Quelle est la probabilité qu'il ait suivi la formation de conduite accompagnée ?
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Attention au sens du conditionnement. On cherche PR(A)P_R(A) — le permis est obtenu du premier coup, on remonte vers la formation suivie — et non PA(R)P_A(R), qui est donné par l'énoncé. C'est une probabilité inverse.

PR(A)=P(AR)P(R)=0,16×0,7470,59664=0,119520,59664P_R(A) = \frac{P(A \cap R)}{P(R)} = \frac{0{,}16 \times 0{,}747}{0{,}59664} = \frac{0{,}11952}{0{,}59664}

PR(A)=0,20032P_R(A) = 0{,}20032\ldots

PR(A)0,200\boxed{P_R(A) \approx 0{,}200}

Interprétation. Parmi les jeunes reçus du premier coup, 20 %20\ \% avaient suivi la conduite accompagnée.

Ce chiffre mérite qu'on s'y arrête. La conduite accompagnée ne représente que 16 %16\ \% des candidats… mais 20 %20\ \% des reçus du premier coup. Elle est donc sur-représentée parmi les réussites — ce qui confirme son efficacité.

Une comparaison éclairante : si les deux formations avaient le même taux de réussite, on trouverait exactement PR(A)=P(A)=0,16P_R(A) = P(A) = 0{,}16. L'écart entre 0,200{,}20 et 0,160{,}16 mesure l'avantage apporté par la conduite accompagnée.
A.3
Quelle devrait être la proportion de jeunes suivant la conduite accompagnée pour que le taux de réussite global dès la première tentative dépasse 70 %70\ \% ?
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Mise en équation. Notons pp la proportion de jeunes en conduite accompagnée. Le taux global s'écrit, par la formule des probabilités totales :

P(R)=p×0,747+(1p)×0,568P(R) = p \times 0{,}747 + (1 - p) \times 0{,}568

On développe :

P(R)=0,747p+0,5680,568p=0,179p+0,568P(R) = 0{,}747\,p + 0{,}568 - 0{,}568\,p = 0{,}179\,p + 0{,}568

Lecture de cette formule : partant d'un socle de 56,8 %56{,}8\ \% (si personne ne fait la conduite accompagnée), chaque point de proportion en plus rapporte 0,1790{,}179 point de réussite.

Résolution de l'inéquation :

0,179p+0,568>0,700{,}179\,p + 0{,}568 > 0{,}70

0,179p>0,1320{,}179\,p > 0{,}132

p>0,1320,179=1321790,7374p > \frac{0{,}132}{0{,}179} = \frac{132}{179} \approx 0{,}7374

p>73,8 % environ\boxed{p > 73{,}8\ \% \text{ environ}}

Interprétation, et elle est frappante. Pour que le taux global dépasse 70 %70\ \%, il faudrait que près de trois jeunes sur quatre suivent la conduite accompagnée — contre 16 %16\ \% actuellement.

Pourquoi un tel bond ? Parce que le taux visé (70 %70\ \%) est très proche du taux maximal atteignable, celui de la conduite accompagnée elle-même (74,7 %74{,}7\ \%). Même si 100 %100\ \% des jeunes la suivaient, le taux global ne dépasserait pas 74,7 %74{,}7\ \%. On cherche donc à s'approcher fortement de ce plafond — d'où l'exigence d'une proportion très élevée.

Partie B

B.1
Une auto-école présente 1010 candidats ayant suivi la conduite accompagnée, pour la première fois. Les examens sont modélisés par des épreuves indépendantes. On note XX le nombre de candidats reçus dès la première tentative.

a. Justifier que XX suit une loi binomiale de paramètres n=10n = 10 et p=0,747p = 0{,}747.
b. Calculer P(X6)P(X \geqslant 6). Interpréter.
c. Déterminer E(X)E(X) et V(X)V(X).
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a. Justification de la loi binomiale. Il faut vérifier les trois conditions du schéma de Bernoulli :

• l'expérience consiste à répéter n=10n = 10 fois la même épreuve (un candidat passe l'examen) ;
• chaque épreuve n'a que deux issues : le candidat réussit (succès) ou échoue ;
• les épreuves sont indépendantes (l'énoncé le précise), et la probabilité de succès est constante, égale à p=0,747p = 0{,}747 — car tous les candidats ont suivi la conduite accompagnée.

XB(10; 0,747)\boxed{X \sim \mathcal{B}(10\,;\ 0{,}747)}

Le point souvent négligé : la probabilité est constante parce que les 10 candidats viennent de la même formation. Si l'auto-école présentait un mélange des deux formations, la loi ne serait plus binomiale.

b. Probabilité d'au moins 6 réussites. On passe par l'évènement contraire :

P(X6)=1P(X5)P(X \geqslant 6) = 1 - P(X \leqslant 5)

À la calculatrice (binomFRép / binomcdf) :

P(X6)=0,91832P(X \geqslant 6) = 0{,}91832\ldots

P(X6)0,918\boxed{P(X \geqslant 6) \approx 0{,}918}

Interprétation. Il y a environ 92 %92\ \% de chances qu'au moins 66 des 1010 candidats obtiennent leur permis dès la première tentative.

Cohérent avec l'espérance : on attend en moyenne 7,477{,}47 réussites (question c). Le seuil de 66 est en dessous de la moyenne, il est donc très probablement franchi.

c. Espérance et variance. Pour XB(n;p)X \sim \mathcal{B}(n\,;p) :

E(X)=np=10×0,747E(X) = np = 10 \times 0{,}747

E(X)=7,47\boxed{E(X) = 7{,}47}

V(X)=np(1p)=10×0,747×0,253V(X) = np(1-p) = 10 \times 0{,}747 \times 0{,}253

V(X)=1,88991\boxed{V(X) = 1{,}88991}

Interprétation de l'espérance : sur 1010 candidats issus de la conduite accompagnée, l'auto-école peut espérer en voir réussir environ 7,57{,}5 dès le premier passage.
B.2
L'auto-école présente aussi 4040 candidats sans conduite accompagnée. On note YY le nombre de reçus parmi eux ; YY est indépendante de XX, avec E(Y)=22,53E(Y) = 22{,}53 et V(Y)=9,81V(Y) = 9{,}81.

On note ZZ le nombre total de reçus du premier coup parmi les 5050 candidats.

a. Exprimer ZZ en fonction de XX et YY, puis en déduire E(Z)E(Z) et V(Z)V(Z).
b. À l'aide de l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev, montrer que la probabilité qu'il y ait au plus 20 ou au moins 40 candidats reçus est inférieure à 0,120{,}12.
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a. Expression de ZZ. Les 5050 candidats se répartissent en 1010 (conduite accompagnée) et 4040 (formation classique). Le total des reçus est donc

Z=X+Y\boxed{Z = X + Y}

Espérance. L'espérance est additive, et cela sans aucune hypothèse :

E(Z)=E(X)+E(Y)=7,47+22,53E(Z) = E(X) + E(Y) = 7{,}47 + 22{,}53

E(Z)=30\boxed{E(Z) = 30}

Variance. Ici, en revanche, l'indépendance est indispensable — c'est elle, et elle seule, qui autorise V(X+Y)=V(X)+V(Y)V(X + Y) = V(X) + V(Y). L'énoncé la garantit explicitement.

V(Z)=V(X)+V(Y)=1,88991+9,81V(Z) = V(X) + V(Y) = 1{,}88991 + 9{,}81

V(Z)=11,69991\boxed{V(Z) = 11{,}69991}

C'est LA distinction du chapitre : l'espérance est toujours additive, la variance ne l'est que sous hypothèse d'indépendance. Une justification qui omet ce point est incomplète.

b. Application de Bienaymé-Tchebychev.

Première étape — traduire l'évènement. « Au plus 2020 ou au moins 4040 » signifie

Z20ouZ40Z \leqslant 20 \qquad \text{ou} \qquad Z \geqslant 40

Or E(Z)=30E(Z) = 30, et l'on remarque que ces deux seuils sont symétriques par rapport à 3030 :

3020=10et4030=1030 - 20 = 10 \qquad \text{et} \qquad 40 - 30 = 10

L'évènement s'écrit donc exactement :

Z3010\left|Z - 30\right| \geqslant 10

Deuxième étape — appliquer l'inégalité avec δ=10\delta = 10 :

P(ZE(Z)δ)V(Z)δ2P\Big(\left|Z - E(Z)\right| \geqslant \delta\Big) \leqslant \frac{V(Z)}{\delta^2}

P(Z3010)11,69991102=11,69991100P\Big(\left|Z - 30\right| \geqslant 10\Big) \leqslant \frac{11{,}69991}{10^2} = \frac{11{,}69991}{100}

P(Z3010)0,117<0,12\boxed{P\Big(\left|Z - 30\right| \geqslant 10\Big) \leqslant 0{,}117 < 0{,}12} \blacksquare

Interprétation. Il y a moins de 12 %12\ \% de chances que le nombre de reçus soit « extrême » — c'est-à-dire inférieur ou égal à 2020, ou supérieur ou égal à 4040. Dans plus de 88 %88\ \% des cas, l'auto-école verra passer entre 2121 et 3939 candidats du premier coup.

La clé de la question était de reconnaître la structure ZE(Z)δ\left|Z - E(Z)\right| \geqslant \delta derrière la formulation « au plus… ou au moins… ». Sans cette lecture, l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev est inapplicable.

Exercice 2 — Population d'une réserve naturelle — deux modèles concurrents (5 points)

On étudie l'évolution d'une population animale dans une réserve naturelle. Les recensements donnent :

Année2000200520102015
Nombre d'individus505064648080100100


On modélise le nombre d'individus par une fonction de la variable xx, temps écoulé en années depuis 2000. Dans les deux modèles, l'image de 00 vaut 5050.

Partie A — Modèle 1 (croissance exponentielle)

A.1
La direction fait l'hypothèse que la fonction cherchée satisfait l'équation différentielle
(E1):y=0,05y0,5(E_1) : \quad y' = 0{,}05\,y - 0{,}5

Résoudre (E1)(E_1) avec la condition initiale y(0)=50y(0) = 50.
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Forme du cours. L'équation y=ay+by' = ay + b a pour solutions

y(x)=Ceaxba,CRy(x) = C\,e^{ax} - \frac{b}{a}, \qquad C \in \mathbb{R}

Ici a=0,05a = 0{,}05 et b=0,5b = -0{,}5 :

ba=0,50,05=0,50,05=10-\frac{b}{a} = -\frac{-0{,}5}{0{,}05} = \frac{0{,}5}{0{,}05} = 10

Solution générale :

y(x)=Ce0,05x+10y(x) = C\,e^{0{,}05x} + 10

Détermination de CC par la condition initiale y(0)=50y(0) = 50, avec e0=1e^{0} = 1 :

y(0)=C+10=50    C=40y(0) = C + 10 = 50 \iff C = 40

y(x)=40e0,05x+10\boxed{y(x) = 40\,e^{0{,}05x} + 10}

Vérification :
y(0)=40+10=50y(0) = 40 + 10 = 50
y=40×0,05e0,05x=2e0,05xy' = 40 \times 0{,}05\,e^{0{,}05x} = 2\,e^{0{,}05x}, et 0,05y0,5=2e0,05x+0,50,5=2e0,05x0{,}05\,y - 0{,}5 = 2\,e^{0{,}05x} + 0{,}5 - 0{,}5 = 2\,e^{0{,}05x}
A.2
Comparer les résultats du tableau avec ceux qu'on obtiendrait avec ce modèle.
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Calcul des valeurs prédites. On évalue y(x)=40e0,05x+10y(x) = 40\,e^{0{,}05x} + 10 aux instants correspondant aux recensements.

AnnéexxModèle 1RecensementÉcart
2000005050505000
20055561,461{,}464642,6-2{,}6
2010101075,975{,}980804,1-4{,}1
2015151594,794{,}71001005,3-5{,}3


Analyse. Le modèle sous-estime systématiquement la population réelle, et l'écart se creuse au fil du temps : 2,6-2{,}6, puis 4,1-4{,}1, puis 5,3-5{,}3 individus.

Le modeˋle 1 est coheˊrent en ordre de grandeur, mais sa deˊrive est croissante\boxed{\text{Le modèle 1 est cohérent en ordre de grandeur, mais sa dérive est croissante}}

Le défaut de fond de ce modèle. L'expression 40e0,05x+1040\,e^{0{,}05x} + 10 croît indéfiniment :

limx+y(x)=+\lim_{x \to +\infty} y(x) = +\infty

Il prévoit donc une population infinie à long terme — ce qui est absurde pour une réserve naturelle, dont les ressources sont limitées. C'est précisément ce défaut que le modèle 2 va corriger.

Partie B — Modèle 2 (croissance logistique)

B.1
La direction fait maintenant l'hypothèse que la fonction satisfait
(E2):y=0,05y(10,00125y)(E_2) : \quad y' = 0{,}05\,y\,(1 - 0{,}00125\,y)

On note ff la fonction définie sur [0;+[[0\,;+\infty[ par
f(x)=8001+15e0,05xf(x) = \frac{800}{1 + 15\,e^{-0{,}05x}}

Démontrer que f(0)=50f(0) = 50 et que ff vérifie f(x)=0,05f(x)(10,00125f(x))f'(x) = 0{,}05\,f(x)\,\big(1 - 0{,}00125\,f(x)\big).

On admet ensuite que ff est l'unique solution de (E2)(E_2) valant 5050 en 00.

Résultats fournis par le logiciel de calcul formel (utilisables sans démonstration) :
f(x)=600e0,05x(1+15e0,05x)2f'(x) = \frac{600\,e^{-0{,}05x}}{\left(1 + 15\,e^{-0{,}05x}\right)^{2}}
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Condition initiale. Avec e0=1e^{0} = 1 :

f(0)=8001+15×1=80016f(0) = \frac{800}{1 + 15 \times 1} = \frac{800}{16}

f(0)=50\boxed{f(0) = 50}

Vérification de l'équation différentielle. Posons, pour alléger, u=e0,05xu = e^{-0{,}05x}. Alors

f=8001+15uetf=600u(1+15u)2 (donneˊ par le logiciel)f = \frac{800}{1 + 15u} \qquad \text{et} \qquad f' = \frac{600\,u}{(1 + 15u)^2} \ \text{(donné par le logiciel)}

Calculons le membre de droite de (E2)(E_2).

Premier facteur :

0,05f=0,05×8001+15u=401+15u0{,}05\,f = \frac{0{,}05 \times 800}{1 + 15u} = \frac{40}{1 + 15u}

Second facteur — on remarque que 0,00125×800=10{,}00125 \times 800 = 1 :

10,00125f=10,00125×8001+15u=111+15u1 - 0{,}00125\,f = 1 - \frac{0{,}00125 \times 800}{1 + 15u} = 1 - \frac{1}{1 + 15u}

On met au même dénominateur :

10,00125f=(1+15u)11+15u=15u1+15u1 - 0{,}00125\,f = \frac{(1 + 15u) - 1}{1 + 15u} = \frac{15u}{1 + 15u}

Produit des deux :

0,05f(10,00125f)=401+15u×15u1+15u=600u(1+15u)20{,}05\,f\,(1 - 0{,}00125\,f) = \frac{40}{1 + 15u} \times \frac{15u}{1 + 15u} = \frac{600\,u}{(1 + 15u)^2}

C'est exactement f(x)f'(x) :

f(x)=0,05f(x)(10,00125f(x))\boxed{f'(x) = 0{,}05\,f(x)\,\big(1 - 0{,}00125\,f(x)\big)} \blacksquare

Le nombre 0,001250{,}00125 n'est pas arbitraire : c'est 1800\dfrac{1}{800}. Le facteur (1f800)\left(1 - \dfrac{f}{800}\right) s'annule quand ff atteint 800800 — c'est le frein qui empêche la population de dépasser la capacité de la réserve.
B.2
a. Avec ce modèle, estimer l'effectif de la population en 2050. (Arrondir à l'unité.)
b. Calculer la limite de ff en ++\infty. Que peut-on en déduire quant à la courbe C\mathcal{C} ? Interpréter dans le contexte.
c. Justifier que ff est croissante sur [0;+[[0\,;+\infty[.
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a. Effectif en 2050. L'année 20502050 correspond à x=50x = 50 (années écoulées depuis 2000).

f(50)=8001+15e0,05×50=8001+15e2,5f(50) = \frac{800}{1 + 15\,e^{-0{,}05 \times 50}} = \frac{800}{1 + 15\,e^{-2{,}5}}

Avec e2,50,0821e^{-2{,}5} \approx 0{,}0821 :

f(50)=8001+15×0,0821=8001+1,2313=8002,2313358,54f(50) = \frac{800}{1 + 15 \times 0{,}0821} = \frac{800}{1 + 1{,}2313} = \frac{800}{2{,}2313} \approx 358{,}54

Environ 359 individus en 2050\boxed{\text{Environ } 359 \text{ individus en 2050}}

b. Limite en ++\infty. Quand x+x \to +\infty, on a 0,05x-0{,}05x \to -\infty, donc

e0,05x0e^{-0{,}05x} \longrightarrow 0

Le dénominateur tend vers 1+15×0=11 + 15 \times 0 = 1 :

limx+f(x)=800\boxed{\lim_{x \to +\infty} f(x) = 800}

Conséquence graphique :

La droite d’eˊquation y=800 est ASYMPTOTE HORIZONTALE aˋ C\boxed{\text{La droite d'équation } y = 800 \text{ est ASYMPTOTE HORIZONTALE à } \mathcal{C}}

Interprétation concrète. La population ne peut pas dépasser 800800 individus : c'est la capacité d'accueil de la réserve, la population maximale que ses ressources permettent de soutenir.

C'est là toute la supériorité du modèle 2 sur le modèle 1 : le premier prévoyait une croissance infinie, absurde pour un espace fini. Le second intègre une saturation.

c. Croissance de ff. Le logiciel donne :

f(x)=600e0,05x(1+15e0,05x)2f'(x) = \frac{600\,e^{-0{,}05x}}{\left(1 + 15\,e^{-0{,}05x}\right)^{2}}

• le numérateur 600e0,05x600\,e^{-0{,}05x} est strictement positif (une exponentielle ne s'annule jamais) ;
• le dénominateur est un carré, donc strictement positif.

f(x)>0pour tout x0f'(x) > 0 \quad \text{pour tout } x \geqslant 0

f est strictement croissante sur [0;+[\boxed{f \text{ est strictement croissante sur } [0\,;+\infty[}

La population augmente continûment, de 5050 individus en 2000 vers sa limite de 800800 — sans jamais l'atteindre.
B.3
Le logiciel affirme, en ligne 4, que 15e0,05x1015\,e^{-0{,}05x} - 1 \geqslant 0 équivaut à x20ln(15)x \leqslant 20\ln(15).

Démontrer ce résultat.
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Résolution de l'inéquation.

15e0,05x10    15e0,05x1    e0,05x11515\,e^{-0{,}05x} - 1 \geqslant 0 \iff 15\,e^{-0{,}05x} \geqslant 1 \iff e^{-0{,}05x} \geqslant \frac{1}{15}

On compose par ln\ln, strictement croissante (le sens de l'inégalité est conservé) :

ln(e0,05x)ln(115)\ln\left(e^{-0{,}05x}\right) \geqslant \ln\left(\frac{1}{15}\right)

0,05xln(15)-0{,}05\,x \geqslant -\ln(15)

(car ln(115)=ln15\ln\left(\frac{1}{15}\right) = -\ln 15)

On divise par 0,05-0{,}05, qui est NÉGATIF : le sens de l'inégalité CHANGE !

xln(15)0,05=ln(15)0,05x \leqslant \frac{-\ln(15)}{-0{,}05} = \frac{\ln(15)}{0{,}05}

Et 10,05=20\dfrac{1}{0{,}05} = 20 :

x20ln(15)\boxed{x \leqslant 20\ln(15)} \blacksquare

Valeur numérique — elle servira à la question suivante :

20ln(15)20×2,70854,1620\ln(15) \approx 20 \times 2{,}708 \approx 54{,}16

Le piège de la question : oublier d'inverser le sens de l'inégalité en divisant par 0,05-0{,}05. On obtiendrait x20ln15x \geqslant 20\ln 15 — exactement le contraire de ce que le logiciel affiche, et la convexité serait lue à l'envers.
B.4
On admet que la vitesse de croissance de la population (en individus par an) est modélisée par ff'. Le logiciel donne :
f(x)=30e0,05x(1+15e0,05x)3(15e0,05x1)f''(x) = \frac{30\,e^{-0{,}05x}}{\left(1 + 15\,e^{-0{,}05x}\right)^{3}}\left(15\,e^{-0{,}05x} - 1\right)

a. Étudier la convexité de ff sur [0;+[[0\,;+\infty[ et déterminer les coordonnées des éventuels points d'inflexion.
b. La direction affirme : « Au vu de ce modèle, la vitesse de croissance de la population va augmenter pendant un peu plus de cinquante ans, puis va diminuer. » A-t-elle raison ?
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a. Convexité. Examinons le signe de ff'', facteur par facteur :

f(x)=30e0,05x(1+15e0,05x)3toujours > 0×(15e0,05x1)f''(x) = \underbrace{\frac{30\,e^{-0{,}05x}}{\left(1 + 15\,e^{-0{,}05x}\right)^{3}}}_{\text{toujours} \ >\ 0} \times \left(15\,e^{-0{,}05x} - 1\right)

Le premier facteur est strictement positif (numérateur : exponentielle ; dénominateur : cube d'une quantité positive).

Le signe de ff'' est donc celui de (15e0,05x1)\left(15\,e^{-0{,}05x} - 1\right) — et la question 3 vient précisément de le déterminer :

15e0,05x10    x20ln(15)54,1615\,e^{-0{,}05x} - 1 \geqslant 0 \iff x \leqslant 20\ln(15) \approx 54{,}16

xx0020ln1554,1620\ln 15 \approx 54{,}16++\infty
signe de f(x)f''(x)++00-
convexité de ffconvexeconcave


f est CONVEXE sur [0;20ln15] puis CONCAVE sur [20ln15;+[\boxed{f \text{ est CONVEXE sur } \left[0\,;20\ln 15\right] \text{ puis CONCAVE sur } \left[20\ln 15\,;+\infty\right[}

Point d'inflexion. ff'' s'annule en changeant de signe en x=20ln(15)x = 20\ln(15) : c'est bien un point d'inflexion.

Ordonnée — le calcul est élégant. Notons que

e0,05×20ln15=eln15=115e^{-0{,}05 \times 20\ln 15} = e^{-\ln 15} = \frac{1}{15}

D'où :

f(20ln15)=8001+15×115=8001+1=8002=400f\left(20\ln 15\right) = \frac{800}{1 + 15 \times \frac{1}{15}} = \frac{800}{1 + 1} = \frac{800}{2} = 400

Point d’inflexion : I(20ln15 ; 400)(54,2 ; 400)\boxed{\text{Point d'inflexion : } I\left(20\ln 15\ ;\ 400\right) \approx (54{,}2\ ;\ 400)}

Remarquable : l'ordonnée du point d'inflexion vaut exactement la moitié de la capacité d'accueil (800/2=400800 / 2 = 400). Ce n'est pas un hasard — c'est une propriété générale des courbes logistiques : le point d'inflexion se situe toujours à mi-hauteur.

b. La direction a-t-elle raison ?

OUI, la direction a raison\boxed{\textbf{OUI, la direction a raison}}

Justification. La vitesse de croissance est ff'. Or :

ff' augmente quand sa dérivée ff'' est positive, c'est-à-dire sur [0;20ln15]\left[0\,;20\ln 15\right] ;
ff' diminue quand ff'' est négative, c'est-à-dire au-delà.

Le basculement se produit à

x=20ln(15)54,16 ansx = 20\ln(15) \approx 54{,}16 \ \text{ans}

Or 54,1654{,}16 est bien « un peu plus de cinquante ans » — et le point de départ est l'an 2000, donc le retournement a lieu vers 2054.

Ce que raconte le modèle. La population croît d'abord de plus en plus vite — elle accélère — parce que les naissances augmentent avec l'effectif. Puis, à partir de 400400 individus (la moitié de la capacité), les ressources commencent à manquer : la croissance ralentit, sans jamais s'arrêter tout à fait.

C'est la signature d'une courbe logistique en « S » : démarrage lent, accélération, puis freinage progressif vers la saturation.

Exercice 3 — Suite un+1=2+ln(un23)u_{n+1} = 2 + \ln\left(u_n^2 - 3\right) (5 points)

On considère la suite (un)(u_n) définie par u0=5u_0 = 5 et, pour tout entier naturel nn :

un+1=2+ln(un23)u_{n+1} = 2 + \ln\left(u_n^{\,2} - 3\right)

On admet que cette suite est bien définie.

Partie A — Exploitation de programmes Python

A.1
Recopier et compléter le script Python pour que suite(k) renvoie la liste des kk premières valeurs de (un)(u_n).

(On rappelle que log(a) renvoie le logarithme népérien de a.)

def suite(k):
L = []
u = 5
for i in range(......):
L.append(u)
u = ............
return(......)
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Analyse ligne par ligne.

L = [] crée la liste vide qui accueillera les termes ;
u = 5 initialise avec u0=5u_0 = 5 ;
• la boucle doit tourner kk fois, pour empiler kk valeurs : range(k) ;
• à chaque tour, on stocke d'abord la valeur courante, puis on calcule la suivante ;
• on renvoie la liste L.

Programme complété :

def suite(k):
L = []
u = 5
for i in range(k) :
L.append(u)
u = 2 + log(u**2 - 3)
return(L)

Le point délicat — l'ordre des deux instructions. On empile u avant de le mettre à jour. Dans l'ordre inverse, on stockerait u1,u2,u_1, u_2, \ldots et le terme u0=5u_0 = 5 n'apparaîtrait jamais dans la liste.

Contrôle : suite(9) renvoie bien 99 valeurs, commençant par 55 — conforme à l'affichage de la question suivante
A.2
L'exécution de suite(9) donne :

[5, 5.091042453358316, 5.131953749864703, 5.150037910978289, 5.157974010229213, 5.1614456706362954, 5.162962248594583, 5.163624356938671, 5.163913344065642]

Émettre deux conjectures : l'une sur le sens de variation de (un)(u_n), l'autre sur son éventuelle convergence.
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Observation des valeurs.

nn0011223388
unu_n555,09105{,}09105,13205{,}13205,15005{,}15005,163915{,}16391


Première conjecture — sens de variation. Chaque terme est strictement supérieur au précédent :

5<5,0910<5,1320<5,1500<5 < 5{,}0910 < 5{,}1320 < 5{,}1500 < \cdots

Conjecture 1 : la suite (un) semble CROISSANTE\boxed{\text{Conjecture 1 : la suite } (u_n) \text{ semble CROISSANTE}}

Seconde conjecture — convergence. Les écarts entre termes consécutifs s'amenuisent très vite :

u1u00,091u2u10,041u7u60,00066u8u70,00029u_1 - u_0 \approx 0{,}091 \qquad u_2 - u_1 \approx 0{,}041 \qquad u_7 - u_6 \approx 0{,}00066 \qquad u_8 - u_7 \approx 0{,}00029

Les valeurs se tassent autour de 5,1645{,}164 :

Conjecture 2 : la suite (un) semble CONVERGER vers une limite proche de 5,164\boxed{\text{Conjecture 2 : la suite } (u_n) \text{ semble CONVERGER vers une limite proche de } 5{,}164}

Ces deux conjectures seront démontrées en partie B, et la valeur exacte de la limite identifiée en partie C.
A.3
On crée la fonction mystere(n) ci-dessous, et mystere(10000) renvoie 1.

def mystere(n):
L = suite(n)
c = 1
for i in range(n - 1):
if L[i] > L[i + 1]:
c = 0
return c

Cet affichage contredit-il la conjecture émise sur le sens de variation ? Justifier.
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Que fait mystere(n) ? Elle part de c = 1 et parcourt tous les couples de termes consécutifs de la liste. Dès qu'elle en trouve un qui décroît (L[i]>L[i+1]L[i] > L[i+1]), elle bascule c à 00.

mystere(n)=1      aucune deˊcroissance sur les n premiers termesmystere(n)=0      au moins un terme deˊcroıˆt\boxed{\begin{array}{l} \texttt{mystere(n)} = 1 \ \iff \ \text{aucune décroissance sur les } n \text{ premiers termes} \\[4pt] \texttt{mystere(n)} = 0 \ \iff \ \text{au moins un terme décroît} \end{array}}

Interprétation du résultat. mystere(10000) renvoie 11 : aucun des 1000010\,000 premiers termes ne décroît.

NON, cet affichage ne CONTREDIT pas la conjecture — il la CONFORTE\boxed{\text{NON, cet affichage ne CONTREDIT pas la conjecture — il la CONFORTE}}

La suite est bien croissante sur les 1000010\,000 premiers termes, ce qui est exactement ce que la conjecture annonçait.

Mais attention — un test numérique ne DÉMONTRE rien.

Vérifier 1000010\,000 termes ne prouve pas que la suite est croissante pour tout nn. Il resterait, en toute rigueur, la possibilité qu'elle se mette à décroître au rang 1000110\,001, ou au rang 10610^{6}.

Un exemple célèbre pour s'en convaincre : la suite un=n2+n+41u_n = n^2 + n + 41 produit un nombre premier pour tout nn de 00 à 3939. On serait tenté de conjecturer que c'est toujours vrai. Or u40=402+40+41=412u_{40} = 40^2 + 40 + 41 = 41^2 n'est pas premier. Quarante vérifications ne suffisaient pas.

C'est précisément pour cela que la partie B existe : elle apporte la démonstration par récurrence, la seule qui vaille pour tout entier nn.

Partie B — Convergence

B.1
On considère gg définie sur [2;+[[2\,;+\infty[ par g(x)=2+ln(x23)g(x) = 2 + \ln\left(x^2 - 3\right).

Démontrer que gg est croissante sur [2;+[[2\,;+\infty[.
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Dérivation. C'est une composée ln(u)\ln(u) avec u=x23u = x^2 - 3 et u=2xu' = 2x. La dérivée de ln(u)\ln(u) est uu\dfrac{u'}{u} :

g(x)=2xx23\boxed{g'(x) = \frac{2x}{x^2 - 3}}

Signe sur [2;+[[2\,;+\infty[.

Numérateur : 2x4>02x \geqslant 4 > 0 (car x2x \geqslant 2) ;
Dénominateur : pour x2x \geqslant 2, on a x24x^2 \geqslant 4, donc

x2343=1>0x^2 - 3 \geqslant 4 - 3 = 1 > 0

Le quotient de deux quantités strictement positives est strictement positif :

g(x)>0pour tout x[2;+[g'(x) > 0 \quad \text{pour tout } x \in [2\,;+\infty[

g est strictement croissante sur [2;+[\boxed{g \text{ est strictement croissante sur } [2\,;+\infty[} \blacksquare

Pourquoi l'intervalle commence à 22 : c'est exactement la condition qui garantit x23>0x^2 - 3 > 0, donc l'existence du logarithme. En dessous de 31,73\sqrt{3} \approx 1{,}73, la fonction n'est même pas définie.
B.2
a. Démontrer par récurrence que, pour tout entier naturel nn :
4unun+164 \leqslant u_n \leqslant u_{n+1} \leqslant 6
b. En déduire que la suite (un)(u_n) converge.
Afficher la correction
a. Récurrence. Notons P(n)\mathcal{P}(n) : « 4unun+164 \leqslant u_n \leqslant u_{n+1} \leqslant 6 ».

Initialisation (n=0n = 0). On a u0=5u_0 = 5 et

u1=2+ln(523)=2+ln(22)2+3,0915,091u_1 = 2 + \ln\left(5^2 - 3\right) = 2 + \ln(22) \approx 2 + 3{,}091 \approx 5{,}091

On vérifie bien :

455,09164 \leqslant 5 \leqslant 5{,}091 \leqslant 6 \qquad \checkmark

P(0)\mathcal{P}(0) est vraie.

Hérédité. Supposons P(n)\mathcal{P}(n) vraie pour un entier nn fixé : 4unun+164 \leqslant u_n \leqslant u_{n+1} \leqslant 6.

Tous ces termes appartiennent à [2;+[[2\,;+\infty[, intervalle sur lequel gg est croissante (question 1). Elle conserve donc l'ordre : on peut lui appliquer l'encadrement.

g(4)g(un)g(un+1)g(6)g(4) \leqslant g(u_n) \leqslant g(u_{n+1}) \leqslant g(6)

Or g(un)=un+1g(u_n) = u_{n+1} et g(un+1)=un+2g(u_{n+1}) = u_{n+2}, par définition de la suite. Calculons les deux bornes :

g(4)=2+ln(163)=2+ln(13)2+2,5654,565g(4) = 2 + \ln\left(16 - 3\right) = 2 + \ln(13) \approx 2 + 2{,}565 \approx \mathbf{4{,}565}

g(6)=2+ln(363)=2+ln(33)2+3,4975,497g(6) = 2 + \ln\left(36 - 3\right) = 2 + \ln(33) \approx 2 + 3{,}497 \approx \mathbf{5{,}497}

L'encadrement devient :

4,565un+1un+25,4974{,}565 \leqslant u_{n+1} \leqslant u_{n+2} \leqslant 5{,}497

Il reste à recoller aux bornes demandées :

• à gauche : 44,5654 \leqslant 4{,}565, donc a fortiori 4un+14 \leqslant u_{n+1}
• à droite : 5,49765{,}497 \leqslant 6, donc a fortiori un+26u_{n+2} \leqslant 6

4un+1un+264 \leqslant u_{n+1} \leqslant u_{n+2} \leqslant 6

C'est exactement P(n+1)\mathcal{P}(n+1)

Conclusion. Par récurrence, P(n)\mathcal{P}(n) est vraie pour tout entier naturel nn. \blacksquare

C'est ici que le calcul de g(4)g(4) et g(6)g(6) est décisif : il faut que g(4)4g(4) \geqslant 4 (pour ne pas sortir par le bas) et g(6)6g(6) \leqslant 6 (pour ne pas sortir par le haut). L'intervalle [4;6][4\,;6] est stable par gg — c'est ce qui fait tenir toute la récurrence.

b. Convergence. L'encadrement démontré contient deux informations :

unun+1u_n \leqslant u_{n+1} pour tout nn : la suite est croissante — ce qui démontre la première conjecture de la partie A ;
un6u_n \leqslant 6 pour tout nn : la suite est majorée par 66.

D'après le théorème de convergence monotone, toute suite croissante et majorée converge.

(un) CONVERGE vers une limite , avec 46\boxed{(u_n) \text{ CONVERGE vers une limite } \ell, \text{ avec } 4 \leqslant \ell \leqslant 6}

Attention : ce théorème donne l'existence de la limite, pas sa valeur. C'est tout l'objet de la partie C.

Partie C — Valeur de la limite

C.1
On considère ff définie sur [2;+[[2\,;+\infty[ par f(x)=2+ln(x23)xf(x) = 2 + \ln\left(x^2 - 3\right) - x, dont le tableau de variations est donné :

xx2233++\infty
f(x)f(x)00\nearrowln(6)1\ln(6) - 1\searrow-\infty


a. Montrer que f(x)=0f(x) = 0 admet exactement deux solutions sur [2;+[[2\,;+\infty[, notées α\alpha et β\beta avec α<β\alpha < \beta.
b. Donner la valeur exacte de α\alpha et une valeur approchée de β\beta à 10310^{-3} près.
Afficher la correction
a. Recherche des solutions. On lit le tableau par morceaux.

---

Sur [2;3][2\,;3]ff est croissante.

Le tableau donne f(2)=0f(2) = 0 exactement. C'est donc déjà une solution !

α=2\boxed{\alpha = 2}

Vérification : f(2)=2+ln(43)2=2+ln(1)= 02=0f(2) = 2 + \ln\left(4 - 3\right) - 2 = 2 + \underbrace{\ln(1)}_{=\ 0} - 2 = 0

Et au-delà de 22, ff croît à partir de 00 : elle est donc strictement positive sur ]2;3]]2\,;3]. Aucune autre solution sur ce morceau.

---

Sur [3;+[[3\,;+\infty[ff est décroissante.

ff est continue (somme de fonctions continues) ;
ff est strictement décroissante ;
f(3)=ln(6)11,79210,792>0f(3) = \ln(6) - 1 \approx 1{,}792 - 1 \approx 0{,}792 > 0 ;
limx+f(x)=\lim\limits_{x \to +\infty} f(x) = -\infty.

Or 00 est compris entre 0,7920{,}792 et -\infty. D'après le corollaire du théorème des valeurs intermédiaires (TVI appliqué à une fonction strictement monotone), l'équation f(x)=0f(x) = 0 admet une solution, et une seule, sur cet intervalle. On la note β\beta.

---

Conclusion.

f(x)=0 admet EXACTEMENT DEUX solutions : α=2 et β>3\boxed{f(x) = 0 \text{ admet EXACTEMENT DEUX solutions : } \alpha = 2 \text{ et } \beta > 3} \blacksquare

Le piège de la question : se lancer dans le TVI sans remarquer que f(2)=0f(2) = 0 est déjà une solution, lisible directement dans le tableau. On ne trouverait alors qu'une solution au lieu de deux.

b. Valeurs.

α=2(valeur exacte)\boxed{\alpha = 2 \quad \text{(valeur exacte)}}

Pour β\beta, on procède par balayage à la calculatrice :

f(5,164)+0,0001>0f(5,165)0,0008<0f(5{,}164) \approx +0{,}0001 > 0 \qquad f(5{,}165) \approx -0{,}0008 < 0

β5,164\boxed{\beta \approx 5{,}164}

(valeur plus précise : β5,16414\beta \approx 5{,}16414)
C.2
On note \ell la limite de la suite (un)(u_n).

Justifier que f()=0f(\ell) = 0 et déterminer \ell.
Afficher la correction
Étape 1 — la limite est un point fixe de gg. La fonction gg est continue sur [2;+[[2\,;+\infty[ (composée de fonctions continues). En passant à la limite dans la relation un+1=g(un)u_{n+1} = g(u_n) :

• le membre de gauche un+1u_{n+1} \to \ell ;
• le membre de droite g(un)g()g(u_n) \to g(\ell), par continuité de gg.

=g()=2+ln(23)\ell = g(\ell) = 2 + \ln\left(\ell^{\,2} - 3\right)

Étape 2 — lien avec ff. En passant tout dans le membre de gauche :

2+ln(23)=02 + \ln\left(\ell^{\,2} - 3\right) - \ell = 0

Or c'est exactement la définition de ff :

f()=0\boxed{f(\ell) = 0} \blacksquare

Étape 3 — identification. D'après la question 1, l'équation f(x)=0f(x) = 0 n'a que deux solutions : α=2\alpha = 2 et β5,164\beta \approx 5{,}164. La limite \ell est donc l'une des deux.

Il faut trancher — et c'est l'encadrement de la partie B qui le permet. On a démontré que

4un6pour tout n4 \leqslant u_n \leqslant 6 \quad \text{pour tout } n

Par passage à la limite (les inégalités larges sont conservées) :

464 \leqslant \ell \leqslant 6

Or α=2[4;6]\alpha = 2 \notin [4\,;6] : cette valeur est impossible.

=β5,164\boxed{\ell = \beta \approx 5{,}164}

Contrôle avec la partie A. L'exécution de suite(9) donnait u85,16391u_8 \approx 5{,}16391 — la suite se rapprochait bien de 5,1645{,}164

Tout le problème s'emboîte ici. Sans l'encadrement de la partie B, on saurait seulement que \ell est une solution de f(x)=0f(x) = 0, sans pouvoir choisir entre 22 et 5,1645{,}164. C'est la conjonction des trois parties qui identifie la limite.

Exercice 4 — Vrai / Faux — intégrale, coefficients binomiaux et géométrie (5 points)

Pour chacune des affirmations suivantes, indiquer si elle est vraie ou fausse. Chaque réponse doit être justifiée. Une réponse non justifiée ne rapporte aucun point.
1
On considère ff définie sur ]0;+[]0\,;+\infty[ par f(x)=xln(x)f(x) = x\ln(x).

Affirmation 1 : 1ef(x)dx=e2+14\displaystyle\int_1^{e} f(x)\,\mathrm{d}x = \frac{e^{2} + 1}{4}
Afficher la correction
VRAIE\boxed{\textbf{VRAIE}}

Méthode : intégration par parties. On dérive le logarithme (il disparaît) et on primitive le polynôme.

u(x)=lnxu(x)=1xu(x) = \ln x \quad \Rightarrow \quad u'(x) = \frac{1}{x}
v(x)=xv(x)=x22v'(x) = x \quad \Rightarrow \quad v(x) = \frac{x^2}{2}

Formule abuv=[uv]ababuv\displaystyle\int_a^b uv' = \Big[uv\Big]_a^b - \int_a^b u'v :

1exlnxdx=[x22lnx]1e1e1x×x22dx\int_1^{e} x\ln x\,\mathrm{d}x = \left[\frac{x^2}{2}\ln x\right]_1^{e} - \int_1^{e} \frac{1}{x} \times \frac{x^2}{2}\,\mathrm{d}x

Terme tout intégré — avec lne=1\ln e = 1 et ln1=0\ln 1 = 0 :

[x22lnx]1e=e22×112×0=e22\left[\frac{x^2}{2}\ln x\right]_1^{e} = \frac{e^2}{2} \times 1 - \frac{1}{2} \times 0 = \frac{e^2}{2}

Intégrale restante — le 1x\frac{1}{x} simplifie le x2x^2, c'est tout l'intérêt de la manœuvre :

1ex2dx=[x24]1e=e2414\int_1^{e} \frac{x}{2}\,\mathrm{d}x = \left[\frac{x^2}{4}\right]_1^{e} = \frac{e^2}{4} - \frac{1}{4}

Conclusion :

1exlnxdx=e22e24+14=2e2e2+14\int_1^{e} x\ln x\,\mathrm{d}x = \frac{e^2}{2} - \frac{e^2}{4} + \frac{1}{4} = \frac{2e^2 - e^2 + 1}{4}

1exlnxdx=e2+142,097\boxed{\int_1^{e} x\ln x\,\mathrm{d}x = \frac{e^2 + 1}{4} \approx 2{,}097}

L'affirmation est vraie.

Contrôle de vraisemblance : sur [1;e][1\,;e] (de longueur 1,72\approx 1{,}72), la fonction xlnxx\ln x varie de 00 à e2,72e \approx 2{,}72. Une aire d'environ 2,12{,}1 est cohérente
2
Soient nn et kk deux entiers naturels non nuls tels que knk \leqslant n.

Affirmation 2 : n×(n1k1)=k×(nk)n \times \dbinom{n-1}{k-1} = k \times \dbinom{n}{k}
Afficher la correction
VRAIE\boxed{\textbf{VRAIE}}

Méthode : développer les deux membres avec les factorielles, en utilisant

(nk)=n!k!(nk)!\binom{n}{k} = \frac{n!}{k!\,(n-k)!}

---

Membre de droite.

k×(nk)=k×n!k!(nk)!k \times \binom{n}{k} = k \times \frac{n!}{k!\,(n-k)!}

Or k!=k×(k1)!k! = k \times (k-1)!, donc kk!=1(k1)!\dfrac{k}{k!} = \dfrac{1}{(k-1)!} :

k×(nk)=n!(k1)!(nk)!k \times \binom{n}{k} = \frac{n!}{(k-1)!\,(n-k)!}

---

Membre de gauche. Attention aux indices : dans (n1k1)\dbinom{n-1}{k-1}, le « nn » est n1n-1 et le « kk » est k1k-1, donc le « nkn - k » du dénominateur devient

(n1)(k1)=nk(n-1) - (k-1) = n - k

D'où :

n×(n1k1)=n×(n1)!(k1)!(nk)!n \times \binom{n-1}{k-1} = n \times \frac{(n-1)!}{(k-1)!\,(n-k)!}

Or n×(n1)!=n!n \times (n-1)! = n! :

n×(n1k1)=n!(k1)!(nk)!n \times \binom{n-1}{k-1} = \frac{n!}{(k-1)!\,(n-k)!}

---

Les deux membres sont IDENTIQUES :

n×(n1k1)=n!(k1)!(nk)!=k×(nk)\boxed{n \times \binom{n-1}{k-1} = \frac{n!}{(k-1)!\,(n-k)!} = k \times \binom{n}{k}} \blacksquare

Interprétation combinatoire — bien plus élégante que le calcul.

Les deux membres comptent la même chose : le nombre de façons de constituer un comité de kk personnes parmi nn, avec un président désigné.

Membre de droite — on forme d'abord le comité, puis on choisit son président : (nk)\dbinom{n}{k} façons de choisir les kk membres, puis kk façons de choisir le président parmi eux.
Membre de gauche — on choisit d'abord le président, puis les autres membres : nn façons de choisir le président parmi tous, puis (n1k1)\dbinom{n-1}{k-1} façons de compléter avec k1k-1 membres parmi les n1n-1 restants.

Deux façons de compter le même ensemble donnent nécessairement le même nombre. C'est ce qu'on appelle une démonstration par double dénombrement.

Vérification numérique, avec n=5n = 5 et k=3k = 3 :

5×(42)=5×6=30et3×(53)=3×10=305 \times \binom{4}{2} = 5 \times 6 = 30 \qquad \text{et} \qquad 3 \times \binom{5}{3} = 3 \times 10 = 30 \qquad \checkmark
3
L'espace est muni d'un repère orthonormé. On considère la droite dd de représentation paramétrique
{x=t+1y=2t+1z=t(tR)\left\{\begin{array}{l} x = t + 1 \\ y = 2t + 1 \\ z = -t \end{array}\right. \quad (t \in \mathbb{R})
et le point A(1;3;2)A(-1\,;-3\,;2).

Affirmation 3 : le point AA appartient à la droite dd.
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VRAIE\boxed{\textbf{VRAIE}}

Méthode. Un point appartient à une droite si et seulement s'il existe une valeur de tt qui produise simultanément ses trois coordonnées. Il faut donc que les trois équations donnent le même tt.

On résout le système :

{t+1=12t+1=3t=2\left\{\begin{array}{l} t + 1 = -1 \\ 2t + 1 = -3 \\ -t = 2 \end{array}\right.

Première équation :

t+1=1    t=2t + 1 = -1 \iff t = -2

Deuxième équation :

2t+1=3    2t=4    t=22t + 1 = -3 \iff 2t = -4 \iff t = -2 \qquad \checkmark

Troisième équation :

t=2    t=2-t = 2 \iff t = -2 \qquad \checkmark

Les trois équations donnent la MÊME valeur t=2t = -2 :

Ad, pour t=2\boxed{A \in d, \text{ pour } t = -2}

L'affirmation est vraie.

L'erreur à éviter : vérifier une seule coordonnée et conclure. Il faut que les trois s'accordent sur la même valeur de tt — c'est précisément ce qui échoue à l'affirmation suivante.
4
Soit dd' la droite de représentation paramétrique
{x=2t1y=t+2z=t+1(tR)\left\{\begin{array}{l} x = 2t' - 1 \\ y = -t' + 2 \\ z = t' + 1 \end{array}\right. \quad (t' \in \mathbb{R})

Affirmation 4 : les droites dd et dd' sont sécantes.
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FAUSSE\boxed{\textbf{FAUSSE}}

Recherche d'un point d'intersection. Les droites sont sécantes s'il existe tt et tt' tels que les deux points coïncident :

{t+1=2t1(1)2t+1=t+2(2)t=t+1(3)\left\{\begin{array}{l} t + 1 = 2t' - 1 \qquad (1)\\ 2t + 1 = -t' + 2 \qquad (2)\\ -t = t' + 1 \qquad (3) \end{array}\right.

On résout avec deux équations, puis on VÉRIFIE dans la troisième.

De l'équation (3)(3) :

t=t1t' = -t - 1

On reporte dans (1)(1) :

t+1=2(t1)1=2t21=2t3t + 1 = 2(-t - 1) - 1 = -2t - 2 - 1 = -2t - 3

3t=4    t=433t = -4 \iff t = -\frac{4}{3}

D'où

t=(43)1=431=13t' = -\left(-\frac{4}{3}\right) - 1 = \frac{4}{3} - 1 = \frac{1}{3}

Vérification dans l'équation (2)(2) — c'est elle qui décide :

Membre de gauche :  2×(43)+1=83+33=53\text{Membre de gauche : } \ 2 \times \left(-\frac{4}{3}\right) + 1 = -\frac{8}{3} + \frac{3}{3} = -\frac{5}{3}

Membre de droite :  13+2=13+63=53\text{Membre de droite : } \ -\frac{1}{3} + 2 = -\frac{1}{3} + \frac{6}{3} = \frac{5}{3}

5353-\frac{5}{3} \neq \frac{5}{3}

Le systeˋme est INCOMPATIBLE : les droites n’ont aucun point commun\boxed{\text{Le système est INCOMPATIBLE : les droites n'ont aucun point commun}}

Les droites ne sont donc pas sécantes. L'affirmation est fausse.

Pour aller plus loin — que sont-elles alors ? Comparons les vecteurs directeurs :

u(121)u(211)\vec{u}\begin{pmatrix}1\\2\\-1\end{pmatrix} \qquad \vec{u'}\begin{pmatrix}2\\-1\\1\end{pmatrix}

21=2mais12=0,5\frac{2}{1} = 2 \qquad \text{mais} \qquad \frac{-1}{2} = -0{,}5

Ils ne sont pas colinéaires : les droites ne sont pas parallèles non plus.

d et d sont NON COPLANAIRES\boxed{d \text{ et } d' \text{ sont NON COPLANAIRES}}

Le point de méthode : ne jamais s'arrêter après avoir résolu deux équations. C'est la troisième qui tranche entre « sécantes » et « non coplanaires » — et faire l'économie de cette vérification mène ici à la mauvaise réponse.
5
Soit PP le plan d'équation 2x+y2z+18=02x + y - 2z + 18 = 0, et les points A(1;3;2)A(-1\,;-3\,;2) et B(5;5;6)B(-5\,;-5\,;6).

On appelle plan médiateur du segment [AB][AB] le plan passant par le milieu de [AB][AB] et orthogonal à la droite (AB)(AB).

Affirmation 5 : le plan PP est le plan médiateur du segment [AB][AB].
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VRAIE\boxed{\textbf{VRAIE}}

La définition impose DEUX conditions. Il faut les vérifier toutes les deux — l'une seule ne suffit pas.

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Condition 1 : PP est-il orthogonal à la droite (AB)(AB) ?

Un plan est orthogonal à une droite si et seulement si son vecteur normal est colinéaire au vecteur directeur de la droite.

AB=BA=(5(1)5(3)62)=(424)\vec{AB} = B - A = \begin{pmatrix}-5 - (-1)\\-5 - (-3)\\6 - 2\end{pmatrix} = \begin{pmatrix}-4\\-2\\4\end{pmatrix}

Le vecteur normal de PP se lit sur les coefficients de son équation :

n(212)\vec{n}\begin{pmatrix}2\\1\\-2\end{pmatrix}

Comparaison :

AB=(424)=2×(212)=2n\vec{AB} = \begin{pmatrix}-4\\-2\\4\end{pmatrix} = -2 \times \begin{pmatrix}2\\1\\-2\end{pmatrix} = -2\,\vec{n}

AB=2n : les vecteurs sont COLINEˊAIRES\boxed{\vec{AB} = -2\,\vec{n} \ : \ \text{les vecteurs sont COLINÉAIRES}}

Le plan PP est donc bien orthogonal à (AB)(AB)

---

Condition 2 : PP passe-t-il par le milieu de [AB][AB] ?

Coordonnées du milieu II — on fait la moyenne coordonnée par coordonnée :

I(1+(5)2 ; 3+(5)2 ; 2+62)=I(3;4;4)I\left(\frac{-1 + (-5)}{2}\ ;\ \frac{-3 + (-5)}{2}\ ;\ \frac{2 + 6}{2}\right) = I(-3\,;-4\,;4)

On injecte II dans l'équation de PP :

2×(3)+(4)2×4+18=648+182 \times (-3) + (-4) - 2 \times 4 + 18 = -6 - 4 - 8 + 18

=18+18=0= -18 + 18 = 0 \qquad \checkmark

Les coordonnées de II vérifient l'équation : le plan passe bien par le milieu

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Les deux conditions sont remplies :

P est bien le plan meˊdiateur du segment [AB]\boxed{P \text{ est bien le plan médiateur du segment } [AB]}

L'affirmation est vraie.

Interprétation géométrique. Le plan médiateur est l'ensemble des points équidistants de AA et de BB — c'est l'analogue dans l'espace de la médiatrice d'un segment dans le plan.

Contrôle : AA et BB doivent être à égale distance de PP. Pour A(1;3;2)A(-1\,;-3\,;2) :

d(A;P)=2(1)+(3)2(2)+184+1+4=234+183=93=3d(A\,;P) = \frac{\left|2(-1) + (-3) - 2(2) + 18\right|}{\sqrt{4 + 1 + 4}} = \frac{|-2 - 3 - 4 + 18|}{3} = \frac{9}{3} = 3

Pour B(5;5;6)B(-5\,;-5\,;6) :

d(B;P)=2(5)+(5)2(6)+183=10512+183=93=3d(B\,;P) = \frac{\left|2(-5) + (-5) - 2(6) + 18\right|}{3} = \frac{|-10 - 5 - 12 + 18|}{3} = \frac{|-9|}{3} = 3

Les deux distances valent 33 — les points sont bien symétriques par rapport à PP

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